Unity EURO Cup : l’histoire d’Arjin
mercredi 14 octobre 2026
Résumé de l'article
Réfugié kurde, Arjin Zarin explique comment le football lui a permis de surmonter l’isolement et de retrouver une communauté et un sentiment d’appartenance après son arrivée en Grèce.
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Le football a toujours joué un rôle important dans la vie d’Arjin Zarin, dès l’enfance. Dans sa ville natale de Mahabad, il était capitaine de l’équipe de football locale pendant sept ans et organisait des tournois qui rassemblaient une trentaine d’équipes de la région.
Lorsqu’il a dû quitter sa région pour fuir en Grèce en tant que demandeur d’asile, il a perdu soudainement beaucoup des piliers qui constituaient son quotidien.
« Quand j’ai dû partir de chez moi et reconstruire ma vie en Grèce, j'ai perdu beaucoup de choses familières, explique-t-il. Mes amis et ma famille me manquaient, ainsi que le simple fait de me sentir chez moi.
» Le football aussi me manquait beaucoup, alors qu’il avait toujours joué un rôle important dans ma vie, non seulement pour le jeu lui-même, mais aussi pour les amitiés, les rires et la responsabilité qui vont avec l’appartenance à une équipe. »
La Unity EURO Cup
La cinquième édition de la Unity EURO Cup se déroulera le 15 octobre au centre technique de la Fédération italienne de football, à Florence. Ce n'est pas un simple tournoi de football, c’est une célébration de la faculté de notre sport à unir les communautés, quel que soit le contexte. Organisé par l’UEFA en collaboration avec le HCR (l’Agence des Nations unies pour les réfugiés), cet événement mixte disputé par des équipes composées de réfugiés et de joueurs issus de leurs communautés d’accueil braque les projecteurs sur une fonction cruciale du sport : faciliter l’inclusion sociale.
Se reconstruire un foyer
Loin de sa famille et de son foyer, Arjin s’est une fois de plus tourné vers le football et sa capacité à rassembler des gens issus de tous les milieux de la société grâce à son langage non verbal.
Cette semaine, il participera à sa troisième édition de la Unity EURO Cup, dans laquelle des réfugiés et des joueurs de leur communauté d’accueil défendent les couleurs de leur pays.
« Rejoindre l’équipe de Grèce a changé ma vision, explique-t-il. Lorsque nous sommes venus en Suisse pour l’édition 2024 de la Unity EURO Cup, je me rappelle que j’étais dans le car avec des coéquipiers de différents pays et milieux sociaux, qui parlaient de leurs difficultés personnelles et des moyens qu’ils avaient trouvés pour traverser les périodes compliquées.
» Nous avons ensuite commencé à chanter et à rire ensemble. Pour moi, c’était très émouvant de découvrir que, même après avoir perdu son foyer, on pouvait se sentir chez soi avec d’autres personnes. »
Faire évoluer le point de vue sur les réfugiés
La Fédération hellénique de football s’engage à favoriser l’intégration par le football, et l’équipe grecque participe régulièrement à la Unity EURO Cup. Cette compétition revêt une importance particulière pour les participants et montre le rôle que le football peut jouer en favorisant l’inclusion sociale et en faisant naître un sentiment d’appartenance.
« Pour moi, la Unity EURO Cup est bien plus qu’un tournoi, indique Arjin. Elle représente l’inclusion, la dignité et des occasions. Elle montre que les réfugiés ne sont pas seulement des personnes qui ont besoin d’un soutien, mais que nous apportons aussi nos compétences, notre expérience, notre leadership et nos idées à nos communautés d’accueil. »
« Même après avoir perdu son foyer, on peut se sentir chez soi avec d’autres personnes. »
Aider d’autres personnes dans la même situation
Après avoir expérimenté l’isolement et la perte de sa communauté, Arjin est déterminé à s’assurer que d’autres personnes vivant une situation similaire ne restent pas isolées.
« Je souhaite continuer à utiliser le football, la communication et mon expérience pour aider d’autres réfugiés et d’autres communautés vulnérables, déclare-t-il. Je voudrais que les gens qui se sentent seuls dans un nouveau pays réalisent qu’ils ont quelque chose à offrir. Parfois, cette prise de conscience commence par le football. »
L’un des moyens qu’il a utilisés pour y parvenir est d’aider d’autres réfugiés sur le chemin de l’emploi, qui est souvent très difficile.
« Depuis 2020, j’ai aidé bénévolement plus de vingt réfugiés avec leur CV, leurs lettres de motivation, leur profil LinkedIn et leurs recherches d’emploi, explique-t-il. Je me souviens que, quand j’ai eu besoin d’aide, des gens étaient là pour moi. Je me sens responsable d’aider à mon tour dès que j’en ai l’occasion. »
Le but d’Arjin est de continuer à utiliser le pouvoir du sport pour soutenir ceux qui doivent traverser l’une des périodes les plus difficiles de leur existence, et de s’assurer qu’ils bénéficient du soutien et de la confiance nécessaires pour commencer une nouvelle vie.
« Le sport ne résout pas tous les problèmes, mais c’est un premier pas important, précise Arjin. Il réduit l’isolement, contribue au bien-être mental, permet de nouer des amitiés et favorise la confiance en soi pour participer à la société.
» Le football m'a donné un espace au sein duquel je n’étais pas vu d’abord comme un réfugié, mais comme un coéquipier. »