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Analyse tactique en Ligue des champions féminine, un dispositif pour réussir, comment le Bayern et Manchester City ont libéré leurs latérales

La cellule d’analyse de jeu de l’UEFA se penche sur les facteurs structurels et relationnels qui ont permis aux latérales de faire la différence lors du nul spectaculaire du Bayern contre Manchester City.

Les latérales Giulia Gwinn (à gauche) et Carlotta Wamser (à droite) ont toutes les deux marqué lors du nul 2-2 du Bayern contre Manchester City en Journée 1
Les latérales Giulia Gwinn (à gauche) et Carlotta Wamser (à droite) ont toutes les deux marqué lors du nul 2-2 du Bayern contre Manchester City en Journée 1 Getty Images

Les latérales ont inscrit 4 des 11 buts marqués lors de la soirée d’ouverture de la phase de ligue de l’UEFA Women’s Champions League, soit 36 % des buts, une proportion frappante.

Deux de ces buts sont tombés lors du match nul 2-2 entre le Bayern München et Manchester City, l’un des matches à suspense de la Journée 1, ouvert puis clos par des frappes de Giulia Gwinn et Carlotta Wamser.

Les mêmes zones latérales que les latérales de City et du Bayern ont exploitées à Unterhaching, comme l’illustrent les buts de Gwinn et Wamser ainsi que le rôle joué par Kerstin Casparij dans l’ouverture du score de City, ont fourni de la matière à la cellule d’analyse de jeu de l’UEFA.

Non seulement les deux équipes ont profité de latérales placées haut sur le terrain, mais ce sont surtout les approches différentes adoptées qui retinrent l’attention.

Le Bayern se tourne vers Gwinn

La latérale droite du Bayern Gwinn a souligné son influence offensive en marquant son 50e but en club. Elle avait offert un peu plus tôt une occasion à sa coéquipière Klara Bühl, et la vidéo ci-dessous montre comment la structure du Bayern, avec un noyau de deux défenseures centrales, deux milieues de terrain axiales et quatre joueuses mobiles devant, lui a permis d’y parvenir.

Analyse tactique, le Bayern se tourne vers Gwinn en Ligue des champions féminine

« Gwinn était le point d’appui de l’attaque sur le côté droit tandis que Bühl coordonnait ses déplacements avec la latérale gauche Franziska Kett », a relevé l’observateur technique de l’UEFA Martin Sjögren. « Le Bayern était compact en défense et, avec le ballon, il contrôlait les zones centrales, ce qui lui permettait de pénétrer dans l’axe avant de ressortir sur les côtés. »

Intensité défensive du Bayern et réaction de Manchester City en seconde période. Première période : 28 actions défensives* du Bayern dans la moitié de terrain de Manchester City. Seconde période : la précision de passes de Manchester City dans son propre tiers de terrain passe de 85 % à 94 %. *Actions défensives : interceptions, récupérations de balle, passes bloquées, tacles.
Intensité défensive du Bayern et réaction de Manchester City en seconde période. Première période : 28 actions défensives* du Bayern dans la moitié de terrain de Manchester City. Seconde période : la précision de passes de Manchester City dans son propre tiers de terrain passe de 85 % à 94 %. *Actions défensives : interceptions, récupérations de balle, passes bloquées, tacles.

Au départ, les deux duos de latérales évoluaient dans des zones qui convenaient à l’équipe de José Barcala, City ne parvenant pas à progresser souvent en relance depuis l’arrière. Mais, comme l’indique le graphique, la situation a changé après la pause, annoncée par le but de Beth Mead.

City emprunte le chemin le plus long

La deuxième vidéo montre comment les visiteuses ont gagné le droit d’utiliser pleinement leurs latérales en faisant circuler le ballon collectivement et en contournant le Bayern. Cela a empêché l’équipe locale d’exercer la même pression soutenue, la frappe de Mead venant d’une telle séquence.

Analyse tactique, Manchester City emprunte le chemin le plus long en Ligue des champions féminine

Cette séquence est facilitée par la course et le centre de Casperij, qui fait la différence en repérant une coéquipière qui rentre dans l’axe pour attirer la latérale du Bayern, ainsi que la situation qui se dessine, et qui se place haut et large. Cette excellence dans l’aspect relationnel fait écho aux propos d’avant-match de l’entraîneur de City Andrée Jeglertz sur la capacité de résolution de problèmes de son équipe.

La touche finale

La troisième vidéo met en avant le sang-froid et la technique des deux latérales buteuses. La joueuse du match Gwinn conclut comme une attaquante, en lobant la gardienne après avoir apporté la largeur et s’être projetée quand son ailière est rentrée dans l’axe. L’égalisation de Wamser, ensuite, visant le premier poteau, repose sur l’anticipation du mouvement de la défenseure qui revient.

Analyse tactique, la touche finale en Ligue des champions féminine

Fait révélateur, il s’agit dans les deux cas de situations de jeu décisives impliquant des latérales, et les touches finales détaillées ci-dessus constituent une autre facette du rôle évolutif de la latérale, déjà évoqué.

Pistes pour les coaches, maximiser l’impact offensif des latérales 

L’observateur technique de l’UEFA Lluís Cortés recommande de donner aux joueuses des solutions plutôt que des mouvements figés, en invitant les latérales à adapter leur placement et leurs décisions :

  • Repérer les mouvements de leurs coéquipières, en coordonnant leur placement en conséquence
  • Repérer les mouvements des adversaires, en comprenant les espaces à explorer
  • Repérer les solutions avec le ballon, en décidant soit de passer dans les pieds pour progresser, soit de passer dans l’espace, soit de conserver le ballon.