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Analyse des buts de l’UEFA Women’s Champions League, comment, quand et où les équipes ont marqué durant la phase de ligue

L’unité d'analyse de l’UEFA examine les buts marqués au cours de la phase de ligue de cette saison, Jarmo Matikainen détaille les éléments clés pour les entraîneurs et entraîneures.

Beth Mead, d’Arsenal, a illustré une tendance à marquer à partir de positions inversées
Beth Mead, d’Arsenal, a illustré une tendance à marquer à partir de positions inversées Arsenal FC via Getty Images

La phase de ligue de l’UEFA Women’s Champions League 2025/26 a produit 181 buts en 54 matches, soit une moyenne de 3,36 buts par match et un but toutes les 27 minutes. Ce total représente trois buts de moins que la saison dernière, malgré six matches supplémentaires, ce qui suggère une légère normalisation de l’efficacité offensive plutôt qu’une réduction de la qualité offensive.

La Journée 1 a donné le ton de l’attaque dès le début, avec le plus grand nombre de buts de la compétition jusqu’à présent. Chelsea et le FC Barcelona sont apparus comme les équipes offensives les plus prolifiques de la compétition, marquant chacune 20 buts. Le FC Barcelona a inscrit sept buts en un seul match lors de sa victoire 7-1 face au Bayern München lors de la Journée 1, tandis que Chelsea a fait preuve d’une capacité constante à marquer beaucoup, signant deux performances à six buts.

Nombre de buts par Journée lors de la phase de ligue
Nombre de buts par Journée lors de la phase de ligue

Quand les buts ont-ils été marqués ?

Les minutes des buts ont révélé un changement notable : les buts ont été inscrits plus tôt dans les matchers. Environ 51 % des buts ont été marqués en première période, ce qui représente une augmentation de 7 % par rapport à la saison précédente. C'est la première fois que plus de buts sont marqués en première période depuis la Women’s Champions League 2020/21.

Cependant, les tendances spécifiques aux équipes montrent de nombreuses variations :

  • Manchester United a marqué 86 % de ses buts en première période, ce qui suggère un accent mis sur l’intensité du pressing d'entrée et des structures d’attaque proactives.
  • À l’inverse, l'OH Leuven a marqué l’intégralité de ses cinq buts en seconde période, reflétant une adaptabilité tactique et de solides ajustements en cours de match.

Le but le plus rapide de la compétition a été marqué par le Bayern après 82 secondes contre Vålerenga, tandis que le plus tardif est intervenu grâce à l’égalisation du Real Madrid dans le temps additionnel (90+8e) contre le Paris FC, soulignant l’importance de la concentration à tous les stades du match.

Minutes des buts en phase de ligue
Minutes des buts en phase de ligue

Capacité de réaction

La phase de ligue a donné lieu à neuf remontée victorieuses. Le Bayern a fait preuve d’une adaptabilité particulière, s’imposant à deux reprises après avoir concédé le premier but, notamment en remontant un déficit de deux buts contre Arsenal.

De même, la victoire renversante de l’OL Lyonnes à Arsenal a illustré l’importance de répondre par l’attaque. Après avoir encaissé un but à la septième minute, l’équipe française menait à la 23e minute après un doublé de Melchie Dumornay, reprenant efficacement l’avantage tactique grâce à une « disponibilité exceptionnelle en transition », selon les mots de l’observateur technique de l’UEFA Lluís Cortés.

Ces schémas renforcent l’importance croissante du maintien de la structure offensive quel que soit le score du match, ainsi que l’importance des réponses offensives à un rythme élevé après avoir concédé un but.

Origine des buts : dans le jeu, sur coups de pied arrêtés et penalties

Le nombre de buts sur penalty a augmenté de manière spectaculaire, avec 22 penalties transformés (sur 26 accordés) contre dix la saison précédente. Les taux de conversion ont donc été extrêmement élevés, avec 85 % de réussite ; tous les penalties sur les côtés à terre ont abouti à des buts, tandis que seules des tentatives au centre ont été arrêtées ou manquées.

La défenseure centrale de l’OL Lyonnes Wendie Renard a marqué trois penalties, renforçant la valeur de spécialistes fiables des coups de pied arrêtés.

Analyse, efficacité et fréquence sur penalty

L’efficacité sur coups de pied arrêtés s’est également avérée décisive pour certaines équipes. La Juventus a généré 38 % de ses buts totaux à partir de coups de pied arrêtés, ce qui témoigne de sa préparation offensive structurée.

Cependant, le jeu ouvert est resté la principale source de buts pour la plupart des équipes. La Roma (neuf) et Twente (quatre) ont marqué tous leurs buts dans le jeu, tandis que 93 % des buts du Bayern provenaient du jeu ouvert (13 sur 14), soulignant sa capacité à se créer des occasions grâce à une attaque dynamique.

Construction offensive, où les actions victorieuses sont-elles initiées

L’analyse de l’origine des buts révèle un fort lien entre pressing et rendement offensif.

Répartition des buts en fonction de l'origine des actions
Répartition des buts en fonction de l'origine des actions

 

Le FC Barcelona a marqué 83 % de ses buts dans le jeu (dix) à partir de séquences trouvant leur origine dans les 30 derniers mètres adverses, soulignant son pressing agressif. 

De même, Arsenal et Wolfsburg ont fait preuve d’un pressing et d’un positionnement efficaces lors des attaques de deuxième vague, Arsenal marquant 88 % de ses buts dans le jeu à partir de ces récupérations avancées, tandis que Wolfsburg atteignait 78 % (sept sur neuf).

Analyse, récupérations haute, fortes chances de marquer

Jarmo Matikainen, observateur technique de l’UEFA, explique : « Les meilleures équipes ont défendu efficacement dans la moitié de terrain adverse, avec un contre-pressing immédiat et des stratégies de pressing efficaces réduisant les options de l’adversaire balle au pied. La manière dont le FC Barcelona défend pour attaquer et sa capacité à passer et à prendre l'espace, exploitant ainsi le déséquilibre adverse immédiatement après une perte de balle, sont particulièrement impressionnantes. »

Wolfsburg est l'autre équipe qui a impressionné Matikainen. Dans la vidéo ci-dessus, nous pouvons voir comment son « contre-pressing efficace et sa forte implication individuelle » ont favorisé son efficacité dans les zones hautes. Matikainen précise : « Les joueuses sont bien connectées en possession et l’équipe dispose d’un bon équilibre au milieu, derrière la première ligne d’attaque. Ce bon positionnement, combiné à la vigilance et à l’anticipation, permet à (Alexandra) Popp de presser immédiatement et, comme les joueuses sont bien positionnées après l’attaque initiale, la passe en retrait est conclue par une première touche de grande qualité. »

À l’inverse, Twente a proposé un modèle tactique alternatif. Trois de ses quatre buts ont trouvé leur origine dans le tiers défensif : l’équipe s’est montrée efficace pour déclencher des attaques verticales depuis la profondeur, exploitant l’espace derrière l’adversaire, ce qui confirme la viabilité d’une organisation défensive basse couplée à des stratégies de contre-attaque directes.

« Ces deux exemples soulignent le lien entre une défense active de haute qualité et une attaque rapide, déterminée et précise pour exploiter les brefs moments de désorganisation et de déséquilibre de l’adversaire, » ajoute Matikainen. « La maturité tactique est associée à l’excellence dans l’exécution technique. »

Zones de tir

Les données sur la localisation des tirs confirment l’importance toujours aussi élevée de la finition dans la surface de réparation. Quelque 106 buts dans le jeu ont été inscrits à l’intérieur de la surface, contre 20 à l’extérieur. Huit équipes ont marqué exclusivement de l’intérieur de la surface, dont Chelsea, qui a inscrit la totalité de ses 18 buts depuis la surface (hors buts contre son camp).

Distribution des positions de tir au but lors de la phase de ligue
Distribution des positions de tir au but lors de la phase de ligue

Cependant, la finition à longue distance conserve une valeur tactique. Vingt buts ont été inscrits hors de la surface, y compris la frappe lointaine exceptionnelle de Lily Yohannes pour l'OL Lyonnes contre St Polten.

« Dans cette phase de ligue, nous avons vu des tirs brillants, soulignant la capacité des joueuses à finir de manière inattendue et à partir de distances et d’angles variés, » commente Matikainen. 

« Ce tir de loin de Lily Yohannes a montré sa capacité à scanner l’ensemble du terrain devant elle, tant ses propres coéquipières que ses adversaires. Après une récupération et après avoir reçu le ballon sur sa rotation près de la ligne médiane, elle était consciente de l’espace disponible pour progresser. 

« De plus, elle avait déjà identifié qu’aucune course en profondeur n’était possible, qu’il n’y avait pas de menace de pressing immédiat et, surtout, que la gardienne n’était pas sur sa ligne. Une touche a servi au contrôle et au pivot, la deuxième à vérifier les options, la troisième à préparer le tir et la quatrième à frapper. Sa capacité technique a combiné opportunisme offensif et excellente panoplie technique. »

Analyse, marquer de loin

Le pouvoir des pieds inversés

L’utilisation tactique croissante d’attaquantes avec pied inversé se reflète dans les données de finition, avec 35 % des buts dans le jeu marqués par une joueuse concluant depuis une position inversée : soit du pied gauche sur le côté droit (28), soit du pied droit sur le côté gauche (16).

Pieds inversés en phase de ligue
Pieds inversés en phase de ligue

Beth Mead a illustré ce schéma, car ses trois buts du pied gauche provenaient du flanc droit. Cette structure d’attaque augmente les angles de tir vers le but tout en permettant aux attaquantes d’accéder plus efficacement aux zones de tir centrales.

« Les buts sur pied inversé et les tentatives de loin soulignent la capacité à exploiter le déséquilibre de l’adversaire, à créer et utiliser l’espace, à lire le comportement de la défense et à choisir la meilleure action pour marquer », déclare Matikainen.

Analyse : pieds inversés

« Dans la vidéo ci-dessus, nous pouvons voir comment des joueuses comme Beth Mead peuvent exploiter l’espace dans la défense adverse en étant constamment conscientes de la distance par rapport à la défenseure la plus proche et de l’endroit d’où pourrait provenir le danger », explique Matikainen.

« Cela offre plus d’options pour recevoir le ballon et choisir une direction en fonction de la position de la défenseur. Effectuer une première touche de balle vers l’avant avec contrôle déséquilibre la défenseure et crée l’opportunité de délivrer un tir rentrant au second poteau. » 

« Une joueuse gauchère sur le côté droit, ou vice versa, élargit naturellement l’angle de tir et constitue également une option importante pour les passes en retrait ou les centres. »

Vitesse d’attaque et possession soutenue

L’analyse du tempo offensif démontre deux modèles d’attaque réussis mais contrastés. 

Longueur des séquences de passes menant au but en phase de ligue
Longueur des séquences de passes menant au but en phase de ligue

Arsenal a fait preuve d’une efficacité extrême lors des transitions offensives rapides dans le dernier tiers, sept de ses huit buts dans le jeu impliquant entre zéro et deux passes, ce qui témoigne de sa capacité à exploiter le déséquilibre défensif immédiat après la récupération du ballon.

À l’inverse, Chelsea a davantage profité d’une possession soutenue, marquant trois buts à partir de séquences impliquant dix passes ou plus. Globalement, moins de buts ont trouvé leur origine dans de longues phases de possession : seulement 6 % des buts marqués comportaient dix passes ou plus (contre 16 % la saison dernière).

Analyse, passer un cap en équipe

Dans l’ensemble, la phase de ligue démontre plusieurs tendances tactiques émergentes dans le football féminin d’élite. L’importance d’une intensité offensive précoce se reflète dans des taux de réussite plus élevés en première période. La finition dans la surface de réparation continue d’être dominante, bien que le tir de loin reste également une arme supplémentaire importante. Enfin, une tendance notable est l’influence croissante des profils offensifs inversés, augmentant l’efficacité des tirs.

Comme le note Matikainen, « les statistiques et les séquences présentées ici soulignent la polyvalence tactique et la richesse des approches offensives parmi les meilleures équipes, » avec des formations variant leurs rythmes d’attaque entre un jeu vertical direct et des séquences de passes complexes utilisant toutes les lignes et tous les couloirs.

Ensemble, ces conclusions renforcent une tendance claire de l’UEFA Women’s Champions League : le rendement offensif d’élite est de plus en plus porté par une organisation intelligente, une précision technique et la capacité à exploiter les moments de déséquilibre de multiples façons.

La longue carrière de joueur de Jarmo Matikainen a été suivie de plus de 20 ans dans le domaine de l’entraînement et de direction technique en Finlande, au pays de Galles, au Canada et en Estonie, incluant des rôles auprès de clubs masculins et d’équipes nationales féminines. Il a été directeur technique de la Fédération finlandaise de football et a entraîné les équipes féminines du pays de Galles et d’Estonie.