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Javier Zanetti, un exemple d'humilité

Publié: Jeudi, 26 juillet 2012, 12.05HEC
Javier Zanetti a battu tous les records au FC Internazionale Milano, mais il a su rester aussi humble que lors de son arrivée en 1995.
par Martin Mazur
Javier Zanetti, un exemple d'humilité
Javier Zanetti est le capitaine de l'Inter depuis plus de 12 ans ©Getty Images
 
Publié: Jeudi, 26 juillet 2012, 12.05HEC

Javier Zanetti, un exemple d'humilité

Javier Zanetti a battu tous les records au FC Internazionale Milano, mais il a su rester aussi humble que lors de son arrivée en 1995.

Un sac en plastique de supermarché. Pas de la maroquinerie de marque incrustée de diamants. Juste un sac en plastique avec ses chaussures et une pièce d’identité. "Pardon", s’excusait-il auprès des fans, des journalistes et des chasseurs d’autographes qui s’étaient massés aux portes du terrain d’entraînement du FC Internazionale Milano à attendre les nouvelles recrues. Personne n’avait reconnu Javier Zanetti jusqu’à ce qu’il soit trop tard. "Quand je suis arrivé sur le balcon, les fans n’en croyaient pas leurs yeux. Je venais juste de passer au milieu d’eux, et ils n’avaient aucune idée de qui j’étais. Pas même le vigile à la porte."

Aujourd’hui, 17 ans et 16 trophées plus tard, Zanetti rit encore de son premier jour à l’Inter. Et il garde la même attitude. Si ce n’était que de lui, il porterait toujours ses chaussures dans un sac en plastique. L’Argentin est sans aucun doute le plus humble des grands joueurs de football des deux dernières décennies.

"Quand j’ai signé mon contrat, ils m’ont fait choisir une voiture. J’ai choisi une BMW, mais la veille de mon premier entraînement, je me suis senti tout bizarre. Alors j’ai appelé (le capitaine de l’Inter) Giuseppe Bergomi et je lui ai demandé si ça se faisait de venir en BMW. Je ne voulais pas adresser un faux message à mes coéquipiers. Mais quand je suis arrivé, je me suis rendu compte que ma voiture était la plus moche de tout le parking, et je me suis senti beaucoup mieux."

Zanetti se souvient aussi des difficultés pour parler à sa fiancée, aujourd’hui sa femme, Paula, quand il a emménagé en Italie. La cabine téléphonique, à deux pas de sa maison de Côme, était quasiment devenue son domaine personnel. "J’achetais des cartes téléphoniques à bas prix et je passais des heures dans cette cabine. En hiver, il faisait froid et mes mains tremblaient. Mais ça en valait la peine. Le problème, c’était pour les gens qui voulaient utiliser la cabine. J’imagine les choses qu’ils devaient dire ! Puis, j’ai finalement acheté un fax."

Javier Zanetti n’a pas changé : la même coupe de cheveux, le même visage d’enfant qu’en cette année 1995 où il portait un costume pour la première fois lorsqu’il était présenté aux fans de l’Inter. Peu de gens pensaient alors qu’il deviendrait une légende du club, l'homme de quelques fameux records.

À chaque match, chaque fois qu’il entre sur le terrain, Zanetti bat un nouveau record. L’égaler sera presque impossible. Il a joué plus de 1 000 matches professionnels. Il est le joueur le plus capé en Argentine, et il détient tous les records à l’Inter, y compris le plus grand nombre de saisons avec le brassard de capitaine, le plus grand nombre de matches joués en Serie A, et le plus grand nombre de matches joués toutes compétitions confondues.

Ce dernier était le seul record que Bergomi détenait, et Zanetti le battait en septembre dernier face au PFC CSKA Moskva. Le contrat de Zanetti expire l’an prochain, il aura alors près de 40 ans. Mais Bergomi, que l’on surnomme Lo Eio (l’Oncle) pense que son successeur n’est pas près de prendre sa retraite. "Un jour j’ai dit en plaisantant qu’il était capable de jouer jusqu’à 50 ans", a déclaré Bergomi. "Aujourd’hui, je pense sérieusement qu’il peut jouer jusqu’à 45 ans. Sa condition physique est intacte. Comme Paolo Maldini, c’est lui qui décidera quad et pourquoi il arrête le football. Il est juste extrêmement humain."

Le jour où il a battu le record de matches de Bergomi en Serie A, une banderole disait : "Pupi (surnom de Zanetti), tu as dépassé l’Oncle, mais tu ressembles toujours à son neveu". Son ancien coéquipier Gianluca Pagliuca l’avait félicité, non sans une petite crainte : "J’espère que tu ne joueras plus que deux saisons, sinon tu vas battre mon record de 592 matches." Zanetti en est à 570. Maldini, lui, a joué 647 matches en 25 ans.

"Tous les records sont spéciaux, mais j’en ai deux préférés", indique Zanetti. "Le premier, c’est le record de sélections en équipe d’Argentine, compte tenu de la difficulté de jouer pour un pays comme le mien où de grands joueurs éclosent sans cesse. Le deuxième, c’est celui d’avoir été le capitaine de l’Inter pendant 12 ans et d’avoir le record du nombre de matches joués, surtout pour un joueur étranger."

Mais quel est le secret de sa longévité ? "Je suis très strict quand il s’agit de ma condition physique. Aussi, l’harmonie de mon foyer, avec une belle famille, me permet de ne penser qu’au football. Mon secret, c’est de m’entraîner de manière aussi intense que possible, avec le même niveau d’intensité qu’en match."

Obsédé par sa routine quotidienne, Zanetti s’est même présenté au centre d’entraînement de l’Argentine le matin de son mariage. Et il n’est pas rare de le trouver au centre d’entraînement de l’Inter même pendant les vacances. Il ne sait pas s’arrêter. "Mes coéquipiers se moquent de moi à l’entraînement. 'Hé, vas-y, arrête de courir, laisse-nous gagner pour une fois', plaisantent-ils. Mais tant que mon corps suivra, je continuerai à jouer."

Retrouvez son interview complète dans le numéro 54 du magazine "Champions" (en anglais).

Mis à jour le: 30/07/12 13.29HEC

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