Les tendances clé au cœur du football interclubs européen
vendredi 25 septembre 2026
Résumé de l'article
Le Rapport sur le paysage des compétitions et des talents des clubs européens, qui vient de sortir, met en lumière des records d’affluence, des dépenses de transfert sans précédent et des développements significatifs dans le football féminin.
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Ce rapport, qui couvre la raison 2025/26 et la récente période de transfert estivale, donne un aperçu complet et étayé par des données sur les joueurs, les entraîneurs, les clubs et les compétitions qui font notre sport. Reposant sur l’analyse de plus de 700 clubs, il dépasse les gros titres pour se pencher sur les réussites, les défis et les changements de dynamique des clubs de football européens.
Les conclusions qu’il tire offrent une vision à 360 degrés sur un écosystème du football qui continue à susciter un intérêt extraordinaire, tout en s’adaptant à des réalités sportives et financières en constante évolution.
« Les conclusions de ce rapport réaffirment la valeur durable du modèle sportif européen », a déclaré le président de l’UEFA, Aleksander Čeferin. « L’équilibre des compétitions reste un ingrédient fondamental de l’attrait exercé par le football, et les saisons récentes nous ont prouvé sa présence encourageante.
» Dans toute l’Europe, les supporters ont vu émerger de nouveaux champions nationaux, des clubs ambitieux défient les hiérarchies établies, et des joueurs ayant franchi un à un les échelons de la pyramide du football ont imprimé leur marque au plus haut niveau de l’élite. Tous ces éléments nous rappellent que les compétitions ouvertes, le mérite sportif et les liens solides entre le football de base, le football national et le football européen sont essentiels à la santé et à l’attrait à long terme de notre sport. »
Paysage des compétitions et des talents des clubs européens : six développements décisifs
Plus de EUR 10 mrd de dépenses de transfert
Pendant la période de transfert de cet été, les clubs masculins européens ont pour la première fois franchi la barre des EUR 10 milliards de dépenses, ce qui représente une hausse de 8 % par rapport à 2025 et de 43 % par rapport au pic d’avant la pandémie, en 2019.
Ce total record résulte davantage des prix élevés que d’une hausse significative du nombre de transferts. En effet, on n’a compté que 0,3 % de contrats supplémentaires en comparaison annuelle, tandis que le nombre de transferts d’une valeur supérieure à EUR 50 millions est passé de 23 en 2025 à 35 en 2026.
Par ailleurs, le marché est de plus en plus concentré. Au moins un club anglais était concerné pour 52 % de la valeur globale des contrats de transfert, tandis que les transferts entre clubs anglais ont généré quelque EUR 2,2 milliards. Pour la première fois, 60 % de toute l’activité de transfert nationale dans le monde en matière de valeur s’est déroulée en Angleterre, ce qui place ce marché national au-dessus de tous les autres marchés combinés.
Les jeunes joueurs restent au centre des stratégies de recrutement des clubs. Un montant record de EUR 1,2 milliard a ainsi été investi dans les joueurs de moins de 20 ans, tandis que les joueurs âgés de 23 ans ou moins ont représenté 56 % de toutes les dépenses de transfert.
Par ailleurs, les clubs européens ont généré environ EUR 10,3 milliards de recettes sur la vente des joueurs, ce qui a entraîné l’intégration dans leurs comptes 2026 ou 2027 de EUR 6,8 milliards de bénéfices de transfert projetés. Toutefois, la hausse des prix, les paiements différés et les dettes de transfert en augmentation peuvent créer une dépendance plus grande encore vis-à-vis des ventes futures et de la liquidité à venir du marché, faisant ainsi peser une pression supplémentaire sur les clubs en cas de baisse de la demande ou de la valeur des transferts.
Les chiffres de transfert de l’été 2026 sont des estimations provisoires basées sur les valeurs communiquées. Ils seront confirmés quand les clubs auront soumis leurs données financières directement à l’UEFA.
Record d’affluence
Au moins 242 millions de personnes ont assisté aux matches des clubs et des équipes nationales de football masculin en Europe durant la saison 2025/26, un nouveau record d’affluence qui prouve la solidité constante de l’expérience du football en direct.
Les championnats nationaux de première division masculine ont attiré 116 millions de spectateurs, soit une hausse de 1,4 % par rapport au record précédent, sachant que la saison dernière est ainsi la troisième saison d’affilée qui compte une affluence de plus de 110 millions en première division. L’affluence était en hausse dans 27 premières divisions européennes, dont 17 ont enregistré leur chiffre le plus élevé de la dernière décennie.
Et l’attrait du football en direct ne se limite absolument pas à l’élite. Les matches des ligues inférieures ont enregistré 82 millions de spectateurs, tandis que les compétitions de coupe en ont compté 13 millions, et les compétitions interclubs masculines l’UEFA 20 millions. Parmi les clubs de première division, 19 ont totalisé plus d’un million de supporters à domicile.
Dans une époque où plus de matches sont diffusés et plus de contenus footballistiques sont disponibles en ligne que jamais auparavant, ces chiffres montrent que les supporters apprécient toujours autant l’expérience collective d’une présence aux matches.
Quand les titres changent de mains
Les compétitions européennes ouvertes ont été l’un des éléments caractéristiques de la saison 2025/26, qui a vu 36 championnats masculins sur 55 couronner un champion différent de celui de l’année précédente.
Six clubs ont remporté leur championnat national pour la toute première fois, y compris deux qui n’avaient été promus que la saison précédente.
Les mouvements au sein de la pyramide du football ont été tout aussi significatifs. Sur la dernière décennie, 1240 clubs différents ont disputé leur championnat national de première division, tandis qu’à l’échelle européenne, environ les deux tiers des clubs promus ont évité la relégation au terme de leur première saison dans la division supérieure.
Ensemble, ces chiffres montrent la vitalité du modèle sportif européen, au sein duquel la promotion et la relégation, les compétitions ouvertes et la qualification sur la base du mérite sportif créent des occasions et connectent chaque niveau du jeu aux autres.
« L’équilibre des compétitions reste un ingrédient fondamental de l’attrait exercé par le football, et les saisons récentes nous ont prouvé sa présence encourageante. »
Les joueurs formés localement disputent près de la moitié des minutes de jeu
Même au sein d’un marché des transferts de plus en plus international, les clubs et les championnats continuent d’offrir du temps de jeu significatif aux joueurs formés localement.
Les joueurs formés localement ont disputé environ 47 % des minutes de jeu du championnat national dans chacun des 20 championnats masculins analysés au cours de la saison 2025/26, et 39 % des minutes de jeu en phase de ligue des compétitions interclubs masculines de l’UEFA.
Au total, 20 966 joueurs sont entrés sur le terrain dans les championnats nationaux de première division en Europe en 2025/26, soit 10 % de plus qu’il y a dix ans. Néanmoins, le temps de jeu reste concentré au sein d’un groupe réduit. Les onze joueurs les plus utilisés de chaque club ont disputé 68 % de toutes les minutes de jeu, un chiffre qui monte à 89 % si on étend le groupe aux 18 joueurs les plus utilisés.
Nos analyses soulignent l’équilibre que les clubs doivent trouver entre la performance immédiate, la gestion des effectifs et le développement des joueurs à long terme. Elles montrent aussi que les jeunes joueurs et les joueurs formés localement continuent d’occuper une place importante au sein de l’écosystème du football européen.
Des entraîneurs constamment sous pression
Les clubs de première division ont procédé à 738 changements d’entraîneur au cours de la saison 2025/26, soit 3 % de plus que lors de la campagne précédente et, en moyenne, juste plus d’un par club.
En tout, 63 % des clubs européens ont changé d’entraîneur principal au moins une fois. Environ les deux tiers de ces changements en cours de saison n’étaient pas prévus, ce qui illustre la pression exercée sur les clubs pour qu’ils réagissent rapidement lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous.
Même si la sécurité de l’emploi en souffre, des occasions se présentent souvent rapidement. Sur la saison 2025/26, 76 % des entraîneurs principaux nouvellement nommés étaient sans poste depuis moins d’un an, un chiffre en hausse par rapport aux 73 % de 2024/25.
Le football féminin sur la voie de la professionnalisation
Le rapport de cette année propose aussi une analyse détaillée du football interclubs féminin, qui montre une évolution positive non seulement en matière d’affluence et d’occasions de jeu, mais aussi concernant le niveau des entraîneurs et les structures des compétitions.
Quelque 5,1 millions de spectateurs ont assisté aux matches de football interclubs féminin durant la saison 2025/26, dont plus de 3,7 millions aux matches de la première division nationale, le reste se répartissant entre l’UEFA Women’s Champions League, les compétitions de coupe nationale et les matches des divisions inférieures.
Par ailleurs, la professionnalisation continue. Sur le top 5 des championnats féminins de première division, 63 % des entraîneurs principaux étaient titulaires d’une licence Pro de l’UEFA, avec une proportion de 89 % en Espagne. Plus de la moitié des clubs de ces cinq championnats n’ont pas changé d’entraîneur principal durant la saison.
Ensemble, ces tendances suggèrent une discipline qui attire un public croissant tout en renforçant les bases sportive et professionnelle essentielles à son développement.
Explorer le football interclubs européen en détail
Outre ces tendances, The European Club Talent and Competition Landscape (Paysage des compétitions et des talents des clubs européens) examine chaque aspect du football de première division en Europe.
Produit par le Centre de recherche et d’analyse de l’UEFA, ce rapport contribue à la transparence et à la prise de décisions reposant sur des données factuelles en offrant une vision aussi objective que possible de l’évolution du football européen.