Le Portugal porté par son peuple
dimanche 20 juin 2004
Résumé de l'article
L'entraîneur du Portugal Luiz Felipe Scolari a rendu hommage aux "merveilleux" supporteurs portugais après la victoire 1-0 contre l'Espagne.
Corps de l'article
L'équipe du Portugal a abordé son dernier match du Groupe A de l'UEFA EURO 2004™ avec de grandes espérances mais sans trop d'illusions, sachant qu'elle devait briser une série de 23 années sans victoire face à ses voisins ibériques. Mais l'enjeu était ce soir encore plus grand car les Portugais savaient que seule une victoire leur permettrait de poursuivre une compétition qu'ils sont fiers d'organiser.
Changement tactique
Bien que visiblement peu intimidés par l'enjeu de la rencontre, les Portugais n'ont pas réussi à se montrer menaçants en première mi-temps, même si certaines de leurs actions franches et séduisantes aux abords de la surface de réparation espagnole auraient bien mérité de déboucher sur un but. Avec Deco, Luís Figo et Cristiano Ronaldo, le Portugal possède trois des joueurs les plus talentueux du monde. Mais l'équipe de Luiz Felipe Scolari ne parvenait pas à mettre à profit ses quelques opportunités, et ne se créait pas d'occasion de but nette. Scolari a alors effectué un coup de maître en faisant entrer Nuno Gomes à la place de Pauleta après la pause, ainsi qu'en effectuant des modifications tactiques qui ont replacé Figo au poste d'attaquant central tandis que Deco était déplacé à gauche.
Remercier les supporteurs
"Après avoir mal commencé contre la Grèce, on savait qu'on devait gagner nos deux autres matches et c'est ce qu'on a fait", a déclaré Scolari. "Mais pour moi, tous les matches sont à quitte ou double, et celui-là aussi. Les supporteurs ont été merveilleux. Ils n'ont pas seulement été le 12e homme, mais le 13e et le 14e aussi. On aimerait remercier tous les supporteurs qui sont venus dans le stade mais également ceux qui étaient à Alcochete quand on a quitté le centre d'entraînement. Ca nous a donné un coup de fouet. Notre équipe est beaucoup plus compétitive et j'espère qu'on est parvenu à donner beaucoup de plaisir à de nombreuses personnes".
Amélioration crescendo
La cacophonie de klaxons provoquée par les supporteurs qui quittaient l'Estádio José Alvalade prouve l'intention des supporteurs portugais de célébrer l'évènement. Mais leur équipe essaye maintenant de tirer les enseignements de cette victoire. Figo a affirmé que le Portugal peut désormais aller loin dans la compétition après avoir été au bord du gouffre lorsqu'elle a été battue 2-1 par la Grèce lors du match d'ouverture. "On a fait un super boulot et on mérite d'être qualifié pour les quarts de finale", a-t-il dit. "On était vraiment sous pression parce que le résultat du dernier match décidait de notre sort. En plus, on est chez nous donc on attend beaucoup de cette compétition. Mais maintenant, le pays peut s'attendre à mieux. On s'améliore de jour en jour. Le premier match n'a pas été facile pour nous parce qu'il y avait beaucoup de pression. Attendons donc de voir ce qu'on peut faire en quart de finale".
Regrets espagnols
L'Espagne est éliminée de la compétition au nombre de buts marqués et, bien qu'elle a eu bon nombre d'occasions de but, l'entraîneur Iñaki Sáez a désormais le temps de méditer sur les divers changements tactiques qu'il a effectué lors du match : notamment la décision de ne faire entrer Fernando Morientes qu'à la 75e minute malgré son but lors du match nul 1-1 face à la Grèce et malgré la réussite qu'il a eue cette saison avec l'AS Monaco FC.
Manque de buts
"J'ai effectué des modifications dans l'équipe parce que je pensais que cette formation pourrait mieux supporter le pressing portugais et pourrait les surprendre en contre-attaque", s'est défendu Sáez. "Mon plan s'est bien déroulé jusqu'à ce qu'ils marquent. Ensuite, le match a pris une toute autre tournure. On jouait bien mais la seule chose qui nous manquait était les buts. On n'en a pas marqué assez et au final, c'est ce qui a compté puisque la Grèce passe grâce à la différence de buts. Et quand vous faites des changements et que le résultat ne suit pas, on vous dit que vous avez fait de mauvais changements. Les joueurs que j'ai fait entrer ont néanmoins tous apporté quelque chose de positif à l'équipe : [Rubén] Baraja et Morientes ont tous les deux apporté plus de pénétration dans le camp adverse mais on n'a pas réussi à marquer. Il n'y avait aucun problème en défense donc on ne peut pas en vouloir aux défenseurs. Les Portugais sont bien sortis et ont joué le match qu'il fallait. Ils se sont qualifiés et je les félicite".