Les Bleus ne lâchent rien
mercredi 31 mars 2004
Résumé de l'article
Pays-Bas - France 0-0
Fabien Barthez sauve les Bleus face à de solides Néerlandais.
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Pays-Bas - France 0-0
La France, championne d’Europe ici même il y a quatre ans, n’a sans doute pas marqué les esprits face aux Pays-Bas, qui ne leur ont pas permis de battre le record de 15 victoires successives. Mais face à de légitimes prétendants à l’Euro, les Bleus ont préservé l’essentiel.
Avec les Pays-Bas
Rafael van der Vaart, Wesley Sneijder, Boudewijn Zenden ou encore Marc Overmars ont montré qu’il faudra compter sur eux. Souvent présentés en outsiders, les protégés de Dick Advocaat n’ont pas failli face à la France et étaient à deux doigts de lever les bras au ciel en fin de match. C’était sans compter sur la vigilance de Barthez…
Un milieu bleu recomposé
Avec les forfaits des Gunners d’Arsenal, Robert Pires, Patrick Vieira et Sylvain Wiltord, et du meneur de jeu madrilène des Bleus, Zinédine Zidane, Jacques Santini devait improviser une nouvelle formule. Jamais depuis qu’il est aux commandes du onze tricolore, Zidane, Pires et Wiltord n’avaient été absents en même temps. L’occasion pour Ludovic Giuly, Olivier Dacourt et Johan Micoud, de « se montrer ».
Van Nistelrooy blessé
Van der Vaart profitait de l’absence sur blessure au matin de la rencontre de l’attaquant de Manchester United, Ruud van Nistelrooy, pour composer le duo d’attaque des Oranges – en l’occurrence en blanc ce soir – avec le Münichois Roy Makaay.
Une entame lénifiante
Les deux équipes se procuraient peu d’occasions en ce début de partie où Van der Vaart à la deuxième minute, puis Overmars, sur une longue passe du néo-barcelonais, Edgar Davids, seuls devant Barthez, étaient signalés hors-jeu. De même, le jeune prodige de l’Ajax était un peu court sur un coup franc venant de la gauche et ne pouvait reprendre.
Des débats équilibrés
Au soutien de Micoud, principal pourvoyeur de ballons d’un duo inédit, David Trézéguet et Sidney Govou, Ludovic Giuly, Claude Makelele et Olivier Dacourt pressaient plus haut et contribuaient à remettre les Bleus dans le sens de la marche. Giuly, à la 11e, puis à la 13e, faisant suite à un joli slalom de Micoud, ne parvenait à concrétiser.
Micoud et Giuly face à Overmars et Davids
Bien pris par la paire Lilian Thuram-Marcel Desailly, Makaay s’éteignait au fil des minutes, au profit d’un remuant Van der Vaart, qui, avec le soutien d’Overmars ou de Davids, très présents dans la couloir gauche ou dans l’entrejeu, multipliait les appels mais manquait le cadre du haut du crâne. Les champions d’Europe comptaient sur un Govou percutant côté droit, et sur un axe Giuly-Micoud performant. En dix minutes, les Français se rapprochaient d’Edwin Van der Sar, le portier de Fulham, sans toutefois l’inquiéter véritablement.
La gauche au pouvoir, la droite enrayée
Bixente Lizarazu emballait la partie sur deux incursions, dont l’une, à la 27e, trop croisée, ne trouvait le cadre. Govou contribuait à mettre le feu, en adressant, sur le flanc droit, et après s’être mis sur son bon pied, une frappe sur laquelle Van der Sar s’interposait avec autorité et brio. Un dernier corner de Micoud, tiré de la droite, filait sous le nez de Desailly et Trézéguet, incapables de reprendre.
Les Pays-Bas passent la démultipliée
Le retour sur le terrain semblait avoir réveillé les Néerlandais qui se montraient d’emblée dangereux par Overmars, lorsqu’il basculait intelligemment le jeu côté droit, pour Andy Van der Mejde qui centrait en retrait. Las pour les demi-finalistes du dernier Euro sur leurs terres, Van der Vaart, toujours lui, ne trouvait la faille sur son audacieuse talonnade en but, Barthez étant idéalement placé !
Les Français respirent de nouveau
Entré après la pause, tout comme Bruno Cheyrou, en lieu et place de Govou et Giuly, Thierry Henry remettait un peu d’ordre dans l’animation offensive. Près de l’heure de jeu, Makelele cédait sa place au jeune Benoît Pedretti, et c’est tout le milieu qui s’en trouvait de nouveau chamboulé. Curieusement, Cheyrou, qui officiait dans le même registre qu’Overmars, dynamisait l’attaque des Bleus mais était rattrapé par un Melchiot qui veillait.
Sneijder, monsieur plus
Très remarquée, l’entrée de Sneijder, à la place de Mark Van Bommel, portait immédiatement ses fruits. Ainsi, peu après l’heure de jeu, il était dans le coup d’une phase de jeu en triangle Zenden-Davids-Overmars particulièrement dangereuse. Six minutes plus tard, il récidivait et trouvait Van der Mejde qui enlevait trop sa frappe.
Les remplacements pleuvent…
A la 68e minute, Makaay et Van der Vaart cédaient leur place au profit de Van Hooijdonk et De Jong. Côté français, William Gallas remplaçait Thuram, et Péguy Luyindula en faisait de même à la place de Trézéguet. Un Trézéguet, dont la faute, dans l’axe, peu avant sa sortie, était majestueusement frappée par Pierre Van Hooijdonk, de peu au-dessus de la transversale.
Les Oranges cadenassent les Bleus
Très bien pris derrière et au milieu par d’efficaces Zenden, Davids, Sneijder ou Overmars qui, par leur explosivité, posaient des problèmes à une formation française particulièrement rajeunie et visiblement friable. Dans ce contexte, Desailly faisait un capitaine aussi vigilant que conquérant, se posant en rempart intraitable et n’hésitant pas à porter le danger au-delà de la ligne médiane. Mais à douze minutes de la fin, suite à une faute de Desailly sur Van Hooijdonk devant la surface, le joueur de Fenerbahce se faisait justice lui-même. Là encore, sa frappe enroulée flirtait avec la barre du gardien marseillais.
Henry frappe…
La fin de match, quelque peu décousue, aurait pu trouver une autre issue que ce match nul et vierge. Mais Henry, dont la frappe paraissait cadrée, à deux minutes de la fin, était contrée. Le meilleur buteur de la Premier League en restait là.
… Barthez sauve !
Après que Van Hooijdonk ait encore causé une certaine panique dans l’arrière-garde des hommes de Santini, Gallas, à une poignée de secondes du coup de sifflet final, remettait en retrait un ballon qui faillit bel et bien lober… son propre gardien ! Heureusement pour ses statistiques impressionnantes, Barthez veillait et, d’une claquette de la main, envoyait le ballon mourir au pied de son poteau droit.