Il est crucial d’investir dans le personnel. Ce ne sont pas seulement les personnes qui prennent soin des joueuses, mais aussi celles qui créent les conditions nécessaires pour générer des recettes.
Investir là où c’est important : comment les clubs peuvent s’assurer un succès durable dans le football féminin
vendredi 30 octobre 2026
Résumé de l'article
Lors de l’édition 2026 de l’Analyse commerciale du football féminin de l’UEFA, des personnalités du football ont discuté de la manière dont les clubs peuvent décider d’investissements stratégiques afin de soutenir la croissance continue du football féminin.
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Alors que les investissements dans le football féminin continuent d’affluer, il convient de se demander à quels domaines cet argent doit être consacré pour avoir des effets durables.
Cette année, lors de l’Analyse commerciale du football féminin de l’UEFA, Xavier O’Callaghan, directeur du sport professionnel au FC Barcelone, Carlos Valenzuela, vice-président du Club Tigres, et Maren Mjelde, ancienne internationale norvégienne, se sont penchés sur les domaines dans lesquels des investissements ciblés sont nécessaires au sein du football féminin.
Au cours d’une séance interactive avec le public, ces personnalités se sont penchées sur la manière dont les investissements dans les infrastructures, le personnel et le développement du football junior peuvent aider les clubs à concilier leurs priorités à court terme et leur durabilité sportive et financière à long terme.
Les infrastructures favorisent le succès
Les intervenants ont convenu à l’unanimité que les installations, les terrains et les conditions d’entraînement constituaient la base de la réussite et du développement des joueuses sur le long terme.
« Les infrastructures changent l’environnement quotidien des joueuses, a déclaré Valenzuela. Le talent vous aide à grandir plus vite, mais si vous ne lui donnez pas la bonne structure, votre talent est limité. »
Mjelde, qui a remporté six titres en Super League féminine avec Chelsea avant de faire son retour à Arna-Bjørnar, le club de sa ville natale, est revenue sur les progrès réalisés par le football féminin, tout en soulignant que de nouveaux investissements au niveau des installations sont essentiels pour les pérenniser.
« Le football féminin progresse depuis de très nombreuses années, a-t-elle déclaré. Mais pour aller plus loin, il faut avoir de bonnes infrastructures. Il faut créer les bonnes conditions et disposer des bonnes personnes pour que cela soit possible. »
Les grandes équipes ont besoin des bonnes personnes en coulisses
L’argument de Mjelde a également fait ressortir l’importance du personnel. Les installations peuvent créer le bon environnement, mais les clubs ont toujours besoin de personnel et d’expertise pour en tirer le meilleur parti.
Pour O’Callaghan, il s’agit d’investir dans tous les secteurs, que ce soit les entraîneurs, les analystes et le personnel médical jusqu’aux équipes commerciales et de billetterie, afin d’assurer la durabilité de l’ensemble de l’écosystème.
« Il est crucial d’investir dans le personnel. Ce ne sont pas seulement les personnes qui prennent soin des joueuses, mais aussi celles qui créent les conditions nécessaires pour générer des recettes », a-t-il déclaré.
Valenzuela a rappelé l’importance de disposer d’une expertise spécifique aux équipes féminines, même si cela peut exiger des dépenses supplémentaires. Plus de 30 personnes travaillent désormais dans les secteurs sportif et commercial des Tigres Femenil.
« Dans les clubs qui ont des équipes masculines et féminines, par exemple, il ne suffit pas de mettre le kinésithérapeute de l’équipe masculine à disposition des féminines, a-t-il expliqué.
Le développement du football junior bénéfique pour l’avenir
Le point de consensus le plus clair entre le public et le panel a concerné le sujet du football junior, les trois intervenants soulignant l’importance de créer des voies de développement plus solides pour la prochaine génération.
Mjelde a comparé la structure des centres de formation modernes avec sa propre expérience, qui a été de progresser sans réelle voie d’accès au football féminin.
« Il est très important d’investir dans le football junior, a déclaré Mjelde. Il n’y avait pas d’académies ni d’entraîneurs spécialisés quand j’étais enfant, mais c’est le meilleur moyen de recruter plus de talents et de développer le jeu. »
Aux Tigres, le développement du football junior est devenu un élément central du modèle propre au club.
« Je ne pense pas que le football féminin puisse progresser uniquement grâce aux transferts de joueuses, a déclaré Valenzuela. Il faut disposer du bon système et d’un développement du football junior adapté. »
O’Callaghan a également souligné la valeur stratégique du développement des joueuses en interne.
« Quand on a la chance d’avoir des joueuses formées localement, elles connaissent déjà le système de jeu, elles ont été entraînées à votre façon et elles sont formées, a-t-il expliqué. Cela offre davantage de sécurité, car on n’est pas entièrement dépendants du marché des transferts. »
Cette discussion a véhiculé un message clair : le succès à long terme dépend de la capacité à trouver le bon équilibre entre les priorités sportives immédiates et les infrastructures, les personnes et les voies d’évolution qui soutiendront une croissance durable.
Édition 2026 de l’Analyse commerciale du football féminin de l’UEFA
La cinquième édition de l’Analyse commerciale du football féminin de l’UEFA s’est déroulée avant la finale de l’UEFA Women’s Champions League entre le FC Barcelone et l’OL Lyonnes, qui s’est jouée à guichets fermés.
L’événement a une fois de plus rassemblé certaines des personnalités les plus influentes du football féminin, avec des tables rondes et des discours sur la manière dont le succès sur le terrain, une gouvernance solide et la croissance commerciale peuvent être associés alors que le football féminin continue d’évoluer.