Le premier Symposium des arbitres femmes de l’UEFA met l’accent sur la création de parcours de formation et sur la nécessité d’un soutien ciblé
mercredi 4 mars 2026
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Les meilleures arbitres de toute l’Europe se sont réunies au siège de l’UEFA, à Nyon, pour discuter des stratégies les plus efficaces pouvant garantir que les femmes soient soutenues à chaque étape de leur parcours, du football de base à l’élite.
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Comment créer le meilleur environnement possible pour les arbitres femmes et maintenir l’Europe à la pointe de l’arbitrage ?
Telle est la question qui a été posée cette semaine, lors du premier Symposium des arbitres femmes de l’UEFA, où des discussions ouvertes et constructives ont eu lieu sur les difficultés auxquelles les femmes sont confrontées dans l’arbitrage, notamment la grossesse, le retour au jeu après l’accouchement, la santé mentale et l’équilibre entre vie personnelle et carrière professionnelle.
Cet événement avait pour but d’offrir aux associations nationales les outils nécessaires pour créer des parcours de formation durables permettant aux arbitres femmes non seulement d’accéder au football, mais aussi de progresser et de s’épanouir à chaque étape de leur parcours. C’est l’une des priorités de notre stratégie en matière de football féminin, « Unstoppable ».
« Ce Symposium des arbitres femmes ne se limite pas à des discours, mais offre l’occasion d’avoir des échanges pratiques », a déclaré Dagmar Damková, membre de la Commission des arbitres de l’UEFA. « Le moment est idéal pour faire progresser l’arbitrage féminin au sein des associations nationales européennes. Nous voulons être encore meilleures.
» N’oubliez pas que la future génération d’arbitres femmes ne nous jugera pas sur nos intentions, mais sur ce que nous aurons construit pour elle. J’étais à leur place, il y a plusieurs années. Nous rêvions de ce qui est aujourd’hui devenu le quotidien des arbitres. C’était impossible à l’époque, mais aujourd’hui, nous pouvons faire encore mieux, alors donnons-leur cette chance. »
Recruter et fidéliser les arbitres
Au cours de la saison 2024/25, les 55 associations nationales européennes comptaient au total18 524 licences d’arbitres femmes, avec une hausse de 4,4 % par rapport à la saison précédente. Toutefois, 69 % de ce total proviennent de six pays seulement, ce qui souligne le besoin d’un recrutement mieux réparti au sein de toute la communauté.
Jean-Baptiste Bultynck, responsable de l’évaluation de la performance à l’Union belge de football, a présenté l’approche de son association face à ce défi. En Belgique, la récente campagne de recrutement s’articule autour de la création d’une première impression positive pour les nouvelles arbitres, d’un processus d’intégration structuré, d’un suivi constant et de la visibilité accrue de modèles féminins dès le début du parcours.
En s’appuyant sur cet exemple, les délégués ont travaillé en groupe pour évaluer et perfectionner leurs propres stratégies de recrutement. Les discussions ont porté sur la génération d’un intérêt potentiel, sur les messages ciblés et les réseaux sociaux, sur la sensibilisation dans les écoles et les universités, et sur l’importance d’un suivi proactif auprès des candidates potentielles.
Puis l’attention est passée du recrutement à la fidélisation. Le Dr Ian Rollo, chef Services et formation liés à la performance internationale du Gatorade Sports Science Institute (GSSI), a présenté le soutien global apporté aux arbitres femmes d’élite. Il a parlé des performances clés et de plusieurs éléments relatifs au bien-être, notamment le cycle menstruel, le sommeil, l’hydratation, la nutrition et l’importance de porter une brassière de sport bien ajustée.
Les délégués ont également exploré les moyens de fidéliser les arbitres femmes, identifiant des outils essentiels comme les programmes de mentorat, l’amélioration des mesures de protection, la flexibilité pour gérer une double carrière et les parcours de progression plus clairs.
🇳🇴 Norvège : aider les arbitres qui ont des enfants
Terje Hauge, chef de l’arbitrage en Norvège et arbitre de la finale 2006 de l’UEFA Champions League, a expliqué comment l’Association norvégienne de football (NFF) a réussi à augmenter le taux de fidélisation des arbitres femmes.
En 2015, la NFF comptait 113 arbitres femmes, dont dix officiant dans l’élite du football féminin. Après des efforts concertés, ce chiffre est passé à 203 en 2019, dont 20 arbitres exerçant dans les deux premières divisions. Mais au cours de cette période, la NFF s’est heurtée à des problèmes de fidélisation puisque plusieurs arbitres n’ont pas repris leur carrière après avoir donné naissance à un enfant.
Pour résoudre ce problème, la NFF a mis en place un nouveau cadre de reprise après une grossesse. Tout au long de leur congé maternité, les arbitres peuvent désormais geler leur classement tout en continuant à percevoir une aide financière, en plus d’avoir accès à un préparateur physique et mental. Après la naissance de leur enfant, elles ont entre six et douze mois pour réussir le test de condition physique pour arbitres. Elles sont également autorisées à amener leur enfant lors des séminaires et des stages d’avant-match, accompagnées par leur conjoint·e ou un membre de leur famille.
Aujourd’hui, la NFF compte 424 arbitres femmes, dont 46 officiant dans les deux divisions supérieures du football féminin. Parmi ces arbitres d’élite, onze sont mamans de 17 enfants au total.
La santé des femmes en exercice
La Dr Eva Ferrer Vidal-Barraquer, spécialiste de santé sportive féminine au Centre d’innovation du Barça, a également souligné les aspects médicaux, physiques et psychologiques pour les arbitres en reprise d’activité après une grossesse, expliquant comment les associations nationales peuvent apporter un soutien structuré pour permettre un retour en toute sécurité et en confiance.
Un panel de discussion s’est ensuite penché sur les différentes approches en matière de standards de condition physique en ce qui concerne les femmes arbitrant dans des compétitions masculines. Parmi les intervenantes, on a retrouvé Stéphanie Frappart, première femme à arbitrer une finale masculine de l’UEFA Champions League et la Super Coupe de l’UEFA, ainsi que Cheryl Foster, arbitre de la finale 2023 de l’UEFA Women’s Champions League, qui dirige aujourd’hui le Professional Game Match Officials Limited (PGMOL), l’organisme qui gère l’arbitrage des matches de football professionnels anglais.
D’autres perspectives ont été partagées par Dagmar Damková, première femme à arbitrer en Première ligue tchèque, avant d’officier lors de finales majeures, notamment la finale de l’EURO féminin de l’UEFA en 2009 et de l’UEFA Women’s Champions League en 2011, et par Sapir Berman, première femme transgenre à arbitrer un match international lors de la phase de qualification pour le Championnat d’Europe féminin des moins de 17 ans de l’UEFA en 2025.