Le nouveau rapport fait état de recettes records et d’une hausse des investissements dans le football européen
jeudi 26 février 2026
Résumé de l'article
Toutes les associations ont enregistré une augmentation de leurs recettes, et le chiffre cumulé devrait franchir le seuil des EUR 30 milliards pour la première fois.
Contenu médias de l'article
Corps de l'article
Les recettes du football interclubs européen devraient dépasser les EUR 30 milliards pour la première fois, mais compte tenu de la hausse des coûts, ces rentrées records ne sont pas forcément synonymes de rentabilité.
Ce sont deux informations clés tirées de la dernière édition du Paysage des investissements et des finances des clubs européens, qui anticipe que les recettes 2025 dépasseront le record de 2024, de EUR 28,6 milliards, poursuivant ainsi la croissance financière de la dernière décennie dans l’ensemble du football.
Le rapport analyse les tendances clés d’un secteur en continuelle expansion, et examine comment les clubs s’adaptent à leur environnement, où de nouvelles opportunités se créent, et quels sont les défis à venir à l’heure où le football continue à se développer sur une scène de plus en plus mondialisée.
Depuis 2015, les recettes du football interclubs européen ont progressé de plus de EUR 13 milliards, sous l’impulsion des primes des compétitions de l’UEFA, des droits de diffusion, des partenariats commerciaux et des recettes de billetterie. Sur la même période, les bénéfices de transfert ont progressé de 211 %, ce qui souligne la portée mondiale de ce sport et l’intérêt commercial qu’il suscite.
« La présente édition du Paysage des investissements et des finances des clubs européens de l’UEFA est particulière. Non seulement elle offre une vue d’ensemble claire sur les finances actuelles du football interclubs européens, mais elle prend également du recul pour examiner la façon dont le jeu a évolué au cours des dix dernières années », a déclaré le président de l’UEFA, Aleksander Čeferin.
« Les conclusions de ce rapport sont encourageantes. Après une décennie comprenant l’une des périodes les plus difficiles que notre sport et la société aient connues, le football européen se retrouve maintenant dans une position solide.
» Malgré les désaccords, malgré la pression, malgré les doutes de certains, l’avenir du football européen reste radieux. La décennie à venir apportera son lot de pression, mais également de vraies occasions. Avec de bonnes informations telles que celles qui figurent dans ce rapport, le football européen peut se préparer plus efficacement et travailler à l’unisson dans l’optique d’un avenir sain et durable. »
Une hausse des coûts préoccupante pour l’avenir
En dépit d’une croissance vigoureuse, le rapport indique également que le seul développement des recettes ne prend pas en considération toute la complexité de l’environnement financier actuel du football. De nombreux clubs continuent de faire face à une hausse de leurs frais d’exploitation, combinée à une expansion du personnel.
Les charges salariales hors joueurs – y compris le personnel technique, administratif, commercial et opérationnel – ont augmenté de 42 % entre 2021 et 2024, parallèlement à la hausse rapide d’autres frais d’exploitation, ce qui devrait absorber 36 % des recettes totales en 2025.
Il n’en reste pas moins que les clubs sont parvenus à gérer leur principal poste de coûts : les salaires des joueurs. Après des années de forte progression, la croissance des salaires des joueurs s’est stabilisée à un niveau annuel de 2 à 3 %, une évolution favorisée par l’entrée en vigueur de la règle relative au ratio des frais liés à l’équipe. Dans le même temps, les clubs sont aussi devenus plus efficaces dans la préservation de la valeur de leurs actifs en réduisant le nombre de joueurs qui partent à la fin de leur contrat sans qu’une indemnité de transfert soit versée au club, un développement clé couvert dans ce rapport par la première analyse à large échelle de la gestion des contrats arrivant à échéance.
Des signes d’amélioration avant-coureurs de rentabilité
L’exercice 2024 avait marqué un retour à la rentabilité d’exploitation pour les clubs européens de première division, pour la première fois depuis cinq ans, sous l’impulsion de la reprise des recettes et de bénéfices de transfert records.
Il reste des défis à relever, en particulier pour les clubs qui doivent absorber de lourdes charges financières ou des ratios entre salaires et recettes élevés, et les pertes avant impôts, de EUR 1,1 milliard, sont toujours un motif d’inquiétude. Toutefois, l’évolution globale indique un renforcement des bilans à l’heure où les clubs s’efforcent de retrouver leurs niveaux de rentabilité d’avant la pandémie.
Le football européen continue aussi de susciter un vif intérêt de la part des investisseurs. Même si les changements de propriété des clubs se sont stabilisés à leur niveau d’avant la pandémie, le nombre total de transactions d’investissement – dans les clubs masculins et féminins – a atteint un pic en 2025, avec 123 opérations enregistrées.
À l’avenir, le Paysage des investissements et des finances des clubs européens prévoit une nouvelle année de performances financières solides : les clubs sont en bonne voie pour obtenir de nouvelles valeurs records en matière de recettes, de droits commerciaux et d’investissements en capital. Il souligne également qu’une croissance équilibrée, un contrôle de la viabilité des coûts et une gouvernance transparente sont des ingrédients essentiels à la stabilité à long terme du football.
Alors que le paysage financier devient de plus en plus sophistiqué et compétitif, la résilience du football dépendra de l’équilibre qui pourra être maintenu entre ambition, investissement et responsabilité.