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La Suisse cherche à accélérer le développement du football féminin avec l’aide de l’UEFA

Sur l'UEFA

L’Association suisse de football (ASF) nourrit de grandes ambitions quant au développement du football féminin dans le pays. Avec l’aide du programme HatTrick de l'UEFA, elle s’est fixée pour objectif de franchir la barre des 30 000 joueuses.

L’Académie suisse de football féminin, à Bienne
L’Académie suisse de football féminin, à Bienne ©UEFA.com
L’Académie suisse de football féminin se trouve à Bienne.
L’Académie suisse de football féminin se trouve à Bienne.©UEFA.com

Le football féminin en Suisse est en plein boom. Si, malgré une victoire face à la Norvège et match nul contre la France, l’équipe des moins de 19 ans n’est pas parvenue à se qualifier pour la phase à élimination directe du Championnat d'Europe féminin des moins de 19 ans de l'UEFA organisé en Suisse, le football féminin semble avoir un avenir radieux.

L’ASF a beaucoup investi dans le football féminin et dans le football de base ces dernières années. Quand elle a présenté son programme de développement, elle a décidé de créer l’Académie suisse de football féminin à Bienne, une ville située à environ 40 km de la capitale, Berne, pour permettre aux joueuses les plus talentueuses du pays de s’entraîner.

Une partie du financement provient du programme HatTrick de l’UEFA, qui fonctionne par cycles de quatre ans. L’édition actuelle met à disposition EUR 610,5 millions jusqu’en 2020, ce qui représente près de EUR 153 millions par année. Ce montant aide les 55 associations nationales de l’UEFA à soutenir le développement du football. Des bourses accordées par l’instance dirigeante du football européen permettent dorénavant à l’ASF de soutenir environ 30 filles par année en leur donnant la meilleure formation possible sur le terrain et en dehors.

« Le développement du football junior est bien évidemment une priorité majeure de notre association », a confié le président de l’ASF, Peter Gilliéron. « Le programme HatTrick de l’UEFA nous aide à progresser plus rapidement et à faire preuve de plus d’efficacité dans notre politique en matière de football junior. »

« Une expérience incroyable »

Les filles qui rejoignent l'académie bénéficient d'une formation sur le terrain et en dehors.
Les filles qui rejoignent l'académie bénéficient d'une formation sur le terrain et en dehors.©UEFA.com

Elle explique que son « expérience incroyable » à Bienne a non seulement facilité son apprentissage de nouvelles techniques sur le terrain, mais a aussi contribué à son développement personnel général.

« Il y a eu beaucoup de moments forts, mais je crois que le summum, c’était les matches et le temps que nous passions à mieux nous connaître en dehors du terrain, a-t-elle souligné.

» Au final, nous étions toutes dans le même bateau : nous étions toutes loin de nos familles, ce qui nous a véritablement liées. Je crois que ces liens sont la meilleure chose que nous avons emportée de l’académie. »

À l’Académie suisse de football féminin, les joueuses s’entraînent du lundi au vendredi ; le week-end, elles jouent avec leurs clubs respectifs. Des entraîneures licenciées de l’ASF comme Brigitte Steiner, responsable de l’équipe nationale féminine des M16, ou Monica di Fonzo, responsable de celle des M17 dirigent les séances d’entraînement et cherchent à améliorer la technique, le sens tactique, la condition physique et la vitesse des joueuses.

La milieu de terrain de l'équipe de Suisse des M19 Malin Gut est diplômée de l'académie.
La milieu de terrain de l'équipe de Suisse des M19 Malin Gut est diplômée de l'académie.©Keystone

Les aptitudes des joueuses hors du terrain sont tout aussi importantes, celles-ci suivant un programme de formation organisé par la ville de Bienne qui vise à les préparer pour leur avenir professionnel, qu’elles restent dans le football ou non.

« Nous passions toujours la nuit dans une famille d’accueil, que nous quittions le matin pour aller à l’école », a expliqué la milieu de terrain Malin Gut (M19), une autre ancienne élève de l’académie biennoise.

« Nous nous entraînions une ou deux fois, puis nous déjeunions ensemble. Ensuite, nous retournions à l’école. Certains jours, nous avions aussi des devoirs surveillés, où nous travaillions toutes ensemble. Le soir, nous dînions ensemble. »

Un investissement de chaque instant

Le football féminin suisse est sur la pente ascendante. En 2015, l’équipe suisse s’est qualifiée pour la première fois pour la Coupe du monde féminine de la FIFA, au Canada, où elle a atteint les huitièmes de finale. L’année dernière, la Suisse a également fait ses débuts à l’EURO féminin de l’UEFA, aux Pays-Bas, où les joueuses ont montré un niveau de jeu élevé et n’ont échoué que d’un point dans la phase à élimination directe.

L’objectif actuel de Peter Gilliéron et de l’ASF est de continuer à investir dans le football de base avec le soutien du programme HatTrick afin de veiller à ce que le football féminin continue de repousser ses limites.

L'ASF espère dépasser les 30 000 joueuses ces prochaines années.
L'ASF espère dépasser les 30 000 joueuses ces prochaines années.©UEFA.com

L’impressionnante réussite de nos équipes nationales féminines ces dernières années a aidé et aidera encore à rendre le football féminin encore plus populaire en Suisse.

L’ASF a aussi beaucoup investi dans son programme pour les garçons, même si le modèle n’est pas tout à fait le même. Tandis que le développement du football junior féminin est centralisé via l’Académie suisse de football féminin, pour les garçons, l’ASF a opté pour un système décentralisé.

La formation de trois ans, qui a débuté en juillet 2017, regroupe 540 jeunes, qui s’entraînent à temps plein au sein de huit clubs à travers le pays. Chaque club suit les directives et respecte les critères de qualité de l’association, sous le contrôle et la coordination du directeur technique de l’ASF.

« Les enfants d’aujourd’hui sont les footballeurs de demain »

En leur permettant de rejoindre les meilleurs clubs, on espère que les joueurs les plus talentueux seront exposés à un niveau de football plus élevé que s’ils jouaient de façon centralisée dans une académie. Le programme est en partie financé par HatTrick.

« Il est extrêmement important de continuer à soutenir nos associations nationales dans le développement du football de base sur tout le continent par le biais de contributions financières, du partage des connaissances et de la formation », a affirmé Aleksander Čeferin, le président de l’UEFA. « Les enfants d’aujourd’hui sont la génération de demain. Nous devons jouer notre rôle et veiller à ce qu’ils puissent avoir accès aux meilleures installations possibles pour leur permettre de développer une grande passion pour le football et d'atteindre leur plein potentiel dans ce sport. »

Le programme HatTrick de l'UEFA soutient l'ensemble des 55 associations membres.
Le programme HatTrick de l'UEFA soutient l'ensemble des 55 associations membres.©UEFA.com

Depuis le lancement de son programme HatTrick avant l'UEFA EURO 2004, l’instance dirigeante du football européen a investi EUR 1,8 milliard pour offrir à ses associations nationales un soutien sur le plan sportif et au niveau des infrastructures. Ce chiffre atteindra EUR 2,6 milliards d’ici à 2024, ce qui fera de HatTrick l’un des plus grands programmes de développement sportif au monde.

En 2004, le principe de base était de réinvestir les recettes du Championnat d'Europe de football de l’UEFA dans la croissance et le développement du football de tous les jours. L'argent n'est pas tout, et HatTrick a donc été fondé sur trois piliers fondamentaux, qui demeurent les mêmes aujourd'hui : l'assistance financière, le partage des connaissances et la formation.

Comme le financement provient directement de l'EURO, le programme HatTrick est mené sous la forme de cycles de quatre ans, le Comité exécutif de l'UEFA augmentant le montant mis à disposition lors de chaque tournoi.
Actuellement, chaque association nationale reçoit une enveloppe initiale de EUR 3,5 millions pour développer le football à tous les niveaux, et tout projet doit être soumis à la Commission HatTrick pour approbation. Les associations bénéficient également de versements de solidarité annuels pouvant atteindre un total de EUR 1,9 million par association. Les fonds sont majoritairement utilisés pour favoriser la participation aux compétitions juniors, féminines et de futsal, ainsi que pour développer, par exemple, le football féminin et le football de base. Le cycle HatTrick en cours a débuté en 2016 et s’achèvera en 2020.

Le centre national de formation de l’Association de football des Pays-Bas, à Zeist, a été en partie financé par le programme HatTrick. Des installations nationales destinées à la formation ont aussi été bâties en Bosnie-Herzégovine, en Bulgarie, au Portugal et en Slovénie avec le soutien de ce programme.

La Suisse et les autres associations membres récoltent les fruits du programme HatTrick, tandis que l’UEFA s’engage à veiller à ce que le développement du football reste une priorité absolue sur le continent et à ce que les jeunes puissent accéder aux meilleures infrastructures et ainsi atteindre le plus haut niveau possible.