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Blanc, apprenti entraîneur

Les débuts de Laurent Blanc à Bordeaux n'ont pas été faciles. Mais pour Guy Roux, il dispose de toutes les qualités nécessaires pour réussir. Reportage de Matthew Spiro.

Laurent Blanc était l'élégance personnifiée au long de sa carrière de joueur. Depuis qu'il a endossé son nouveau costume d'entraîneur, les choses ne semblent pas aussi simples. Au FC Girondins de Bordeaux, l'encien champion du monde et d'Europe a perdu deux joueurs clés, ne connaît pas une pré-saison très réussie et a fait l'expérience de premières petites tensions avec son président Jean-Louis Triaud.

Une défaite embarrassante
Dès son arrivée, le Président annonçait son intention de garder les deux milieux de terrain Rio Mavuba et Julien Faubert pour leur faire signer un contrat à long terme. Mais en quelques jours, les internationaux quittaient le club et le pays. A l'issue d'une défaite face aux voisins du FC Libourne Saint-Seurin (Ligue 2), Laurent Blanc perdait patience et demandait au club de recruter cinq nouveaux joueurs. "Je pense que lorsque Laurent aura dix années d’expérience du mercato derrière lui il sera un peu moins ultime dans son raisonnement", rétorquait le président Triaud.

Fermeté
Certes les signatures de David Bellion et Alou Diarra venant compléter le recrutement de Mathieu Chalmé rejouissent l'ancien international français, mais il n'a aucune excuse à faire vis-à-vis de son attitude pleine de fermeté. "Si je suis exigeant avec moi-même, si je suis exigeant avec mon groupe, je crois que j’ai le droit de l’être avec mes dirigeants. Le 4 août, on va tous monter ensemble dans l’avion. On va essayer de naviguer, même si on sait qu’il va y avoir des turbulences. Il faut qu’on soit bien préparé le jour où les portes seront fermées", a déclaré Laurent Blanc au journal "L'Equipe".

"Travail difficile"
Blanc a mis un terme à sa carrière de joueur sous le maillot du Manchester United FC, contre l'Everton FC, en mai 2003. Ce jour-là, ses jambes de trentenaire étaient mises à mal par un gamin de 17 ans appelé Wayne Rooney. Diplômé du centre de formation des entraîneurs de Clairefontaine, il a attendu patiemment qu'une offre se présente. A 41 ans, il est veut absolument faire un bon début de Championnat. "Le métier d’entraîneur est très, très, difficile", dit-il. "On lui demande de plus en plus. D’être bon partout. Avoir une image, savoir communiquer, avoir du charisme, des résultats, savoir gérer un groupe et son staff. Mais, à la fin, seuls comptent les résultats."

Plus de responsabilités
En vérité, Laurent Blanc est heureux de ce surplus de responsabilités. Tandis que la plupart des entraîneurs de Ligue 1 ne sont chargés que de l'entraînement de l'équipe première, l'ancien joueur de l'Olympique de Marseille était à la recherche d'un rôle se rapprochant du manager général, l'impliquant ainsi considérablement dans la vie du club. Son adjoint, Jean-Louis Gasset, qui a dirigé Laurent Blanc au Montpellier Hérault SC, organise les entraînements, sous l'œil avisé du manager. "Sa méthode est vraiment à l’anglaise. Il repose sur ses adjoints, mais, après, mais c’est lui qui fixe la ligne directrice", déclare l'entraîneur des gardiens Dominique Dropsy au magazine "France Football".

Le modèle Ferguson
Pour définir son rôle, Laurent Blanc a puisé son inspiration chez deux techniciens. "(L’entraîneur ideal) est celui qui tire le meilleur de ses joueurs et qui peut se sortir tactiquement des mauvaises situations", dit-il. "Des entraîneurs avec ces deux qualités, je crois que j’en ai connu surtout deux : Marcello Lippi (au FC Internazionale Milano) et Sir Alex (au Manchester United FC). Ferguson n’était pas toute la semaine sur le terrain, mais il avait la mainmise sur son groupe, qui était réceptif. Et puis, il essayait de connaître l’homme autant que le joueur."

Football attrayant
Les fans de Bordeaux se réjouiront d'entendre que Laurent Blanc partage deux des philosophies de Ferguson : le désir de produire un football attrayant tout en s'assurant que ses joueurs restent disciplinés. Les supporteurs de ce club cinq fois champion de France ont été frustrés par le jeu purement défensif développé ces dernières années, même si le club s'est qualifié pour l'UEFA Champions League la saison passée et jouera la Coupe UEFA cette année. Laurent Blanc veut ramener du spectacle au stade Chaban-Delmas. "J’aimerais transmettre mon goût du beau jeu. Je suis peut-être un peu rêveur mais c’est mon objectif. Mais je pense aussi qu’il faut tout d’abord, la discipline. C’est peut-être un mot dur à entendre…", dit-il, "mais la discipline, le respect, la rigueur, c’est indispensable dans un sport collectif. Si ton groupe possède ces trois qualités, tu peux renverser des montagnes."

"Leader"
Ancien entraîneur de Laurent Blanc, Guy Roux serait certainement d'accord avec cette affirmation. L'homme qui a entraîné Laurent Blanc pendant une saison à l'AJ Auxerre, au milieu des années 90, sera assis sur le banc adverse samedi 4 août. Le RC Lens se déplacera à Bordeaux. Guy Roux, qui fait son grand retour en L1, a déclaré à uefa.com qu'il ne doutait pas du succès de Laurent Blanc. "Il possède toutes les qualités nécessaires. Il est intelligent, c'est un leader, et il comprend le football. C'est un bon début." Dans le même temps, Blanc a une autre vision sur le premier match de Bordeaux. "C'est l'entraîneur le plus expérimenté contre le moins expérimenté", a-t-il dit. "J'ai encore beaucoup à apprendre, je sais. Mais heureusement, j'apprends vite."