L'exception Savidan
dimanche 11 février 2007
Résumé de l'article
L'attaquant atypique de Valenciennes s'est échappé en tête des buteurs de la Ligue 1, après un quadruplé à Nantes, samedi.
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L'attaquant du Valenciennes FC Steve Savidan, joueur atypique, s'est échappé en tête des buteurs de la Ligue 1, après un quadruplé, sur le terrain du FC Nantes Atlantique, samedi soir.
"Exceptionnel"
Savidan, 28 ans, a trompé Fabien Barthez aux 18e, 49e, 72e et 88e minutes (score final 2-5), inscrivant le premier quadruplé en première division française depuis Matt Moussilou, le 2 avril 2005 avec le LOSC Lille Métropole face au FC Istres (8-0). "C'est exceptionnel", a déclaré le joueur de 28 ans, qui fut ces deux dernières années meilleur buteur de son championnat, alors que VA passait du National à la Ligue 2 puis à la Ligue 1 sans s'arrêter en route.
Quatre buts d'avance sur Pauleta
"J'ai déjà marqué des quadruplés mais jamais à ce niveau", appréciait "Savigol". "C'est d'autant plus beau que nous prenons trois points chez un concurrent direct pour le maintien. Valenciennes, 15e, compte maintenant 7 points d'avance sur Nantes, 19e, tandis que Savidan, avec 13 réalisations, possède quatre buts d'avance sur Pedro Pauleta (Paris Saint-Germain FC).
"Chat noir"
Une surprise de taille au regard de son expérience en Ligue 1, nulle à l'orée de la saison. Savidan a longtemps semblé destiné à jouer dans des clubs qui n'avaient pas le niveau de l'élite. Depuis son premier contrat pro, à La Berrichonne de Châteauroux, en 1999/00, il enchaînait les galères. Prêt à l'AC Ajaccio, au SCO d'Angers, transfert au Beauvais FC, à l'Angoulême CFC. Toutes ses expériences se sont souvent terminées par des mises à l'écart ou carrément la faillite financière du club. "J'étais chat noir", se souvient-il volontiers.
Barman et éboueur
La presse française aime aussi rappeler que lors de son passage à Angers, sa ville de naissance, Savidan a occupé, pour boucler ses fins de mois, les emplois de barman et d'éboueur. Ces expériences, il les place aujourd'hui parmi les facteurs de sa réussite. "Je sais que le voyage est court, alors autant le faire en première", ironise-t-il.
Comparé à Papin
Il ne pensait plus obtenir de billet, d'ailleurs, quand Daniel Leclercq, le prédécesseur d'Antoine Kombouaré, l'a fait signer à VA à l'été 2004. "C'était ma dernière chance de faire carrière", dit-il. Le Druide, lui, était sûr de son coup. "J'ai vu beaucoup d'avant-centres dans ma vie", assure le technicien qui mena le RC Lens au titre en 1997/98. "Je n'en connais que trois devant Savidan : Josip Skoblar, Salif Keita et Jean-Pierre Papin." Le dernier a joué à Nungesser en 1984/85, ce qui facilite le rapprochement autant que la vitesse de Savidan, sa puissance et ses gestes instinctifs de goleador épargné par le doute.
Populaire, les pieds sur terre
Chez Savidan, il y a aussi cette dimension populaire, proche des fans, les deux pieds plantés dans la terre et le recul nécessaire sur le métier. Samedi soir, Savidan, père de bientôt deux enfants, a voulu échanger son maillot avec Barthez : "C'est un petit de la famille qui me l'a demandé. Je suis heureux que Barthez ait accepté de me le donner. Nous n'avons pas parlé des buts". Il y aura bien d'autres occasions...