De l'espoir pour les Bleues
mercredi 15 juin 2005
Résumé de l'article
Eliminées au premier tour mais en progrès, les Françaises ne sont pas passées loin de l'exploit en Angleterre.
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Par Christian Châtelet
L'équipe de France a quitté dimanche l'EURO 2005 après une cruelle défaite 3-0 face à l'Allemagne. Au-delà de cette déception, plusieurs points positifs ont marqué le périple anglais d'Elisabeth Loisel et de ses joueuses.
Pas à rougir
Pour la quatrième fois depuis son entrée en poste en 1997, Elisabeth Loisel a échoué pour faire passer à la France le premier tour d'une grande compétition mais les Bleues n'ont pas à rougir de leur prestation. Elles étaient loin d'être favorites dans le Groupe B, face à l'Allemagne triple championne en titre, et à la Norvège championne du monde, d'Europe et olympique.
La meilleure phase finale
En battant l'Italie dans un match d'ouverture parfait (3-1), en tenant en échec les Scandinaves mercredi (1-1) et en maintenant l'Allemagne à distance pendant 71 minutes dimanche, les Françaises ont peut-être réussi leur meilleure phase finale.
En manque d'expérience
Que leur a-t-il manqué pour créer la surprise qu'elles souhaitaient tant pour faire franchir un nouveau palier au football féminin dans l'Hexagone ? De l'expérience sans doute, surtout celle du très haut niveau que possèdent leurs adversaires.
Regrets contre la Norvège
"L'Allemagne a montré avec facilité quelle différence elle était capable de faire", reconnaissait Loisel qui regrette surtout le nul contre la Norvège. Lors de cette rencontre, la France a mené de la 20e à la 65e minute avant de subir l'égalisation d'Isabell Herlovsen, 16 ans, sur coup de pied arrêté.
Le but refusé de Soubeyrand
Un but de Sandrine Soubeyrand, refusé pour un hors-jeu à trois minutes de la fin fit aussi enrager la sélectionneuse qui avait également quitté l'EURO en 1997 sur une action litigieuse. Si la France avait battu les doubles championnes (1987, 1993), elle aurait passé la phase de groupes pour la première fois de son histoire.
L'occasion de Pichon
En France, on ressassera aussi longtemps l'occasion ratée par Marinette Pichon en deuxième période contre l'Allemagne. Alors que le score était encore vierge, l'ancienne MVP de la WUSA ne parvenait pas à pousser le ballon au fond des filets de Silke Rottenberg qui semblait battue mais ne l'était pas.
Un jeu qui tient la route
Au milieu de ces rageants souvenirs, l'EURO anglais restera toutefois marqué par des points très positifs. Il y eut d'abord le jeu français. Direct, technique, inspiré, solide dans toutes les lignes qui pécha seulement en attaque dans certains moments clé.
Deux générations en une
"Nous avons beaucoup progressé ces dernières années", assurait Loisel qui eut le mérite, au travers de quelques beaux succès glanés cet hiver – notamment deux victoires sur la Norvège – de mixer deux générations totalement différentes.
Soubeyrand et Pichon s'interrogent
A l'image de Stéphanie Mugneret-Béghé (116 sélections), sortie sur blessure pour son dernier match international, les anciennes vont s'effacer peu à peu. "Je me donne un peu de temps pour réfléchir", déclarait Soubeyrand. Pichon, la meilleure buteuse française (74), réserve aussi sa réponse.
Ne pas partir trop tôt
Mais n'est-il pas trop tôt pour celles qui ont permis à la France d'atteindre le 5e rang mondial ? L'exemple de la génération Zidane et des difficultés de l'équipe de France masculine doit faire réfléchir en vue des éliminatoires de la Coupe du Monde 2007 en Chine.
Génération 1998
En cas de défections, la France pourra toutefois compter sur de grands talents naissants. L'attaquante Elodie Thomis, la gardienne Sarah Bouhaddi, les milieux de terrain Elise Bussaglia et Camille Abily représentent l'avenir et cette génération gonflée par les succès de la Coupe du Monde de la FIFA 1998 et de l'UEFA EURO 2000™.
Un œil sur Nécib
Louisa Nécib, 18 ans, titularisée au poste de meneuse de jeu contre l'Allemagne, l'incarne plus que toute autre. La Marseillaise a régalé le public d'enchaînements "zidanesques" à Warrington devant les grands gabarits germaniques. De quoi consoler provisoirement tout un pays.