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Le joyau de la formation à la française

uefa.com visite Clairefontaine, l'un des meilleurs centres de préformation au monde.

En mars 2003, environ 800 garçons âgés entre 12 et 13 ans sont descendus à Clairefontaine, petit village à 50 km au sud-est de Paris, pour prendre part aux essais footballistiques les plus disputés au monde. Après trois mois de tests intensifs, seulement 24 d'entre eux pourront suivre un apprentissage de trois ans à l'abris du joyau de la formation à la française, l’Institut national de football (INF).

Rituel annuel
Ce rituel est respecté chaque année depuis la création du centre en 1988, et a permis à Clairefontaine de se forger une réputation formidable. Thierry Henry, William Gallas, Nicolas Anelka, Philippe Christanval et Jérôme Rothen sont quelques-uns des noms qui ont défilé dans cette institution.

Installations exceptionnelles
Situé au coeur de la forêt de Rambouillet, le centre doit en partie son succès aux installations exceptionnelles dont il bénéficie. Le site s'étend sur 56 hectares et on y trouve sept terrains en gazon naturel (dont un avec des projecteurs), deux en gazon artificiel, un terrain indoor, 16 vestiaires, des saunas, un gymnase, des salles de musculation et trois courts de tennis pour améliorer la technique avec des balles plus petites.

Suivre des études
Mais l'INF est plus qu'un centre d'entraînement pour les footballeurs. Les enfants peuvent poursuivre leurs études pendant leur formation et suivre des cours en classe entre 9h et 17h pendant les jours de la semaine. L'entraînement débute à 16h et les devoirs peuvent être effectués entre 20h et 22h, avant l'extinction des feux à 22h30. "Nous voulons nous assurer que les enfants puissent suivre des études normales au cas où ils échoueraient lors de leur carrière de footballeur", a déclaré Aimé Jacquet, qui est aujourd'hui le directeur technique national de la Fédération française de football.

Améliorer la technique
Soixante personnes sont aujourd'hui embauchées à plein temps. Parmi elles, les trois personnes qui ont le plus d'influence sont les entraîneurs Claude Dusseau, André Merelle and Jean-Claude Lafargue. André Merelle, qui s'occupe des deuxièmes années, pense que la clé du succès de l'INF est l'attention toute particulière portée à la technique des joueurs.

Technique
"95 % du travail réalisé est technique", a-t-il déclaré. "Tout d'abord, un joueur doit apprendre à faire des contrôles, des passes et tirer des deux pieds. La force physique et les matches de compétition viendront plus tard. Au bout de trois ans, nous attendons de chaque joueur qu'il présente les qualités techniques nécessaires à l'intégration dans un club professionnel."

Méthodes d'entraînement
L'attaquant d'Arsenal et de l'équipe de France Espoirs Jérémie Aliadière a réalisé une première en rejoignant directement Arsenal en sortant de sa formation à Clairefontaine, et il a admis que les méthodes d'entraînement sont bien différentes entre Highbury et l'INF. "En France, le plus important c'est la technique mais ici c'est plus la compétitivité et le résultat", a déclaré ce joueur tout juste âgé de 20 ans. "A Clairefontaine, ils me faisaient toujours utiliser mon pied gauche, mais en Angleterre, ça n'avait plus aucune importance."

Succès d'une méthode
En général, ce sont les joueurs qui sont courtisés à la sortie de Clairefontaine, mais plus récemment le travail des entraîneurs a été reconnu. Le Brésilien Francisco Filho était le coach des troisièmes années à l'INF, avant de partir la saison dernière à Manchester United FC pour y entraîner les moins de 17 ans. "Je ne pense pas que ce transfert soit dû uniquement à mes qualités personnelles, il est aussi dû aussi à la qualité des méthodes d'entraînement à la française", a déclaré Filho, modeste.

Entraîneurs convoités
Jean-Francois Jodar, qui a emmené les moins de 17 ans français au titre de mondial en 2001, a aussi quitté Clairefontaine l'an passé pour devenir le directeur technique du football aux Emirats arabes unis.

Grande qualité
Aimé Jacquet, qui avait quitté le poste de sélectionneur après avoir remporté la Coupe du Monde en 1998, n'était pas surpris de voir deux des meilleurs tacticiens nationaux partir à l'étranger. "J'ai toujours dit qu'au lieu de nous prendre nos joueurs, ils devraient nous prendre nos entraîneurs. C'est ce qui arrive aujourd'hui", a déclaré "Mémé" Jacquet. "Ces départs sont difficiles pour nous mais ils sont la preuve que les méthodes d'entraînement à la française sont de la plus grande qualité."