Le football aide de jeunes Roms à réussir dans la vie

Le football contribue largement à donner de l’espoir à deux jeunes Roms issus d’un quartier défavorisé de Bucarest, la capitale roumaine : Nicușor « Beto » Vasile et Raluca Petre.

Grâce au football, deux adolescents de la communauté rom de Bucarest, la capitale roumaine, ont un regard positif sur leur avenir    

Chaque mois, dans le cadre de sa campagne #EqualGame, l’UEFA dresse le portrait d’une personne provenant de l’une de ses 55 associations membres. Cette personne illustre comment le football favorise l’inclusion, l’accessibilité et la diversité ; son histoire montre que le handicap, la religion, l’orientation sexuelle, l’origine ethnique et le milieu social ne constituent un frein ni à la pratique du football, ni à l’intérêt pour ce sport.

Deux adolescents de la communauté rom de Bucarest, la capitale roumaine, ont un regard positif sur leur avenir, et le football joue un rôle majeur leur développement personnel.

Nicușor « Beto » Vasile (13 ans) et Raluca Petre (14 ans) vivent à Ferentari, un quartier défavorisé de Bucarest. Beto vit dans une seule pièce avec sa mère et ses trois frères. Raluca vit quant à elle avec ses parents, ses trois frères et ses deux sœurs.

Leur vie s’est beaucoup améliorée depuis qu'ils se rendent au club d'éducation alternative local (AEC), projet géré par le Centre des politiques pour les Roms et les minorités, qui organise différentes activités telles que le football pour aider les jeunes à croire en leur avenir.

Beto a commencé à jouer au football à huit ans.
Beto a commencé à jouer au football à huit ans.©UEFA

 Beto et sa famille vivent dans une pièce privée d’électricité. « La vie n’est pas vraiment facile dans mon quartier, c’est plutôt compliqué en fait », explique-t-il.

Il a commencé à jouer au football à huit ans. Maintenant, parallèlement à l’école, Beto trouve du plaisir et un moyen d’expression dans ce sport qu'il aime tant.

Le père de Raluca travaille dans la construction, et sa mère est femme au foyer. « J'ai un frère de 22 ans et un autre de 15 ans », explique-t-elle. « J'ai encore une sœur de 13 ans, un frère de 10 ans et une petite sœur de 4 ans. Parfois, je m’occupe d’elle quand ma mère doit travailler. » Cela fait environ trois ans qu’elle se rend à l’AEC et, encouragée par sa mère en particulier, elle y a attrapé le virus du football.

Montrer le chemin aux jeunes
Montrer le chemin aux jeunes©UEFA

 Le club d'éducation alternative est un moteur essentiel pour montrer le chemin aux jeunes comme Beto et Raluca.

« Pour moi, explique Beto, le club d'éducation alternative est parfait. Ce que je préfère, c’est pouvoir venir y jouer au football. Je suis attaquant... »

« Le football m’a donné confiance en moi » - Raluca Petre
« Le football m’a donné confiance en moi » - Raluca Petre©UEFA

 « J'ai appris à jouer au football au club », ajoute Raluca, qui s’entraîne également une fois par semaine avec un club de football à Bucarest. « J'aime venir au club parce qu’on joue et qu’on s'amuse. Après les matches, on fait nos devoirs puis on discute. »

« L’AEC propose de nombreuses activités intéressantes pour les enfants », explique Sabina Antoci, directrice exécutive du Centre des politiques pour les Roms et les minorités. « Les enfants découvrent leurs talents, leurs aptitudes et leurs compétences sociales grâce à des ateliers créatifs, sportifs et artistiques. » 

Le club d'éducation alternative aide les enfants à découvrir leurs talents, leurs aptitudes et leurs compétences sociales.
Le club d'éducation alternative aide les enfants à découvrir leurs talents, leurs aptitudes et leurs compétences sociales.©UEFA

 « Depuis qu’ils viennent aux activités de l’AEC, les enfants ont davantage confiance en eux et se sentent plus forts. Ils voient qu'il existe des perspectives au-delà de la pauvreté dans laquelle ils vivent. »

« Nous souhaitons étendre ce modèle au plus grand nombre de communautés défavorisées possible en Roumanie, pour aider des enfants qui n’ont pas accès à l’éducation à profiter d'une formation de qualité. »

La communauté rom en Roumanie compte environ 600 000 personnes, soit 3 % de la population totale, ce qui en fait le plus grand groupe minoritaire du pays. Les deux jeunes sont conscients de leurs racines roms. « Je n’aime pas entendre quelqu’un critiquer la communauté rom », admet Beto, et Raluca approuve : « Ça me dérange parce que moi aussi je fais partie de cette communauté. »

« La vie est plus difficile dans notre quartier que dans d’autres », souligne Raluca. « C’est différent. » Elle pense toutefois que la vie n’est pas forcément plus facile dans d'autres quartiers plus favorisés : « Je ne pense pas que l’argent crée forcément un meilleur environnement », affirme-t-elle, catégorique.

Le club joue aussi un rôle social important à l’échelle locale, car ses activités rassemblent jeunes Roms et Roumains et servent de force unificatrice. « On est tous égaux ici », explique Raluca. « Qu’on soit roumain ou rom, on est pareils. Au club, on n'a pas le droit de parler comme on pourrait le faire à l’école ; on n’a pas le droit de se moquer les uns des autres, ce genre de choses. »

Des rêves de football planent pour Beto et Raluca, tous deux grands fans de la star de Barcelone, Lionel Messi. Leurs expériences avec l’AEC leur ont ouvert des voies qui les conduiront peut-être un jour à se faire une place de choix dans ce sport.

« Je me sens vraiment bien quand je joue au football » - Raluca Petre (à droite)
« Je me sens vraiment bien quand je joue au football » - Raluca Petre (à droite)©UEFA

 « Je me sens vraiment bien quand je joue au football car j'adore ce sport », explique Raluca. L’idée d’entraîner en plus de jouer est une ambition majeure. « Je veux en faire un projet », rapporte-t-elle avec détermination.

« Le football m’a donné confiance en moi et m’a permis de penser que je peux être comme tout le monde et réussir. Je veux faire carrière et devenir quelqu’un dans le domaine du football. »

« Quand je joue au football, je me sens bien, à ma place », ajoute Beto. Je ne joue pas au football quand il pleut, mais je joue tout le reste du temps ! Quand je serai grand, je veux être footballeur, et je veux être quelqu’un de bien et de généreux. »

Les deux jeunes comprennent parfaitement le pouvoir durable du football en tant que force pour le bien social, et rappellent les valeurs exprimées dans la campagne #EqualGame de l’UEFA.

« Le football m’a aidé à me faire des amis » - Nicușor « Beto » Vasile (à droite)
« Le football m’a aidé à me faire des amis » - Nicușor « Beto » Vasile (à droite)©UEFA

 « Le football m’a aidé à me faire des amis, explique Beto. Je pense que le football est pour tout le monde. »

Raluca est tout à fait d'accord : « Je pense que le football, c’est pour les filles et les garçons. J'ai vu beaucoup de filles de mon quartier qui aiment jouer au football. [C’est] pour les gens du monde entier. » 

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