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Leur chemin vers la finale

Leur chemin vers la finale
France et Espagne avant la finale ©Sportsfile

Leur chemin vers la finale

Le tour final a été moins marqué par la légendaire "chance des Irlandais" que par le tirage au sort qui a offert un "groupe de la mort" et un deuxième groupe où l'historique faisait ressortir deux favoris clairs pour les demi-finales et donc les places pour la Coupe du Monde. Comme le commente l'observatrice technique de l'UEFA, Hope Powell, cela a eu un effet sur les stratégies de jeu dans le Groupe A, où les hôtes et l'Écosse se sont concentrés sur la défense basse contre l'Allemagne et l'Espagne, en acceptant le fait d'avoir seulement de rares occasions d'attaquer. Pour les deux favoris, le défi était de franchir les blocs défensifs. L'Allemagne l'a fait plus efficacement que l'Espagne. Alors que l'équipe de Maren Meinert a marqué 9 buts sur 63 tirs contre l'Écosse et l'Irlande du Nord, les filles de Pedro López ont été décisives seulement trois fois en 47 tentatives, battant le pays hôte 2-0 et devant attendre la 55e minute et une frappe de Patricia Guijarro pour sortir de l'impasse et s'imposer 1-0 contre l'Écosse. L'Allemagne, qui avait commencé avec une victoire 3-0 contre l'Écosse, a décroché un troisième succès consécutif en écrasant les hôtes sur le score de 6-0, un résultat qui aurait pu être plus sévère encore sans une excellente Lauren Perry dans le but. Dans ce groupe, les prévisions étaient vérifiées, l'Écosse et l'Irlande du Nord ne tiraient qu'une fois au but contre l'Allemagne, trois fois contre l'Espagne.

Cela signifiait que les confrontations directes entre les deux favoris et les deux outsiders allaient déterminer le classement du groupe. L'Allemagne a terminé première grâce à sa victoire 2-0 sur l'Espagne, les deux buts marqués d'abord après un contre amorcé par la milieue de terrain Janina Minge et ensuite sur un coup franc frappé par l'arrière droite Dina Orschmann, lancée depuis sa moitié de terrain et qui surprenait la gardienne espagnole.

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Dina Orschmann célèbre sa frappe victorieuse

L'Irlande du Nord et l'Écosse se sont affrontées à Lurgan avec des intentions plus offensives en quête d'une troisième place synonyme de barrage pour la Coupe du Monde. Le 4-3-3 d'Alfie Wylie était rapidement transformé en un 4-1-4-1 défensif, alors que l'équipe reculait en début de match. Les Écossaises jouaient avec patience et construisaient bien, cherchant les ailes avec de longues passes et utilisant des dédoublements avec les latérales pour créer des surnombres. Sur l'un de ces mouvements, un but était inscrit quelques secondes après la reprise. La buteuse Kirsty Hanson faisant trembler les filets à la suite d'une longue passe. Wylie était en quête du bon résultat en basculant sur une défense à trois, il en était récompensé à cinq minutes de la fin quand un corner venu de la gauche était détourné de la tête dans son propre but à la remplaçante Louise McDaniel. Le match nul 1-1 laissait ces deux équipes à égalité, mais à la différence de buts l'Écosse était en tête et allait jouer les barrages de la Coupe du Monde.

Lorsque le "groupe de la mort" s'est lancé, les Néerlandaises pouvaient profiter d'un élan psychologique moins de 48 heures après que l'équipe Seniors eut remporté l'EURO féminin 2017. La France commençait bien avec une performance dominée par le physique pendant la première période où son dispositif défensif avait du mal, toutefois, à contenir le positionnement de Victoria Pelova entre les lignes. À 2-0 à la pause, le score aurait pu être plus lourd sans les prouesses de la gardienne Mylène Chavas. Une seconde période pleine de fougue de la France se brisait à son tour sur les gants de Lize Kop, la gardienne orange. Dans le même temps, les combinaisons anglaises à une ou deux touches de balles donnaient à cette équipe l'avantage sur l'Italie dont le but tardif ne parvenait pas à inverser la tendance après le break réalisé par l'Angleterre.

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Les Pays-Bas célèbrent leur victoire sur l’Angleterre

Au cours de la deuxième journée, l'Angleterre, qui n'avait pas concédé le moindre but en qualification, s'inclinait sur un corner néerlandais, pour le premier but de la rencontre. Le deuxième est arrivé juste avant la pause, sur une erreur d'inattention et, à mettre au crédit de l'attaque directe et du jeu vertical auquel l'équipe de Mo Marley ne trouvait pas de réplique. La déception française après la défaite lors du premier match ne faisait que croître lorsque l'Italie ouvrait le score. Cela obligeait Gilles Eyquem à lancer, après seulement 28 minutes, son ailière Emelyne Laurent qui inscrivait un but et donnait trois passes décisives, alors que les Italiennes étaient submergées (6-1). La France pourrait poursuivre la défense de son titre si elle évitait la défaite contre l'Angleterre lors de la troisième journée. Les Françaises entamaient ce match avec prudence, jouant le contre, et se reposant, une fois de plus, sur l'excellent jeu de Chavas. L'Angleterre mettait de l'intensité, mais elle n'était pas récompensée. À la 88e minute, un contre suivi d'une frappe déviée de la remplaçante Lina Boussaha permettait à la France de s'imposer contre le cours du jeu et de remporter une place en demi-finales. L'Angleterre, éliminée de ce tournoi, avait la consolation de pouvoir jouer un match de barrage contre l'Écosse pour une qualification à la Coupe du Monde. Pendant ce temps, les Pays-Bas consolidaient leur première place avec une performance qui ne satisfaisait toutefois pas Jessica Torny. Elle voyait son équipe ayant subi de nombreux changements devoir revenir après avoir inscrit un but contre son camp pour mener 2-1 à la pause. Les Pays-Bas avaient besoin d'un but inscrit à la 94e minute par leur remplaçante Ashleigh Weerden pour faire match nul 3-3 et renvoyer l'Italie à la maison avec dans ses bagages un seul point.

Les Pays-Bas ouvraient leur demi-finale avec un fort pressing collectif de manière à perturber la construction espagnole. Pendant cette période, il semblait que cette puissance physique pourrait payer. L'Espagne, cependant, laissait passer l'orage et se mettait dans le match en jouant son propre jeu, gagnant des duels au milieu de terrain et concédant peu d'occasions tandis que le jeu de passes et les duels sur les côtés, surtout à gauche, lui permettaient de dominer. Le premier but allait toutefois arriver de l'axe, juste après la pause, quand Lucía García se défaisait de son marquage pour se présenter face à Lize Kop. Moins d'une minute après, c'était l'Espagne qui était en difficulté après avoir concédé le but de légalisation sur une inattention défensive qui permettait à Victoria Pelova de déposer la gardienne adverse et d'égaliser. Mais le bon jeu de passes, surtout côté droit, permettait à l'Espagne de centrer et sur l'un de ces centres l'infatigable milieue de terrain Maite Oroz était à la conclusion. Ensuite, Patricia Guijarro marquait deux fois. Les débats semblaient alors clos. Les Pays-Bas passaient à deux attaquantes, Joëlle Smits pouvait convertir une passe longue et ménager le suspense pour la fin. L'Espagne, cependant, gérait son avantage et atteignait la finale pour la quatrième année consécutive.

Temps forts : demi-finale, Pays-Bas 2-3 Espagne

L'élimination du vainqueur du "groupe de la mort" et Guillaumet l'autre vainqueur de groupe. La puissance, la mobilité et le mouvement allemand faisaient reculer la France dans un 4-1-4-1 très bas, qui avait du mal à résister. Les Françaises redonnaient rapidement le ballon à leurs adversaires, mais cette domination n'accouchait que d’un but dans les 45 premières minutes, quand la buteuse Klara Bühl s'infiltrait dans la défense française pour battre l'excellente Mylène Chavas.

Temps forts : demi-finale, Allemagne 1-2 France

Gilles Eyquem nous sortait alors sa spéciale, le remplacement gagnant, comme il avait fait contre les Pays-Bas. Il effectuait deux changements à la pause, faisant entrer Julie Thibaud pour muscler son milieu de terrain et demandant à Emelyne Laurent d'user de sa vitesse et de ses capacités dans l'axe pour aller provoquer la défense centrale allemande, alors que la bouillante attaquante Mathilde Bourdieu passait à droite. Le match changeait alors totalement de visage. Au lieu du sauve-qui-peut, la France commençait à combiner et l'Allemagne ne voyait plus le ballon et ne pouvait exercer sa puissance en sa possession. La tendance était inversée en trois minutes, d'abord par une tête de Julie Thibaud, libre de tout marquage sur un corner venu de la droite ; et ensuite par une superbe passe qui trouvait de Laurent, laquelle remportait son duel face à la gardienne Vanessa Fischer. Contre toute attente, les deux vainqueurs de groupes étaient éliminés. Belfast allait voir une réédition de la finale de l'année précédente en Slovaquie entre la France et l'Espagne.

https://fr.uefa.com/womensunder19/season=2017/technical-report/road-to-the-final/index.html#leur+chemin+vers+finale