La finale

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L'ascenseur émotionnel de Lyon

"Un bel ascenseur émotionnel", voici comment la milieu lyonnaise Amandine Henry décrivait la finale de l'UEFA Women's Champions League 2015/16. Les Françaises auraient pourtant pu acquérir facilement leur troisième couronne européenne, mais le football, ce n'est pas aussi simple.

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Ada Hegerberg a rapidement donné l'avantage à Lyon

Dès que l'arbitre hongroise Katalin Kulcsár sifflait le coup d'envoi, il était évident que les deux entraîneurs avaient décidé d'entrer dans l'histoire. Gérard Prêcheur optait pour un 3-1-4-2 inhabituel, les arrières centrales Henry, Wendie Renard et Griedge M’Bock Bathy jouant sous la protection de Saki Kumagai au milieu.

Du côté du VfL Wolfsburg, Ralf Kellermann se lançait lui aussi dans une formation peu familière, un 4-5-1. Babett Peter opérait aux côtés de Nilla Fischer dans l'axe de la défense, les deux joueuses étant accompagnées de Lara Dickenmann à droite et d'Isabel Kerschowski à gauche, deux joueuses habituées au milieu de terrain plutôt qu'aux postes d'arrières latérales. Élise Bussaglia occupait évoluait en tant que récupératrice dans un milieu très peuplé, Vanessa Bernauer à sa droite et Lena Goessling à sa gauche, tandis que les ailes étaient occupées par Anna Blässe et Alexandra Popp. Devant, la dynamique Zsanett Jakabfi jouait en pointe. On voyait fréquemment 30 mètres entre l'attaquante hongroise et sa coéquipière la plus proche alors qu'elle tentait de mettre la pression sur les défenseuses lyonnaises.

La décision de l'OL d'aligner trois joueuses en défense permettait d'empêcher les milieux de Wolfsburg d'exploiter un certain avantage numérique. La bonne possession de balle de Lyon, reposant sur une technique impeccable, lui permettait d'éviter le pressing, d'amorcer de jolies attaques et de mettre Wolfsburg dos au mur. Alors que Louisa Necib et Camille Abily se lançaient en attaque dans l'axe, les latérales Amel Majri à gauche et Pauline Bremer à droite faisaient parler leur vitesse. C'est d'ailleurs cette dernière qui aidait Ada Hegerberg à trouver la faille après une dizaine de minutes de jeu. Kumagai servait Bremer, qui passait Kerschowski et centrait en retrait pour la Norvégienne, auteure de son 13e but de la saison.

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Wolfsburg a dû se battre pour rester dans le match

Les Françaises dominaient tellement que Wolfsburg ne parvenait à rétorquer, mis à part sur plusieurs corners d'affilée vers la demi-heure de jeu. Les Allemandes devaient alors se concentrer sur leur défense tandis que la gardienne lyonnaise Sarah Bouhaddi et ses trois défenseuses construisaient le jeu pour permettre à Lyon de s'incruster dans la moitié de terrain adverse. Eugénie Le Sommer combinait bien avec Hegerberg, et Almuth Schult devait montrer l'étendue de ses talents dans les buts de Wolfsburg, notamment sur une talonnade d'Hegerberg et une frappe à bout portant de Le Sommer.

Les Allemandes évoluaient bas et se faisaient rappeler à l'ordre par leur capitaine Fischer, qui demandait à ses coéquipières de défendre plus haut pour espérer créer des situations de contres.

Kellermann apportait le premier changement à la 59e minute quand il remplaçait Jakabfi par Ramona Bachmann pour apporter de la vitesse. Alors que Fischer continuait à montrer sa frustration sur le terrain, Kellermann effectuait un autre remplacement. Cette fois Tessa Wullaert remplaçait la milieu Bernauer pour accompagner Popp devant. Wolfsburg passait alors à un 4-4-2, mais Lyon continuait de dominer. En effet, Kumagai aidait son équipe à conserver le ballon grâce à ses magnifiques passes – qui lui ont aussi valu le titre de Joueuse du match de l'UEFA. Rien ne semblait pouvoir perturber Lyon.

Alors que l'horloge continuait de tourner, Prêcheur essayait deux changements audacieux : il remplaçait Le Sommer par Lotta Schelin puis, après avoir reçu un coup, Bremer laissait sa place au poste d'arrière droit à Élodie Thomis, une joueuse très offensive. Trois minutes plus tard, Wolfsburg exploitait un espace derrière la Française. Le centre de Kerschowski, libre de tout marquage, échappait à la vigilance de Bouhaddi et retombait sur la tête de Popp au deuxième poteau. La détermination de Wolfsburg en défense et sur le plan mental lui permettait ainsi d'égaliser en toute fin de match pour renverser l'équilibre psychologique de la rencontre.

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Alexandra Popp a marqué pour obtenir la prolongation

Cette égalisation à la 88e minute était un véritable uppercut pour Lyon en prolongation. Attaquant en 4-3-3, et disposant maintenant de suffisamment de joueuses offensives pour réaliser un pressing haut, Wolfsburg sollicitait Bouhaddi. Abily recevait un carton jaune pour une faute sur Bachmann. Les Allemandes, très longtemps dominées, sentaient la victoire. Lyon devait puiser dans ses dernières ressources mentales, et y parvenait ! Les Lyonnaises retrouvaient la fluidité de leurs passes en fin de première période de la prolongation et apportaient à nouveau le danger devant les buts de Schult. Cette dernière se montrait magnifique et faisait savoir qu'il faudrait certainement compter sur elle pendant la séance des tirs au but.

Devant la tribune nord, face au soleil couchant, Bouhaddi était la première à prendre place entre les poteaux, mais était battue par Popp. Schult repoussait ensuite le tir au but d'Hegerberg, laissant croire que Wolfsburg prenait à nouveau l'ascendant psychologique. Mais après les quatre penalties suivants – gagnants – Bouhaddi se couchait sur la gauche pour repousser le tir de Fischer et remettre les deux équipes à égalité. Quand Élise Bussaglia s'avançait pour tirer le cinquième penalty de Wolfsburg, la gardienne lyonnaise réitérait l'exploit et Kumagai, Joueuse du match, n'avait plus qu'à transformer le tir décisif.

Alors que les Lyonnaises se précipitaient sur Bouhaddi pour fêter la victoire, les joueuses de Wolfsburg restaient silencieuses dans le rond central, comme abasourdies. Elles avaient pourtant bataillé dur pour en arriver là, elles s'étaient mises en position de victoire. Mais au final, l'ascenseur émotionnel les a fait redescendre au point de départ. C'est Lyon qui réalisait un tour d'honneur, savourant sa revanche de la finale 2013 perdue face aux mêmes adversaires.

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Lyon a eu recours aux tirs au but pour remporter son troisième trophée européen

https://fr.uefa.com/womenschampionsleague/season=2016/technical-report/the-final/index.html#lascenseur+emotionnel+lyon