Lair : "Je suis un meilleur entraîneur"

Patrice Lair, 56 ans, a mené deux fois l'Olympique Lyonnais à la victoire dans l'UEFA Women's Champions League. Jeudi, il est face à l'OL en finale sur le banc de Paris.

Patrice Lair : "Faire déjouer Lyon"
Patrice Lair : "Faire déjouer Lyon" ©Sportsfile

UEFA.com : Comment allez-vous aborder la finale face à Lyon qui est le champion en titre ?
Patrice Lair : On va être conquérants. Je connais la quasi-totalité de l'effectif de Lyon. Je connais l'encadrement, le contexte du club, le président, on est toujours en relation. Cela va être spécial, il ne faut pas dire le contraire. Mais on y va pour leur poser des problèmes. On va essayer de les faire déjouer et on va aussi montrer que nous pouvons conserver le ballon et nous procurer des occasions et si possible les concrétiser (...). On va devoir se sublimer.

Que vous apporterait de remporter le trophée ?
Cela représenterait beaucoup de choses pour le Paris-Saint-Germain, mais surtout pour la section féminine. Cela nous permettrait vraiment d'exister. Aujourd'hui, on existe, mais pas encore à 100 %. Je sais qu'à Lyon, quand on a gagné, on a pris un crédit énorme au sein du club. On a été reconnus. Pour Paris, il faut la gagner le plus rapidement possible. Si c'est cette année, c'est extraordinaire.

Avez-vous des contacts avec Gérard Prêcheur, l'entraîneur lyonnais ?
Gérard ? Non. On est deux entraîneurs, on se respecte, on se salue. Nous sommes deux entraîneurs qui avons réussi à l'Olympique Lyonnais, ce n'est pas toujours facile. Gagner des titres, ce n'est jamais facile. Gérard est champion de France, c'est tout à son honneur. C'est quelqu'un pour lequel j'ai beaucoup de respect. On aura plaisir à se revoir pour cette finale.

Quelles sont les qualités de votre équipe ?
L'état d'esprit. Je pense qu'on a recréé quelque chose cette année. On ne gagne pas des matches sans talent, mais il y a beaucoup de solidarité, un état d'esprit, une joie de vivre, c'est très important. Il y a eu un bon amalgame avec les joueuses étrangères, les jeunes et les joueuses plus expérimentées. Peut-être aussi de ma part un discours plus positif que par le passé.

Quel type d'entraîneur êtes-vous ?
Je suis un entraîneur assez offensif, que ce soit avec Lyon ou Montpellier, on a toujours produit un football assez offensif. J'ai aussi eu la chance d'avoir de bonnes joueuses qui m'ont permis de gagner pas mal de titres. C'est vrai que je suis dans l'exigence de tous les jours. Parfois, cela peut secouer le groupe, mais avec le temps je pense aussi que je me suis amélioré. Je laisse un peu plus les filles dialoguer. Je pense que de ce côté-là, je suis aujourd'hui un meilleur entraîneur que j'ai pu l'être peut-être à Lyon ou à Montpellier.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans le football ?
Moi, c'est la compétition, les titres. Être capable de relever des défis, des challenges comme celui du Paris-Saint-Germain cette saison. Au début, les dirigeants me donnaient une année de transition. Cette année de transition n'a pas été trop mal réussie quand même. On n'a pas fini deuxième ou premier au championnat, mais en finale en Coupe et en Champions League. C'est plutôt une bonne surprise. Il y a une grosse progression. Si on pouvait prendre un titre dès cette année, ce serait du temps de gagné. C'est en tout cas l'objectif.

Quels sont vos souvenirs des deux victoires avec Lyon ?
Le moment le plus fort, ce fut à Munich, avec 50 000 spectateurs, devant le public allemand alors que je tiens pour référence le football féminin allemand. Gagner une UEFA Champions League, ça reste toujours un grand moment, même la défaite contre Wolfsburg, c'était sympa aussi. Je vais avoir la chance de pouvoir en jouer une quatrième, c'est quelque chose d'énorme. Je prends toujours un énorme plaisir. C'est sûr, le plaisir est encore plus grand quand on ramène le trophée.

Pensez-vous que la France soit devenue la meilleure nation européenne de football féminin ?
Il y a eu une bonne progression. Mais cela n'enlève rien à la qualité du football allemand. C'est un pays qui est costaud, qui est fier et qui va retrouver tout de suite les ressources pour revenir au plus haut niveau. Pour nous, c'est bon signe et j'espère que ce sera très bon signe aussi pour l'équipe de France au Championnat d'Europe. J'espère qu'on va démontrer enfin de bonnes choses.

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