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Points de débat

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Pause fraîcheur entre la Suède et la République tchèque ©Sportsfile

Points de débat

Chaud !

Les premiers matches de ce Championnat d'Europe des moins de 19 ans se sont déroulés sous des températures qui ont rendu obligatoires les pauses fraîcheur, mais ces temps morts ont-ils été suffisants pour les joueurs ? Avec une température atteignant parfois les 40°C sur la pelouse, surtout pendant le mal nommé échauffement, les effets de la chaleur ont été clairement visibles.

"Lorsque vous jouez par de telles températures, vous ne pouvez pas être performant", a déclaré l'observateur technique de l'UEFA Savvas Constantinou. "Vous ne pouvez même pas vous concentrer et penser clairement, avant même de parler de football. Ça vous ramollit le cerveau."

Pour ne rien arranger, le soleil arrivait droit dans les visages des joueurs assis sur les bancs, ce n'était donc pas réellement du sang frais qui était en mesure d'entrer en jeu. Les joueurs qui faisaient leur apparition en cours de match n'étaient pas vraiment capables de donner un coup de fouet au rythme de ce dernier, leur énergie étant amoindrie par la chaleur sous laquelle ils attendaient la chance d'entrer.

L'Angleterre a choisi de placer un parasol devant ses remplaçants pour son troisième match contre l'Allemagne, afin de préserver ses joueurs de la chaleur, mais peut-être que des coups d'envoi plus tardifs auraient été une solution plus naturelle pour faire en sorte que les joueurs puissent être performants.

Plus de joueurs ?

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Les groupes comporteront 20 éléments, au lieu de 18, à partir de l'année prochaine

Les entraîneurs du Championnat d'Europe des moins de 19 ans de l'UEFA ont apporté leur soutien à la décision de l'UEFA de permettre la convocation de 20 joueurs pour les phases finales de jeunes à partir de l'année prochaine.

Contrairement à la situation actuelle, où le nombre maximum de joueurs convoqués est fixé à 18, deux joueurs de plus auront donc l'opportunité d'emmagasiner de l'expérience dans des phases finales de jeunes à partir de 2018, et c'est une décision qui a reçu une large approbation.

"C'est très bien parce que cela aide davantage de jeunes joueurs qui peuvent se montrer sous le maillot de leur équipe nationale, cela aide le sélectionneur à construire son équipe et à perfectionner son organisation", a déclaré le sélectionneur géorgien George Kipiani. "Il peut y avoir des blessures et des suspensions de manière à ce qu'il soit difficile de travailler avec seulement 12 ou 13 joueurs, alors je suis très heureux que l'UEFA ait pris cette décision de passer à 20 joueurs à partir de l'année prochaine. Ce sont des opportunités importantes pour de jeunes joueurs de faire preuve de leur talent et c'est l'occasion aussi de leur apprendre le respect."

Le sélectionneur du Portugal, Hélio Sousa, a ajouté : "Je pense que ce sera un changement positif de pouvoir compter sur 20 joueurs – cela va faire deux joueurs de plus qui pourront entrer en jeu et vivre ces moments qui sont uniques et inoubliables. Nous aurons davantage de décisions à prendre, mais aussi des joueurs plus en forme pour chaque match, qui pourront disputer des rencontres de manière plus intense, et l'UEFA va bénéficier de cela parce que le spectacle sera meilleur pour le public et les joueurs prendront davantage de plaisir dans les matches."

Pour Sousa, il n'y a pas que le nombre de joueurs dans les groupes qui devrait augmenter.

"Si l'UEFA fait ce qu'elle a fait avec les U17 et passe à 16 équipes, la compétition deviendra plus importante et y gagnera", affirme-t-il. "Ici, nous n'avons pas la France, nous n'avons pas l'Espagne, le tirage au sort a condamné l'une de ces deux équipes à ne pas être présente et c'est une perte pour l'UEFA et pour la compétition. Ce sont des pays qui ont de grands joueurs et cela peut les faire progresser d'être présents ici."

Chez les moins de 17 ans, vous avez trois ou quatre équipes qui ont progressé à partir de cela en quelques années seulement. Elles sont devenues plus fortes. Mais parfois, elles ne peuvent pas venir à la phase finale parce qu'elles terminent à la deuxième place, ce qui leur fait rater la chance de vivre ce tournoi. Les joueurs sont à un âge important pour pouvoir toucher leur rêve."

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Le sélectionneur de l'Angleterre, Keith Downing

Le moment propice

Les dates du Championnat d'Europe des Moins de 19 ans restent très discutées. La date actuelle du mois de juillet semble à présent difficilement soutenable. Dans toute l'Europe, des clubs appartenant aux meilleurs championnats entament à cette époque leur préparation pour la saison à venir. Les sélectionneurs des équipes nationales ont de plus en plus de difficultés pour les convaincre de mettre leurs joueurs à disposition, même s'ils ne sont pas assurés de jouer dans les équipes premières de leur club dans la saison à venir.

"Je ne sais pas ce qui peut être tenté, mais cela influe sur la qualité des joueurs", a noté le sélectionneur de l'Angleterre Keith Downing. "Il nous a manqué six joueurs qui auraient eu leur place. Les meilleurs joueurs ne viennent pas, pour diverses raisons. La préparation estivale débute dans notre pays et ils doivent choisir s'ils veulent rester là-bas. C'est dommage, ce serait vraiment bien si tout le monde pouvait se présenter avec ses meilleurs joueurs. C'est toujours mieux d'affronter les meilleurs, de s'étalonner contre les meilleurs. Pour la progression, c'est un peu l'alpha et l'oméga."

Pourtant, Downing pourrait se considérer comme plutôt privilégié de ne perdre "que" six joueurs. Le sélectionneur néerlandais Maarten Stekelenburg a évalué à 22 le nombre de ses joueurs non disponibles pour le tournoi, reconnaissant que certains étaient absents sur blessure. "Six ou sept" ont fait l'impasse pour l'Allemagne, selon le sélectionneur Frank Kramer. Son homologue suédois Claes Eriksson se plaint de la perte d'un nombre similaire d'éléments. Downing a concédé qu'il avait dû faire appel à des joueurs qui n'étaient pas, à la base, sur la liste des 33 établie par son service de détection.

En étant hors des périodes de matches internationaux du calendrier FIFA, les sélectionneurs ont les mains liées. "Je pense que la fin de la saison serait une bonne période pour ce tournoi", a suggéré Stekelenburg. "Lorsque les championnats se terminent, à la mi-mai, une semaine plus tard, le tournoi pourrait débuter."

Échanger les dates avec le Championnat d'Europe des moins de 17 ans de l'UEFA, qui se tient en mai, pourrait être une possibilité. "Ce que j'aime concernant les moins de 17 ans, c'est que tous les meilleurs joueurs sont présents, il n'y a pas de discussions avec les clubs qui gardent leurs meilleurs joueurs et c'est quelque chose de bien pour cette catégorie d'âge", a ajouté Stekelenburg. "Si vous disposez de vos plus grands talents chez les moins de 17 ans et que vous regardez ce que j'ai aujourd'hui chez les moins de 19 ans, il n'y a pas une grande différence, mais il devrait y en avoir une."

Les clubs seraient-ils satisfaits de voir leurs joueurs les quitter pour un tournoi à la fin de la saison nationale, ou bien préféreraient-ils qu'ils se reposent avec une vraie intersaison ?

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La délégation de l'Azerbaïdjan en Géorgie

Progression sur et en dehors du terrain

Alors que l'on ne peut pas nier que les tournois de jeunes de l'UEFA sont des événements importants pour la progression des joueurs, cela s'applique aussi aux entraîneurs.

L'Azerbaïdjan a envoyé une délégation de candidats à la Licence Pro UEFA alors que le pays organisateur, la Géorgie, était aussi présent en force par ses entraîneurs venus suivre le tournoi. Gaioz Darsadze, le directeur de la formation de la Fédération géorgienne de football (GFF), a expliqué combien l'accueil d'un tel tournoi lui avait offert, ainsi qu'à ses entraîneurs, une expérience inestimable.

"C'est génial pour la Géorgie", a-t-il déclaré. "Ce tournoi était intéressant d'un point de vue professionnel et il était important de voir comment les différentes nations développent leur philosophie de jeu et de voir les tendances modernes du football européen."

"Nous avons notre formation de Licence A qui se déroule en ce moment et c'est une grande chance pour nos entraîneurs de voir comment les équipes travaillent ici. Quels sont les défis techniques qu'ils entendent relever et comment leur système de jeu évolue. Comment les entraîneurs effectuent leurs changements pendant les matches. Les étudiants, pendant ce tournoi, ont assisté à tous les matches et nous sommes en train d'analyser tous ces matches, c'est une grande opportunité pour nous."

La progression était double par conséquent, il y avait celle des joueurs et celle des entraîneurs.

"Nous souhaiterions faire progresser nos entraîneurs, faire progresser leurs connaissances parce que lorsque les entraîneurs progressent, le football dans son ensemble avance dans le pays, parce que c'est un instant clé pour le football géorgien", a ajouté Darsadze. "L'équipe géorgienne a bien joué, mais nous n'avons pas beaucoup de joueurs talentueux individuellement, alors que le football est un sport d'équipe. Nous devons améliorer ce domaine, c'est la raison pour laquelle il est important pour nous de voir comment les autres – les meilleurs – procèdent. Ces joueurs sont l'avenir de l'équipe nationale et il est important pour nous de nous concentrer sur leur progression."

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Demi-finale entre la République tchèque et l'Angleterre

Pour la formation

Beaucoup de choses peuvent être apprises de la richesse du matériel documentaire sur l'entraînement – y compris du rapport technique de l'UEFA –, mais observer et analyser l'action en direct, il n'y a pas mieux comme formation pour un entraîneur.

Les tournois de jeunes de l'UEFA sont une occasion idéale pour analyser les matches, nombreux à se dérouler dans une courte période de temps. Pourrait-on mieux profiter de cette opportunité ?

"Peut-être que le Groupe d'études techniques pourrait se réunir pendant ces tournois, ce serait intéressant pour les entraîneurs des moins de 17 ans et des moins de 19 ans des nations qui ne sont pas présentes ici", a suggéré Ghenadie Scurtul. "Ils pourraient constater les talents des joueurs et leur influence, en particulier pour des pays qui essaient de se développer."

L'exemple des délégations d'Azerbaïdjan et de Géorgie confirme que les nations en expansion ont envie de combler l'écart avec les meilleures nations en observant attentivement ce que ces dernières font concrètement. "Les entraîneurs veulent analyser les matches qui se déroulent ici", affirme Savvas Constantinou. "Ils se concentrent sur l'analyse des matches, conscients que c'est une bonne chance pour eux d'analyser les matches en direct."

Lors du Championnat d'Europe des moins de 21 ans, en Pologne, Ghenadie Scurtul était à la tête d'une telle délégation. Le tournoi s'est terminé juste avant le début de celui qui a eu lieu en Géorgie.

"Pour mes aspirants, je voulais montrer comment les meilleurs joueurs en Europe évoluent – ils le savent, mais ils n'ont pas vu cela auparavant sur le terrain", a-t-il expliqué. "Ce fut une grande surprise pour eux après le premier match. Il y avait 10 nations différentes présentes avec leurs spécialistes de l'entraînement des moins de 21 ans, et je pense qu'il y a moyen d'organiser des études à ce sujet." Les moins de 19 ans pourraient-ils constituer une plate-forme pour l'avenir ?

https://fr.uefa.com/under19/season=2017/technical-report/talking-points/index.html#points+debat