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Points de débat

Points de débat
Avoir des joueurs éxpérimentés en club, un plus, mais pas pour tous ©Sportsfile

Points de débat

Dix-neuf ans et déjà de l'expérience ?
En théorie, les 156 joueurs qui ont pris part à la phase finale étaient à un stade comparable de leur carrière. On peut toutefois se le demander. Le sélectionneur de l'Italie Paolo Vanoli a déclaré, à la veille de la finale contre la France : "Leurs joueurs comptent 195 matches dans les deux premières divisions du football français. Leur gardien, Paul Bernardoni, a joué 21 matches pour Bordeaux. Le nôtre et numéro trois à Udine. Nous ne pouvons pas nous comparer à eux en ce qui concerne l'expérience".

Nous avons la chance, en France, d'avoir beaucoup d'entraîneurs qui font confiance aux jeunes joueurs.
Ludovic Batelli, sélectionneur de la France

Sa remarque a suscité des réflexions. L'exode des joueurs français dans les autres championnats ouvre évidemment la porte à de très jeunes joueurs et a permis à Ludovic Batelli de sélectionner une équipe forte sur la base de joueurs évoluant dans le pays et ayant une expérience au plus haut niveau. Au contraire, les joueurs de Vanoli sont arrivés en Allemagne en ayant peu ou pas d'expérience dans l'équipe première de leur club. Par exemple, l'arrière gauche, Federico Dimarco, est licencié au FC Internazionale puis prêté en deuxième division à Ascoli pour la saison 2015/16, et, après le tournoi, à l'Empoli FC, où il espère avoir du temps de jeu en Serie A. "J'ai réalisé que le football au plus haut niveau est difficile sur le plan de l'intensité", a-t-il concédé.

Des paramètres similaires peuvent être observés chez les autres participants. Les attaquants anglais Dominic Solanke et Izzy Brown, par exemple, avaient passé la saison 2015/16 en prêt de la part de Chelsea dans le club néerlandais du FC Vitesse. L'entraîneur portugais Emilio Peixe a sélectionné des joueurs dans leur grande majorité évoluant au pays (huit d'entre eux venaient du SL Benfica) et la plupart évoluent dans les équipes de jeunes. Cinq membres du groupe croate, au contraire, ont été engagés par des clubs en Italie, Allemagne et Belgique.

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Dominic Solanke était prêté par son club Chelsea, cette saison

Ce succès dans les clubs avait pour conséquence un insuccès dans le tournoi en Allemagne. L'Autriche était privée de deux joueurs importants qui n'ont pas pu être libérés. Le groupe des Pays-Bas était également privé d'éléments clés après des discussions avec les clubs néerlandais et anglais. Le groupe français aurait pu comprendre des joueurs basés en Allemagne et en Espagne. La Croatie était privée de cinq joueurs clés, qui n'ont pas été libérés par leur club parce qu'ils devaient jouer en UEFA Champions League ou en UEFA Europa League. L'entraîneur Ferdo Milin remarquait : "Dans l'équipe qui a joué ses matchs amicaux de préparation contre le Qatar, aucun joueur n'était présent en Allemagne. Et de ceux qui ont joué en Chine, il n'en restait que cinq pour la phase finale".

Par conséquent, la Croatie a fait entrer dans son groupe huit joueurs nés en 1998 (sur les 21 présents dans le tournoi, avec deux Portugais nés en 1999) pour leur donner de l'expérience internationale. Les points de débats, cependant, sont variés. Qu'est-ce qui pourrait être fait pour être sûr que les joueurs soient libérés pour ces dates qui sont en dehors du calendrier FIFA, surtout par les clubs qui ont peu de raisons de soutenir les équipes nationales des autres pays ? À quel point l'expérience en club a-t-elle un intérêt quand il s'agit de se battre pour des titres ou des places en Coupe du Monde à ce niveau ? “Je pense que c'est un avantage de jouer avec des équipes professionnelles", répond Batelli. "Nous avons la chance, en France, d'avoir beaucoup d'entraîneurs qui font confiance aux jeunes joueurs."

À ce moment crucial où le joueur est entre les jeunes et le football professionnel, est-ce qu'il faut faire quelque chose pour modifier son itinéraire de talent émergeant ? Faut-il encourager les entraîneurs à "faire confiance aux jeunes joueurs" ?

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Les coups d'envoi n'étaient pas simultanés pendant la phase finale

Indispensable fraîcheur


Lors du tournoi en Allemagne, les coups d'envoi ont été donnés entre la mi-journée et le soir. Les coups d'envoi donnés à midi ont connu beaucoup de succès concernant leur attractivité envers des groupes d'écoliers, mais cela n'a pas vraiment plu aux staffs techniques qui devaient prévoir le repas d'avant-match à environ 8h30. Et bien entendu, les observateurs techniques ont eu le sentiment que ces matches joués au milieu de la journée ont été accomplis avec moins d'intensité. L'équipe néerlandaise a joué tous ses matches à cette heure-là.

Lors de l'EURO des grands, en France, il a été demandé aux arbitres de commander une pause fraîcheur au milieu de chaque période si la température excédait 32°C. En Allemagne, même si la température n'a pas été torride, une procédure similaire a été mise en place. Il est bon d'ailleurs de noter que le temps de cette pause fraîcheur n'a pas été décompté à la fin des périodes, même si l'arbitre avait ostensiblement son doigt sur sa montre pendant deux minutes.

Le plus important, cependant, c'était que les entraîneurs étaient tous conscients que cette pause fraîcheur était une grande opportunité pour donner quelques instructions à leurs troupes. Ils en sont rapidement devenus coutumiers. "S'il a eu un temps mort dans le match de la mi-journée dans chaque période, pourquoi n'en aurais-je pas un alors que les températures ne sont que de 2° inférieurs ?" Dans ces conditions chaudes, la pause fraîcheur est évidemment un point positif en ce qui concerne la santé des joueurs. Mais sur un ton plus provocateur, c'est aussi une invitation à donner des consignes à son équipe.

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L'Allemagne a battu les Pays-Bas en barrages du Mondial

Attaquer en bloc ?
Voici le scénario. L'arbitre signale coup franc sur le côté droit. Suivant une tendance assez moderne, les équipes qui défendent se tiennent à l'entrée de la surface de réparation. Mais un membre de l'équipe adverse se met 3 m plus loin que la ligne des défenseurs, dans une position de hors-jeu évidente. Quand son coéquipier prend son élan pour botter le coup de pied arrêté, il revient à toutes jambes pour ne pas se mettre hors-jeu. (de toute façon, il ne serait pas signalé car son intention n'est pas de jouer le ballon). Alors que ses coéquipiers en attaque se précipitent à surface, il entre en collision avec la défense adverse, son garde du corps ainsi éliminé, ses coéquipiers peuvent se démarquer et offrir des occasions de but. Le règlement est-il enfreint dans ces cas-là ?

Quatrième remplacement
Une page d'histoire s'est écrite lors du match de barrage pour la participation à la Coupe du Monde de la FIFA entre l'Allemagne et les Pays-Bas. Aron Winter est devenu le premier coach à faire entrer un quatrième remplaçant. Il a choisi de la faire alors que son équipe venait d'encaisser le but du 2-3 et se trouvait menée. Quatre minutes plus tard, l'arrière gauche allemand Jannes Horn était victime d'une blessure et ne pouvait continuer.

Les observateurs techniques de l'UEFA en Allemagne ont donné leur approbation au vu de cette première expérience qui va se poursuivre sur les autres compétitions de jeunes. Ces observateurs ont eu le sentiment que c'était positif et que cela donnait entraîneur une chance de répondre tactiquement à une nouvelle situation de match. Ils ont eu le sentiment également que c'était légitime pour des équipes qui ont à disputer 110 ou 120 minutes de match. Êtes-vous d'accord ?

https://fr.uefa.com/under19/season=2016/technical-report/talking-points/index.html#points+debat