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En route vers la finale

En route vers la finale

Dans un tournoi qui a débuté 13 heures seulement après que le Portugal a brandi le trophée Henri Delaunay à Saint-Denis, beaucoup de questions ont été soulevées par l'UEFA EURO 2016, un événement très frais dans les esprits. Était-ce une coïncidence, par exemple, que les vainqueurs de groupe en France aient remporter leur premier match ? Le pays organisateur s'est fait fort de tester les capacités défensives de l'Italie. Il a remporté son "match" par 16 tirs et 12 corners contre 2 et 0, mais il s'est incliné. L'Allemagne a dû s'avouer vaincue sur un penalty en fin de match consécutif à une rare contre-attaque, stoppée par une main allemande dans la surface. Obnubilés par la volonté de trouver leur attaquant Janni Serra, les Allemands ont souvent échoué sur l'épatant gardien italien Alex Meret.

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Les Allemands ont vécu un début de tournoi compliqué

Par bonheur pour les hôtes de ce tournoi, l'autre match du Groupe A se terminait par un partage des points entre Autrichiens et Portugais. Les deux équipes ont pressé haut pendant certaines périodes du match, les transitions ont été rapides et efficaces ; et le jeu de passe précis du Portugal a été gêné par la compacité du bloc défensif autrichien, qui était assez bien organisé pour gérer la menace portugaise en contre-attaque.

On ne peut pas en dire de même pour l'Allemagne, qui rencontrait la formation d'Emilio Peixe pour son deuxième match. Dès l'entame, le pays organisateur a pris l'initiative, attaquant avec fougue et intensité, acculant son adversaire dans ses 30 m et l'obligeant à jouer long. Un but bien construit a semblé donner un bel avantage à l'équipe de Guido Streichsbier. Mais ce fut loin d'être le cas. Deux contres rapidement menés avant et après la pause ont fait passer le Portugal en tête et, bien que deux penalties aient donné l'occasion à Phillipp Ochs de signer le premier triplé de ce tournoi, ils n'ont pas été suffisants pour empêcher une défaite 4-3 qui leur a coupé l'accès aux demi-finales.

Le deuxième match de l'Autriche s'est soldé par un nul 1-1. Usant d'un jeu direct, les Autrichiens ont exploité les courses et les tirs de loin (l'un d'entre leur a permis de prendre l'avantage). En trois minutes, cependant, l'Italie revenait à égalité grâce à Manuel Locatelli sur coup franc. Les qualités défensives de l'Italie faisaient en sorte qu'aucun autre but n'était marqué.

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L'Italie a accroché le point dont elle avait besoin face au Portugal

Avec tout ça, l'Italie n'avait plus besoin que d'un point pour se qualifier. Elle parvenait à ses fins grâces à un autre penalty et à un autre match défensif contre le Portugal. La décision de Peixe d'aligner Buta et Alexandre Silva était récompensée avec une attaque plus impressionnante et une pression accrue pendant la seconde période, le premier exploitant un corner pour égaliser à quatre minutes de la fin.

Dans le même temps, l'Autriche et l'Allemagne se battaient pour une place en barrages de la Coupe du Monde. Un match où la nervosité était source d'imprécisions et de pertes de balles. L'Allemagne dominait, construisant son jeu rapidement et utilisant ses latéraux pour donner du poids à son attaque, menée par trois joueurs offensifs. L'Autriche jouait la sécurité avec une défense compacte et avec, souvent, un cinquième défenseur venu du milieu de terrain. Ce travail, cependant, était réduit à néant par des sautes de concentration qui permettaient à l'Allemagne de marquer deux buts, sur un coup franc venu de la gauche puis sur un centre tombé exactement au même endroit. La défaite 3-0 signifiait la porte pour l'Autriche.

La Croatie a vécu le même destin dans le Groupe B. La jeune formation de Ferdo Milin s'est bien battue, mais le manque d'expérience a parlé contre trois adversaires rompus à ce genre de joutes. Les Néerlandais jouaient dans leur habituel 4-3-3 et exploitaient leur rythme et leur capacité dans les espaces pour prendre deux buts d'avance. La Croatie réduisait le score et poussait pour obtenir l'égalisation. Elle se faisait cependant piéger en contre. Steven Bergwijn s'échappait pour aller marquer le but du 3-1 en faveur de l'équipe d'Aron Winter.

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La Croatie avait hérité d'un Groupe B relevé

La défense croate passait ensuite sous les fourches caudines de la technique française et de son jeu fluide en pressant haut et en essayant de forcer l'équipe de Ludovic Batelli à jouer long. Cela payait à certains moments du match, mais les Croates manquaient de précision dans les 30 derniers mètres. Après avoir été piégés par un contre et un coup franc, les Croates ne pouvaient pas répondre et concédaient une défaite 2-0.

Leur dernier match était disputé contre l'Angleterre, qui avait pris l'avantage 2-0 après neuf minutes dans son premier match contre la France. Le buteur Dominic Solanke menait l'attaque basée sur l'équipe qui avait brandi le trophée chez les moins de 17 ans deux ans plus tôt, à Malte. La France était revenue avec un coup franc et avait gâché quelques chances d'égaliser. L'Angleterre affrontait ensuite les Pays-Bas, une formation qu'elle avait battue aux tirs au but lors de la finale 2014. Un combat tactique s'engageait à Ulm. Il était remporté dans le temps additionnel par les joueurs d'Aidy Boothroyd 2-1. Le but de la victoire était inscrit par le remplaçant Izzy Brown.

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Jean-Kévin Augustin a réalisé un triplé face aux Pays-Bas

Ses deux victoires en deux matches permettaient à Boothroyd de faire tourner son effectif contre la Croatie, mais le scénario du match était prévisible. Dans les dix premières minutes, l'Angleterre portait le score à 2-0. Elle se mettait à gérer ensuite, permettant à Nikola Moro de réduire le score d'une frappe puissante et lointaine. L'Angleterre résistait à la pression et sa troisième victoire lui offrait la première place du groupe. La surprise allait venir du match disputé en même temps sur la pelouse d'Aalen. Les Pays-Bas, malgré un penalty qui leur permettait de revenir à 1-2 à la pause, ne parvenaient pas à contenir le jeu puissant de l'équipe de France ni ses individualités. L'avant-centre des Bleus Jean-Kévin Augustin s'offrait un coup du chapeau et l'ailier Kylian Mbappé un doublé. Résultat : 5-1 en faveur de la France. Les Pays-Bas devaient jouer un barrage pour le Mondial contre l'Allemagne.

Cette rencontre fut marquée par une forte intensité dramatique et ne fut pas le jeu d'échecs tactique auquel on pouvait s'attendre. Une erreur défensive permettait d'abord à Ochs de donner l'avantage à l'Allemagne avant la pause. Le capitaine des Pays-Bas, Abdelhak Nouri, égalisait d'un superbe coup franc à neuf minutes de la fin. Quatre autres buts allaient être inscrits par des remplaçants. Le Néerlandais Michel Vlap entrait dans l'histoire en étant le premier quatrième remplaçant à faire son entrée, durant la prolongation. Dennis van der Heijden donnait l'avantage aux Pays-Bas, puis Suat Serdar égalisait dans le temps additionnel (90e+3) ; Marvin Mehlem portait le score à 3-2 ; Sam Lemmers marquait et on devait en venir à la séance des tirs au but. L'Allemagne s'imposait sur le score de 5-4.

Les demi-finales se disputaient à Mannheim. Face à l'Italie, l'Angleterre ne semblait pas vraiment au jeu, les trois milieux de terrain supposés venir en aide aux attaquants ne parvenaient pas à percer le coffre-fort de la défense italienne. Tentant leur chance de loin, ils n'inquiétaient pas Meret, dont les prises de balle étaient sereines, malgré la pluie. Ils avaient également du mal à contenir les contres italiens. L'équipe de Vanoli associait précision pour récupérer le ballon et travail acharné pour en faire bon usage. Elle élaborait de bonnes combinaisons et jouait rapidement pour trouver ses deux buteurs, avec ses milieux de terrain, dont Paolo Ghighlione, posté sur la droite et agissant comme un troisième attaquant. Les transitions dans les deux directions étaient efficaces et rapides ; et les rares occasions étaient converties avec efficacité : un penalty et un coup franc direct. Aidy Boothroyd poussait ses attaquants, et la seule récompense qu'il en tirait survenait quand un corner était détourné dans son propre but par Alberto Picchi. L'Italie, toujours à la recherche de son premier but dans le jeu, était en finale.

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L'Italie a tenu bon contre l'Angleterre pour atteindre la finale

On a longtemps cru que son adversaire serait le Portugal après qu'un coup franc de la droite était converti de la tête par Pedro Pacheco dès la troisième minute de jeu. L'équipe d'Emilio Peixe se présentait avec un bloc défensif compact, se tenant bas, avec des ailiers capables de revenir, au sein d'une équipe capable de se replier en défense tout entière. Malgré un bon départ, il apparut rapidement que la transition entre la défense et l'attaque était moins fluide que celle entre l'attaque et la défense et que le jeu long était moins précis, sous l'influence du trio du milieu de terrain mis en place par Batelli.

Malgré des débuts hésitants, les Français restaient calmes et égalisaient sept minutes après avoir encaissé l'ouverture du score, Mbappé s'échappait sur le côté gauche et centrait en retrait pour Ludovic Blas. Réalisant que le Portugal se concentrerait sur une défense basse, plutôt que sur la pression haut sur le terrain, les Français lançaient leurs milieux de terrain et leurs arrières latéraux à l'attaque. Issa Diop gagnait le ballon dans l'entrejeu, trouvait Amine Harit, qui alertait en une touche de balle l'arrière droit Clément Michelin. Ce dernier centrait à ras de terre à destination de Mbappé, qui concluait cette action rondement menée. Le Portugal baissait les bras et encaissait un troisième but. Alors que, dans la surface, trois Français luttaient avec sept Portugais, Mbappé complétait un doublé après une longue touche de Michelin. La France était revenue et, après avoir perdu son premier match, elle se retrouvait en finale.

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