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Sujets techniques

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Italie et Pays-Bas en finale du Championnat d'Europe des moins de 17 ans de l'UEFA ©UEFA.com

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Statistiques complètes des équipes et des joueurs du tournoi

“Il n’y a que peu d’écart entre les différents niveaux”, commentait le sélectionneur anglais. “Les tours de qualification ont aussi prouvé cela, avec des équipes comme l’Allemagne et l’Espagne se qualifiant de justesse alors que la France passait à la trappe. Mais disputer la phase finale vous permet de construire à de nombreux niveaux. L’aspect compétitif vous pousse à tout donner, et l’entraîneur apprend énormément au sujet de ses joueurs." Le sélectionneur italien Carmine Nunziata, de son côté, notait que "nos clubs sont performants, mais le niveau de notre championnat n’est pas le même, il faut savoir s’adapter à l’intensité d’une compétition internationale."

Ce sentiment de parité ne fut que confirmé lorsque les Pays-Bas remportaient le trophée après avoir signé trois matches nuls en autant de rencontres à élimination directe. Dany Ryser, membre de la délégation des observateurs techniques de l’UEFA présents lors du tournoi, notait que "toutes les équipes ont tenu à être positives sur le terrain lors de la compétition. Elles ont su construire, et c’est la technique des joueurs – le contrôle, la maîtrise du ballon dans les petits espaces, le positionnement du corps, etc. – qui a fait la différence au tableau d’affichage. Cela a renforcé mon opinion selon laquelle, à ce niveau de développement, travailler sur les terrains d’entraînement sans adversaire est une erreur."

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D’un autre côté, les scores n’ont pas spécialement renforcé ce sentiment de parité. Vingt-neuf des 31 matches en Angleterre se sont soldés par au moins un but. Mais seulement neuf rencontres, dont quatre lors de la phase à élimination directe, ont vu les deux équipes marquer. L’équipe qui a encaissé le premier but ne s’est imposée qu’à quatre reprises, alors que le nombre total de buts marqués sur l’ensemble du tournoi était en baisse de 26 % comparé à l’édition précédente.

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Cette statistique peut être analysée de deux manières : les défenses ont été superbes ou les attaques ont eu du mal à briller. Pour compliquer encore un peu plus la chose, les observateurs techniques ont souligné qu’un nombre significatif de buts provenaient directement d’erreurs défensives – des erreurs individuelles avec le ballon, accompagnées de mauvais positionnements personnels ou collectifs. Cette chute du nombre de buts inscrits comparé au total record de 2017 nous ramène à la moyenne de 2,35 buts par match constatée en Azerbaïdjan en 2016. Comme le tableau année par année nous le démontre, ce tournoi en Angleterre est loin d’être le moins offensif.

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Curieusement, 23 % des buts ont été marqués entre la 61e et la 70e minute lors de cette phase finale. Le fait que les dix dernières minutes ne furent pas les plus prolifiques confirme l’idée que les joueurs de cette catégorie d’âge ont la condition physique nécessaire pour disputer des rencontres de 80 minutes. Les questions d’ordre physique concernaient plus la récupération entre les matches, les joueurs n’ayant pas l’habitude de jouer autant de matches d’une telle intensité en si peu de temps. Comme Dany Ryser le soulignait, "les joueurs ne sont pas tous les mêmes. Certains ont besoin de repos. D’autres sont plus performants s’ils continuent sur le même rythme. L’entraîneur doit savoir évaluer le niveau de fatigue de ses troupes et organiser des programmes de récupération adéquats pour chaque individu plutôt qu’une approche collective unique pour toute l’équipe."

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Au sujet des attaquants
Toujours au sujet du nombre de buts marqués, les préoccupations des observateurs techniques concernant la qualité dans les 30 derniers mètres peuvent être étayées par des statistiques. Le nombre de tirs en 2018 était en réalité plus élevé que le total de 2017 – 668 contre 650 pour être exact. Pourtant, mis à part le nombre de buts beaucoup plus faible, le nombre de tentatives cadrées est passé de 271 à 238. En Angleterre, un peu plus d’un tiers (35,6 %) des tirs forçaient les gardiens à agir. Dix des 16 équipes ont raté le cadre plus de fois qu’elles ne l’ont atteint, les exceptions les plus marquantes étant l’Espagne et la Suisse, toutes deux précises dans leur finition mais loin d’être les plus prolifiques concernant les occasions de but. Selon l’observateur technique Savvas Constantinou, "les équipes avaient généralement une philosophie offensive, mais manquaient souvent d’efficacité devant." L’attaquant italien Edoardo Vergani a illustré ce problème lors de la demi-finale contre la Belgique, après avoir perdu deux un contre un face au gardien et tiré largement à côté alors qu’il était bien placé, il inscrivait le but vainqueur de façon plus difficile – un tir de loin après sur une longue passe du défenseur central Nicolò Armini. En général, cependant, le manque de finition a incité les observateurs techniques à discuter de la pertinence des "entraîneurs d’attaquants" spécialisés à ce niveau de développement.

Ce tableau trie les participants sur la base des tirs par match et, si le total des tentatives cadrées est divisé par le nombre de matches joués, met en évidence le manque de finition des participants.

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À noter : les tentatives de frappe sur les poteaux sont incluses dans le total de tirs cadrés si elles sont déviées par le gardien de but ou le défenseur et dans le total de tirs hors cadre si la tentative frappe directement les montants.

En mode offensif
Le tournoi a mis en lumière diverses approches offensives et a confirmé la tendance à l’utilisation des ailiers dans les deux couloirs. Le Danemark, par exemple, a permuté ses ailes, alternant entre les approches orthodoxe et inversée. De nombreuses variations ont été soulignées sur les flancs, comme avec l’Espagne, pour citer un autre exemple, qui déployait deux ailiers gauchers : Bryan Gil sur la gauche ; Víctor Mollejo à droite. Comme l’a souligné John Peacock, cette tendance a amené un changement d’approche : "l’ailier sur son 'mauvais pied' a tendance à repiquer vers le centre, ce qui fait que nous avons vu beaucoup plus de centres en retrait que de centres traditionnels", l’Angleterre, l’Italie, le Danemark, l’Espagne et les Pays-Bas étant les seules équipes à convertir des centres traditionnels en buts. En 2017, les centres avaient été la source de buts la plus importante. En Angleterre, ils ont été relégués à la quatrième place, derrière le jeu combiné, les centres en retrait et les tirs de loin, une catégorie dans laquelle l’Italie a excellé. En effet, le nombre de buts inscrits d’en dehors de la surface de réparation aurait même pu augmenter d’une unité : le but de la consolation de l’Allemagne sur une frappe de loin déviée contre l’Espagne étant comptabilisé comme un but contre son camp.

Les statistiques indiquent que 22 % des buts du tournoi (23 % en 2017) provenaient de coups de pied arrêtés, la République d’Irlande (Troy Parrott) et la Norvège (Thomas Rekdal) fournissant les seuls buts sur coups francs directs – un fait qui, au terme d’un tournoi de 31 matches, invite à s’interroger sur le développement de cette compétence spécialisée. Le seul but inscrit indirectement sur coup franc était l’égalisation de la Bosnie-Herzégovine dans son premier match contre le Danemark. L’Espagne a inscrit deux de ses huit buts sur corners – un taux de conversion d’un but tous les 31,5 corners : significativement mieux que les ratios de 1:42 l’année précédente et 1:49 en 2016.

Les dispositifs défensifs contre les coups de pied arrêtés ont pris des formes variées, la majorité optant pour des solutions mixtes entre la zone et l’individuel. L’Allemagne et l’Italie préféraient généralement une approche purement de zone, tandis que trois équipes se concentraient sur le marquage d’homme à homme. Alors que la Suède et l’Irlande appelaient généralement toute l’équipe à défendre, une majorité préférait maintenir une présence devant et, par conséquent, contre-attaquer face à des adversaires qui, en général, avaient fait monter leurs défenseurs centraux. Seulement cinq buts ont été inscrits de la tête – trois sur corners et deux à la suite de centres.

Près d’un cinquième des buts inscrits lors du tournoi survenait au terme de contre-attaques.

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Le nombre de joueurs se trouvant devant le ballon varie considérablement. Les Pays-Bas se retrouvaient souvent à attaquer à cinq ou six, visant à poser des problèmes à quatre défenseurs en infériorité numérique. Cependant, ils ont été incapables de déstabiliser une défense basse et ordonnée lors de leur quart de finale contre la République d’Irlande. L’Italie, leur adversaire en finale, a opté pour un losange intéressant au milieu de terrain, l’entraîneur Carmine Nunziata commentant : "Nous pensions que c’était la meilleure approche, car nous n’avions pas le bon type d’ailiers. Je crois que l’entraîneur doit toujours s’adapter aux qualités des joueurs plutôt que de suivre un système de jeu rigide." Le diagramme illustre comment les attaques ont été dirigées vers Alessio Riccardi excentré à gauche, avec deux milieux de terrain (et parfois l’arrière gauche) faisant des courses pour créer des surnombres. L’approvisionnement était souvent une longue passe depuis l’arrière central droit, comme illustré, ou une course avec la balle au milieu du terrain par l’arrière central gauche, avec le milieu relayeur et le milieu gauche ouvrant une voie pour une passe offensive dans l’axe du terrain (diagramme 1).

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Cette approche a posé des difficultés aux adversaires. Le diagramme est basé sur la demi-finale (lorsque le numéro 16 Jean Freddi Greco a remplacé Riccardi suspendu). La Belgique a joué en 4-2-3-1 sans le ballon, mais a eu du mal à museler le numéro 17 de l’Italie au sommet du losange, qui a exploité l’espace entre les deux milieux de terrain axiaux. De plus, les surnombres créés par les n° 7, n° 17 et n° 16 sur la gauche ont causé des problèmes majeurs pour les arrières belges non protégés (diagramme 2).

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L’approche italienne signifiait que les attaques sur sa droite étaient basées sur des courses occasionnelles du milieu de terrain Emmanuel Gyabuaa ou des montées de l’arrière droit. Lors de la sélection de leur équipe du tournoi, les observateurs techniques ont eu du mal à trouver des arrières qui, à leur avis, avaient apporté une contribution exceptionnelle. Des équipes telles que le Danemark, l’Angleterre et l’Espagne ont brouillé les pistes en changeant les arrières latéraux en ailiers d’un match à l’autre ou en les faisant permuter. Ghenadie Scurtul a commenté : "Nous avons vu des arrières latéraux prêts à jouer haut, mais très souvent leurs centres étaient mauvais. Ils ont attaqué, mais ils n’ont pas fait l'avant-dernier geste." Dany Ryser a ajouté : "Concernant la progression, nous pouvons nous demander si nous mettons trop l’accent sur les aspects créatifs et optons pour des arrières qui pensent être des ailiers. Personnellement, je vois un déclin dans les qualités défensives des joueurs – les compétences dans les situations de un contre un, leur faculté à ne pas se jeter... les éléments traditionnels dans la description du poste de l’arrière latéral. Nous avons vu quelques latéraux qui ont survécu simplement parce qu’ils étaient rapides." John Peacock a avoué : "Parfois, nous avions l’impression que les défenseurs étaient des avants qui pouvaient redescendre défendre..."

Permis de construire
La plupart des équipes ont voulu construire en partant de derrière, même sous pression. "Nous avons vu quelques exemples d’équipes oubliant le facteur de risque", a commenté John Peacock. "Il est facile de se créer des problèmes en insistant pour construire de l’arrière. J’ai trouvé que l’Espagne était exceptionnellement bonne pour gérer ce problème. Ses joueurs possédaient les compétences techniques nécessaires pour se tirer de situations difficiles et aspiraient souvent les adversaires avant de se frayer un chemin. Ils savaient également quand jouer long vers les ailes.” Sa procédure standard consistait à laisser les défenseurs centraux descendre de chaque côté de la surface lorsque le gardien était en possession du ballon, les défenseurs latéraux montant plus haut. L’Italie, cependant, a été le parangon des nombreuses équipes qui ont tenté de forcer les adversaires à jouer long en tenant une ligne haute et en poussant les joueurs à presser haut. Le diagramme montre comment les deux attaquants ont menacé les défenseurs centraux, tandis que les milieux de terrain étaient prêts à se jeter sur les autres receveurs de balle potentiels (diagramme 3).

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Le diagramme suivant montre comment l’Allemagne s’est donné cinq options de passe lorsque la Serbie envoyait deux attaquants au pressing (diagramme 4).

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©Matt West for FA

Les Néerlandais, lorsqu’ils étaient pressés seulement par la première ligne défensive adverse, ont fait redescendre le milieu relayeur et meneur de jeu au niveau des défenseurs centraux qui, s’ils n’étaient pas pressés – comme contre les Irlandais – montaient, laissant Burger comme le joueur le plus proche de son gardien de but (diagramme 5).

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L’Espagne a adopté une structure similaire, essayant de construire de l’arrière chaque fois que cela était possible, ses joueurs étant très mobiles quand la balle était en possession de leur gardien. Les deux défenseurs centraux trouvaient régulièrement leurs milieux de terrain, tandis que le n°6, Iván Morante, participait activement à la construction avec de bons mouvements devant le porteur du ballon. La construction était patiente, mais les passes étaient appuyées, sûres et données dans le bon tempo (diagramme 6).

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L’Espagne faisait également partie des équipes qui ont préféré défendre haut. Le diagramme représente un scénario du quart de finale contre la Belgique, quand les Ibères ont poussé en nombre une défense forcée de choisir entre prendre des risques derrière ou jouer long. Pour anticiper cette dernière option, les deux défenseurs centraux ont marqué l’attaquant belge de très près (diagramme 7).

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Le Danemark faisait partie des équipes les plus enclines à construire de l’arrière. Le gardien de but était patient en attendant le bon mouvement des joueurs du milieu de terrain. Dans cette scène du match contre la Bosnie-Herzégovine, le n°6 et le n°10 sont descendus pour attirer leurs marqueurs, laissant place à une course intelligente du n°14 et à une passe subtile de la part du gardien qui trouvait l’espace libre au milieu du terrain (diagramme 8).

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Le long et le court
Comme l’indique le tableau des buts marqués, le tournoi a été le théâtre d’excellentes combinaisons. Le premier but de la Suisse contre Israël, par exemple, survenait au terme d’un mouvement de 41 secondes impliquant huit joueurs. Le premier but des Pays-Bas en finale est venu après 15 passes en 40 secondes. La troisième réalisation de l’Espagne dans la victoire 5-1 contre l’Allemagne était une combinaison de 33 secondes et 12 passes qui s’est terminée par un centre en retrait. Le quatrième but du Portugal contre la Slovénie était un mouvement de 47 secondes impliquant 15 passes. Et l’ouverture du score de la Suède contre le même adversaire était une combinaison de sept passes sur une période de 30 secondes. La Suède, évoluant dans son traditionnel 4-4-2, savait aussi jouer direct vers l’avant quand il le fallait. Le diagramme montre un scénario du match contre la Slovénie. Les deux options sont basées sur une passe lobée de l’arrière central ou un service au sol de l’arrière gauche en débordement, avec le n°15 qui coupe pour créer l’espace nécessaire pour la passe et l’attaquant droit qui traversait le terrain pour reprendre le ballon pendant que son partenaire d’attaque faisait diversion. (diagramme 9).

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Cap sur l’avenir
"Nous nous concentrons davantage sur les principes du jeu. Le système lui-même n’est pas la chose la plus importante ", a déclaré le sélectionneur slovène Agron Šalja. Le sélectionneur de la Suisse, Stefan Marini, a déclaré : "Nous respectons un certain nombre de principes, mais l’accent est mis sur la préparation des joueurs à être flexibles et à jouer dans différents systèmes et de différentes manières." En Angleterre, les Suisses ont alterné entre 4-2-3-1 et 4-4-2, comme l’ont fait Israël et la République d’Irlande. Les observateurs ont noté peu de changements tactiques au cours des 80 minutes : la Serbie passant en 3-4-3 pour la deuxième mi-temps contre l’Allemagne ; la Suède protégeant son avantage en passant en 5-4-1 pour le dernier match contre le Portugal ... Comme le commentait l’entraîneur de l’Irlande, Colin O’Brien, "le temps de contact avec les joueurs n’est pas assez suffisant à ce niveau pour pouvoir exploiter différents systèmes.”

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La structure en 4-2-3-1 était la plus répandue, dix des équipes l’adoptant au moins par moments. La Suède était la seule à garder le classique 4-4-2 et son voisin nordique, la Norvège, était seule à opérer à trois derrière, avec des transitions rapides vers une ligne de cinq hommes en défense. Après un début de match délicat, elle a gagné en confiance pour tenir le Portugal en échec dans son match d’ouverture, l’équipe de Gunnar Halle étouffant le potentiel offensif des champions 2016.

Le diagramme montre comment, lorsqu’un milieu de terrain portugais faisait des courses diagonales au sein de la défense norvégienne, l’arrière central de ce côté le collait, l’arrière latéral couvrant alors le joueur sur l’aile – le milieu de terrain ou l’arrière latéral. Ce mécanisme a permis d’éviter l’apparition de trous dans les zones excentrées de la défense (diagramme 10).

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Changer une équipe qui gagne ?
La phase finale en Angleterre a été la première avec des groupes de 20 joueurs par nation, au lieu de 18 auparavant, même si les joueurs blessés ne pouvaient être remplacés. Face à cette nouveauté, les sélectionneurs se sont comportés de manières différentes : certains sont restés fidèles à leurs 11 de départ ; d’autres ont préféré partager davantage le temps de jeu au sein de tout leur groupe, en particulier le technicien néerlandais Kees van Wonderen qui, dans les deux premiers matches, a utilisé 17 de ses 18 joueurs de champ. Le résultat d’ensemble était que 23 joueurs de champ sont restés sur le banc si l’on compte toute la phase de groupes, avec, c’est peut-être plus naturel, les gardiens remplaçants.

Question de date
L’un des points de débats les plus récurrents à ce niveau est le pourcentage élevé de joueurs présents en phase finale qui sont nés dans les trois premiers mois de l’année. Malgré l’augmentation du nombre de joueurs par groupe, 2018 n’a pas fait exception à cette règle. Pas moins de 133 des 320 joueurs présents dans cette phase finale étaient nés entre janvier et mars 2000, cela représente 42 % du total. Parmi les 17 joueurs nés en 2002, 12 étaient nés dans les trois premiers mois de l’année. Seuls 7,5 % des 320 joueurs présents étaient nés entre octobre et décembre.

En plongeant plus profondément dans les données de ce tournoi, on constate que 78 % des joueurs sont nés dans les six premiers mois de l’année calendaire. C’est le cas de la totalité du groupe allemand est de 90 % des Norvégiens. Les Pays-Bas avaient les joueurs les plus jeunes et les champions avec 60 % des joueurs nés dans première moitié de l’année et 40 % nés dans la deuxième. Pour la Belgique, c’était du 50-50, le résultat de 10 ans de travail avec les équipes de moins de 15,16 et 17 ans.

Enfants ou adultes ?
"Il est facile d’oublier que l’on est dans le football de jeunes", remarquait Dany Ryser. "On a pu observer beaucoup d’équipes très professionnelles dans un grand nombre de vestiaires. En tant qu’entraîneur, il faut être attentif au fait que s’occuper d’un groupe élargi ne soit pas une distraction par rapport à l’activité centrale qui est d’entraîner les joueurs." Pour de nombreux joueurs, ce tournoi en Angleterre était une première expérience dans une longue phase finale et, comme le souligne John Peacock, "il est aussi facile d’oublier qu’au-delà des aspects techniques, tactiques et physiques, il existe aussi un côté social et psychologique." En Angleterre, la Norvège était en pointe dans ce domaine en organisant des activités récréatives pratiquement chaque jour. "Je pense que c’est important", a déclaré Peacock, "il faut laisser les joueurs sortir de temps en temps de leur bulle et redevenir des enfants quelque temps."

Dany Ryser ajoutait que "l’une des questions clés était la somme des responsabilités qu’il fallait donner à ces adolescents. Nous ne voulons pas créer des robots, alors mon opinion personnelle est que les entraîneurs à ce niveau devraient leur soumettre des problèmes et les encourager à les résoudre par eux-mêmes." C’était une position adoptée dans le camp anglais, où Steve Cooper a divisé son équipe en petit groupes pour les inviter à discuter de divers aspects de notre sport. Les styles des entraîneurs sur la touche ont également été très différents, cela a été illustré par le match entre l’Espagne et les Pays-Bas. D’un côté, Santi Denia offrait des conseils de manière constante à ses joueurs, alors que de l’autre, Kees van Wonderen se comportait en observateur silencieux. John Peacock : "Nous sommes à un stade où il faut trouver le meilleur équilibre entre la victoire à tout prix et la progression des joueurs pour qu’ils parviennent un jour à réaliser leur potentiel. Dans quelle mesure faut-il les laisser commettre des erreurs pour qu’ils puissent progresser ? Voilà le genre de questions auxquelles l’entraîneur doit répondre.”

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