La finale

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La finale

Une égalisation au goût de victoire
L'Espagne célèbre sa victoire après une finale pleine de rebondissements contre l'Angleterre ©Sportsfile

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Une égalisation au goût de victoire

"L'égalisation a été le but de la victoire." Ce commentaire, fait en son temps par Sir Alex Ferguson, date du derby madrilène en finale de l'UEFA Champions League en 2014. À l'époque, à quelques secondes de la fin du temps additionnel, Luka Modrić délivrait un corner pour la tête de Sergio Ramos qui égalisait. Ensuite, l'Atlético s'écroulait ; le Real Madrid s'imposait.

Rapprocher une finale de la plus prestigieuse des compétitions de clubs en Europe d'une rencontre entre équipes de moins de 17 ans peut sembler osé. Cependant, lors d'une belle soirée à Varazdin, l'Espagne et l'Angleterre ont offert aux 8 187 spectateurs et aux téléspectateurs un combat digne des plus beaux matches réalisés par les grands.

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Callum Hudson-Odoi (Angleterre, à gauche) et Jadon Sancho

Pendant toute la rencontre, le ballon a circulé à grande vitesse. Les contrôles et les passes se sont faits sous pression. La tactique, les qualités individuelles et surtout offensives ont été mises en lumière. Décrire cela dans un compte rendu linéaire serait un piètre hommage au spectacle palpitant.

Il n'en reste pas moins qu'après les 18 premières minutes, l'intensité est montée d'un cran. Avant cela, le combat était assez équilibré entre deux formations qui faisaient preuve d'un immense respect envers leur adversaire. Après avoir aligné une équipe inchangée pendant tout le tournoi, Steve Cooper devait composer avec la blessure de Tashan Oakley-Boothe.

Sa place de milieu axial étant prise par Alexander Denny, le joueur arrivé à la veille de la finale, Joel Latibaudiere, débutait à la place de Timothy Eyoma au poste d'arrière droit. Pour sa part, Santi Denia restait fidèle à ses titulaires qui lui avaient fait passer les tours à élimination directe.

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L'arrière droit Mateu Morey égalise pour l'Espagne

Ce respect se traduisait par de la prudence entre deux équipes évoluant avec un système en 4-2-3-1 leur permettant de gérer les risques, de bien combiner et de construire en partant de la défense et en allant au milieu de terrain, mais en mettant rarement en danger le gardien adverse. Il y avait embouteillage au niveau de l'entrejeu où Jandro Orellana réussissait des performances cruciales dans l'équilibre défense-attaque pour l'Espagne (jusqu'à ce qu'il sorte au milieu de la seconde période sur blessure) ; George McEachran faisait de même pour l'Angleterre.

Soudain, l'Angleterre devenait magique, comme elle l'avait fait plusieurs fois pendant ce tournoi. Le gardien Josef Bursik était à l'origine de l'action ; l'arrière gauche Lewis Gibson servait Jadon Sancho non loin de la ligne de touche ; après avoir repiqué au centre, le gaucher glissait le ballon à Callum Hudson-Odoi qui se défaisait de Víctor Chust et battait Álvaro Fernández au deuxième poteau.

Ce but servait à convaincre les Espagnols qu'ils devaient exprimer leurs qualités. Denia, dans son sweat à capuche gris et son pantalon noir, les y poussait sans cesse, à la limite de sa zone technique, alors que son adjoint, Luis de la Fuente, donnait ses conseils sur les ballons arrêtés.

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Phil Foden célèbre le but qui redonne l'avantage à l'Angleterre

L'Espagne se mettait à utiliser les côtés, ce qui lui avait été bien utile pour atteindre cette finale. Moha venait rôder le plus haut possible dans son couloir pour lier l'attaque et les deux arrières latéraux. Les deux Barcelonais, Mateu Morey sur la droite et Juan Miranda sur la gauche, ne comptaient pas leurs efforts dans les dédoublements et les courses pour combiner avec les ailiers Ferran Torres et Sergio Gómez.

La récompense arrivait deux minutes avant la pause. Moha, au large sur la droite, servait dans son couloir, entre l'arrière gauche et le défenseur central, le buteur Abel Ruíz, lancé. Celui-ci servait en arrière le pied gauche de Morey, ce qui surprenait la défense anglaise, occupée à revenir en vitesse.

Cooper, dans le même temps, avait surgi de son banc pour corriger les transitions entre l'attaque et la défense et pour encourager ses joueurs à trouver des solutions pour restreindre la possession espagnole qui ne faisait que croître. Avec les dribbles déroutants sur la gauche de Sancho et le travail du gaucher Phil Foden qui revenait de la droite vers l'axe, l'Angleterre se faisait menaçante, mais elle ne parvenait pas à délivrer la bonne passe décisive. La pression espagnole sur le porteur du ballon et la transition rapide vers un 4-4-2 compact en défense coupait les lignes de passes et, alors que la seconde période avançait, l'équipe de Denia semblait la plus à même de prendre les devants.

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Nacho Díaz brandit le poing pour célébrer son but

Cela évoluait, une fois de plus après 18 minutes. L'un des deux corners anglais était brossé de la gauche par le pied droit de Hudson-Odoi et, au second poteau, Miranda et Chust ne pouvaient faire mieux que dégager de manière partielle. Après un contrôle, Foden frappait puissamment du gauche dans le soupirail, pour redonner l'avantage à l'Angleterre.

À nouveau, l'Espagne répondait avec la force mentale qui avait été en vue dans ces trois précédents matchs. Ses joueurs restaient concentrés. Fidèles à leurs principes et à leur jeu de passe, ils restaient concentrés, évitant de confondre vitesse et précipitation et résistant à la tentation d'envoyer de longs ballons aux avant-postes. Cooper, visiblement irrité lorsque son gardien commençait à jouer long, ne manquait pas d'applaudir ce dernier lorsqu'il s'interposait devant Miranda et Gómez, alors que l'équipe de Denia se mettait à pousser sans relâche. Même si les attaquants anglais pouvaient être menaçants, le ballon était dans les pieds espagnols.

Dans les dernières minutes, Cooper choisissait de faire sortir Sancho, Foden et Hudson-Odoi pour renforcer son milieu de terrain, mais c'était le troisième et dernier changement de Denia qui allait faire basculer le match. Alors que le chronomètre tournait, il remplaçait un Moha – exténué – par Nacho Díaz, un attaquant du CD Roda, un club amateur comptant 36 équipes de football de base qui travaille avec Villarreal, le club engagé en UEFA Europa League.

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Víctor Chust après avoir marqué le penalty de la victoire

L'arbitre danois avait signalé quatre minutes de temps additionnel puis donnait un corner à l'Espagne sur le côté gauche, alors qu'on jouait depuis presque 86 minutes. La frappe rentrante délivrée par un autre remplaçant, José Alonso, causait la confusion dans le marquage de zone anglais et était reprise par la tête de Díaz. Le gardien ne pouvait faire mieux que dévier cette frappe puissante sous sa propre barre. Le score était de 2-2 et le coup de sifflet final retentissait juste après la remise en jeu.

Effondré de n'avoir pu sortir la tête de son adversaire, Bursik devait être consolé par ses coéquipiers avant de remettre les gants pour la séance de tirs au but alors qu'il était encore sous le choc malgré le réconfort de ses amis.

L'Angleterre marquait la première tentative, mais l'Espagne avait pris l'ascendant psychologique, et après que les Ibères eurent transformé leurs deux premiers tirs, celui de Rhian Brewster échouait sur le poteau tandis que celui de Latibeaudiere terminait sa course dans le public. Après que Gómez eut porté le score à 3-1, l'ancien système aurait pu permettre à l'Angleterre de revenir à 3-2. Le format expérimental de type tie-break, cependant, n'offrait aucune possibilité de répondre et Chust portait le score à 4-1, ce qui donnait le trophée à l'Espagne dans la cinquième des six dernières finales qui se jouait aux tirs au but.

Alors que les joueurs au maillot rouge célébraient leur premier titre dans la catégorie depuis 2008, les Blancs anglais s'effondraient sur la pelouse, incrédules. Même si cette équipe restait invaincue pendant toute la saison, le trophée venait de lui glisser entre les doigts de la manière la plus cruelle. Dans une finale qu'aucune des deux équipes ne méritait de perdre, le but égalisateur avait là aussi été le but de la victoire.

https://fr.uefa.com/under17/season=2017/technical-report/the-final/index.html#une+egalisation+gout+victoire