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Le parcours jusqu’en finale

Le parcours jusqu’en finale

"Si la logique avait été respectée, cela n'aurait pas été possible. Lorsque nous avons affronté la France, c'était 50 000 personnes contre 65 millions ! Mais l'expérience que nous avons engrangée est inestimable. C'est un rêve. Jusqu'à maintenant, les équipes comme le Danemark ou l'Islande étaient nos modèles. Mais aujourd'hui, nous pouvons être nos propres modèles."

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Le sélectionneur des Îles Féroé Áki Johansen

Ces mots sont ceux d'Áki Johansen, le sélectionneur des Îles Féroé, qui a conclu en Croatie une décennie à la tête de cette équipe, ce qu'il décrit lui-même comme son "troisième travail". Il avait déjà écrit l'Histoire en atteignant le tour Élite pour la première fois, puis le conte de fées s'est poursuivi avec une qualification en phase finale. La magie s'est toutefois brisée en Croatie : privés de six titulaires (quatre sur blessure, deux sur suspension), les Féringiens se sont inclinés lors de leur premier match, contre l'Écosse.

S'ils ne sont pas parvenus à créer la surprise dans le Groupe B, d'autres s'en sont chargés. À commencer par les Hongrois, menés au score mais tombeurs 3-2 de la France, les Bleus qui ont ensuite arraché leur qualification en quarts de finale lors de l'ultime journée, en battant l'Écosse à la dernière minute. Les Magyars ont ensuite remis le couvert, en obtenant le nul face aux Écossais après avoir été menés, puis en mettant un terme au rêve des Féroé pour s'adjuger la première place de la poule.

Le Groupe D a livré un scénario plus conforme aux attentes. Double championne en titre, l'Angleterre a débuté sa 12e phase finale en battant 3-1 une équipe de Norvège qui découvrait le tournoi. La fluidité du 4-3-3 anglais a nettement dominé le 4-4-2 norvégien. Les garçons de Steve Cooper ont ensuite fait forte impression contre l'Ukraine, éliminée après cette défaite 4-0 qui faisait suite à un revers contre les Pays-Bas en ouverture.

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L'Ukraine avant son match contre la Norvège

Les Jong Oranje de Kees van Wonderen s'en sont ensuite remis à un penalty dans le temps additionnel pour prendre un point contre la Norvège (2-2), ce qui leur ouvrait la voie de la deuxième place avant d'affronter l'Angleterre, qui les battait finalement 3-0. Les Norvégiens pouvaient en profiter pour leur chiper le billet pour les quarts de finale, mais après avoir mené 1-0, ils concédaient deux buts ukrainiens qui les éliminaient.

Dans le Groupe A, le pays hôte avait hérité du "groupe de la mort" avec l'Espagne, la Turquie et l'Italie. L'équipe de Dario Bašić a produit du beau jeu contre les Italiens, grâce à de belles combinaisons et du jeu sur les ailes, mais s'inclinait sur une contre-attaque typique. Qualifiés automatiquement et donc privés d'expérience de haut niveau, les Croates se sont fait piéger par des contres face à la Turquie : alors menés 2-1, ils s'inclinaient finalement 4-1, un revers synonyme d'élimination malgré un nul en forme de consolation contre l'Espagne.

La Roja avait dû se battre pour s'imposer 3-2 face à la Turquie, qui avait inscrit deux buts lors des 11 premières minutes. Suite à sa victoire 3-1 contre une Italie diminuée par les blessures, ce nul 1-1 contre la Croatie lui offrait la première place. Lors de la dernière journée, les Azzurrini affrontaient la Turquie. Menés au score, ils ont égalisé sur une belle combinaison côté droit, avant d'être sanctionnés car leur gardien avait saisi de la main une passe en retrait. Le coup franc turc filait sous le mur et finissait au fond des filets.

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Le but de Jadon Sancho a éliminé l'Irlande en quarts

De son côté, l'Allemagne a dominé le Groupe C, en s'offrant deux records au passage : 15 buts inscrits en phase de groupes, et une victoire 7-0 sur la République d'Irlande (ex æquo avec la France, 7-0 face aux Féroé). Malgré ce cinglant revers, les Irlandais ont pu fêter leur qualification, après une vérification en bonne et due forme du règlement de la compétition. En effet, trois équipes étaient à égalité : la Serbie avait battu l'Irlande, qui s'était imposée contre la Bosnie-Herzégovine, qui arrachait la victoire 1-0 à la dernière minute face à la Serbie. Vérification faite, ce sont bien les garçons d'O'Brien qui décrochaient leur billet pour les quarts.

C'est toutefois là que la chance désertait les Irlandais : dominés de bout en bout par l'Angleterre, ils résistaient vaillamment et concédaient très peu d'occasions. Un seul but était finalement inscrit : une frappe lointaine de Jadon Sancho en début de rencontre.

La veille, le sélectionneur hongrois Zoltán Szélesi était resté fidèle à son 4-2-3-1, même s'il faisait tourner. Il avait titularisé Dominik Szoboszlai sur l'aile gauche, mais il le recentrait en milieu défensif après 20 minutes de jeu alors que les Hongrois étaient menés 1-0 par la Turquie, suite à un corner mal dégagé et glissé dans ses propres filets par András Csonka.

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La Turquie fête sa qualification pour le dernier carré

La construction hongroise était malmenée par l'excellent pressing des attaquants turcs, forçant le jeu long. De son côté, la Turquie avait opté pour la prudence à l'entame, en se contentant de contre-attaquer, avant de mettre davantage le pied sur le ballon et d'enchaîner les combinaisons pour créer le danger, sans toutefois parvenir à doubler la mise.

À Varazdin, il aura suffi de neuf minutes à la France pour ouvrir le score contre l'Espagne, après une contre-attaque conclue au premier poteau par Amine Gouiri, suite à un ballon récupéré haut. Le jeune attaquant de l'Olympique Lyonnais inscrivait là son huitième but de la compétition, mais ce serait la dernière réalisation française dans cette rencontre. La Rojita égalisait puis prenait l'avantage suite à deux montées de ses latéraux : Mateu Morey côté droit qui repiquait dans l'axe pour égaliser du gauche, puis Juan Miranda qui provoquait un penalty converti par Abel Ruíz. Ce dernier était impliqué sur le troisième but espagnol : en remportant un duel aérien, il permettait à Sergio Gómez de dribbler le gardien tricolore pour porter le score à 3-1 à la 56e minute, scellant le sort des Bleus.

Van Wonderen avait de son côté préparé une surprise tactique dans l'autre quart de finale, optant pour un 4-4-2 contre l'Allemagne, avec les deux pointes chargées d'effectuer un pressing haut afin d'empêcher la défense adverse de repartir de derrière. Les Néerlandais prenaient ainsi la tête dans le temps additionnel de la première mi-temps, mais étaient mis en difficulté quand Christian Wück répliquait lui aussi par un 4-4-2 après l'heure de jeu après avoir entamé la rencontre avec un 4-2-3-1. Les Allemands parvenaient à égaliser quelques minutes plus tard avant de marquer le but de la victoire à la fin du temps réglementaire.

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L'arrêt d'Álvaro Fernández aux tirs au but

La Mannschaft s'offrait ainsi une demi-finale contre la Rojita pour une rencontre de très haute facture tactique et technique. Dominatrice, l'Espagne butait sur un excellent Luca Plogmann et les deux équipes devaient se départager aux tirs au but suite à un match nul 0-0. Cela allait permettre de tester pour la toute première fois le nouveau format depuis les 11 mètres. Le capitaine espagnol Ruíz, qui avait trouvé la barre depuis le point de penalty à 11 minutes du terme, ouvrait le bal et réussissait cette fois sa tentative. Après un poteau de chaque côté et un arrêt de Fernández, les troupes de Denia validaient leur ticket pour la finale en s'imposant 4-2.

Dans l'autre demie, la Turquie réduisait le score à la 40e+13, la durée du temps additionnel s'expliquant par les 15 minutes de retard cumulé lorsque le milieu de terrain anglais Tashan Oakley-Boothe est resté au sol, inconscient, suite à un choc. Les Turcs restaient ainsi à flot malgré la domination des Anglais qui répétaient les attaques combinées.

À la pause, Mehmet Hacioğlu effectuait des remplacements et des modifications tactiques bien senties donnant lieu à une deuxième période plus équilibrée, mais le tableau d'affichage indiquait toujours 2-1 au coup de sifflet final. La Turquie prouvait qu'elle n'avait pas volé sa place pour la Coupe du Monde de la FIFA, et l'Angleterre rejoignait l'Espagne en finale pour une rencontre opposant les deux équipes désignées comme les meilleures du tournoi par de nombreux commentateurs.

https://fr.uefa.com/under17/season=2017/technical-report/road-to-the-final/index.html#le+parcours+jusquen+finale