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La route vers la finale

La route vers la finale

"C'est un superbe évènement. Il y a énormément de hauts comme de bas, mais c'est important pour un jeune joueur de vivre ces expériences." Ces mots du sélectionneur anglais Steve Cooper trouvent écho chez la plupart de ses confrères présents en Azerbaïdjan.

"C'est un superbe évènement. Il y a énormément de hauts comme de bas, mais c'est important pour un jeune joueur de vivre ces expériences."
Steve Cooper, sélectionneur de l'Angleterre

Le pays hôte entamait sa campagne dans le Groupe A par un faux pas. Un premier match en phase finale U17, une énorme affluence et l'attente de tout un pays n'ont pas eu raison d'une excellente équipe du Portugal opérant dans un 4-3-3 très fluide. L'Azerbaïdjan avait prévu d'évoluer en 4-2-3-1 mais a dû se recroqueviller en un 5-4-1 pour faire face aux vagues offensives portugaises. Le score final de 0-5 a peut-être fait mal sur le coup, mais les hôtes ont su trouver la force de réagir. Libérés de la pression d'une première sur leur sol, les protégés de Tabriz Hasanov ont décroché un nul en toute fin de rencontre face à la Belgique avant de dominer l'Écosse pour terminer sur une belle note. La frappe de loin de Farid Nabiyev à la 79e minute permettait aux locaux de battre les Britanniques 1-0 pour s'emparer de la troisième place du Groupe A avec quatre points, à une petite longueur de la Belgique, deuxième.

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Le 11 de l'Azerbaïdjan avant la victoire contre l'Écosse

L'Écosse a connu un parcours plus amer. Débutant avec un milieu en losange face à une talentueuse et disciplinée équipe de Belgique, la formation de Scot Gemmill passait ensuite en 4-4-2 puis en 4-2-3-1 sans pour autant parvenir à inscrire le moindre but durant la compétition. La Belgique, qui elle aussi avait du mal devant le but après un beau travail d'approche, notamment sur les ailes, s'offrait la deuxième place suite à un match nul et vierge face au Portugal. De son côté, l'équipe d'Hélio Sousa remportait le groupe avec sept buts marqués contre zéro encaissé.

Le Groupe B connaissait aussi son lot de rebondissements. Du côté de l'Allemagne, le point positif de son nul 2-2 avec l'Ukraine restera le caractère montré par la formation de Meikel Schönweitz, deux fois menée au score. Menée, elle le fut à nouveau après deux minutes de jeu suite à un corner de la Bosnie-Herzégovine lors de son deuxième match. Un penalty et un carton rouge (deux incidents séparés) lui permettaient de retourner la situation, tout comme son passage d'un milieu en losange à un 4-2-3-1 après la pause pour élargir son jeu et lui permettre de s'imposer 3-1. Les Allemands remportaient ensuite le groupe grâce à un succès 4-0 sur une Autriche dont deux titulaires étaient suspendus et de nombreux autres laissés au repos.

Andreas Heraf avait en effet gagné le droit de faire tourner son effectif après deux victoires 2-0 lors de ses deux premières sorties. Malgré la présence de plusieurs joueurs très talentueux, l'Ukraine évoluait dans un rigide 4-4-2 qui ne lui permettait malheureusement pas de trouver son attaquant Andriy Kulakov. Punis sur deux frappes lointaines signées Benjamin Hadžić, la rapide et talentueuse pointe bosnienne, les Ukrainiens terminaient lanterne rouge tandis que la victoire 2-1 permettait aux débutants de rentrer au pays la tête haute.

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La Bosnie pousse l'Ukraine vers la 4e place du groupe B

Une seule victoire n'aura pas suffi à qualifier les Italiens dans le Groupe D. Évoluant en 4-4-2 avec deux attaquants de pointe, la formation d'Alessandro Dal Canto lançait sa campagne par une victoire 2-1 contre la Serbie. Elle s'inclinait ensuite sur un coup de tête signé Che Nunnely à deux minutes de la fin du temps réglementaire contre les Pays-Bas, vainqueurs 1-0. Puis, après avoir remonté deux buts à l'Espagne, l'Italie pliait à nouveau par deux fois en fin de rencontre pour une défaite synonyme d'élimination. L'Espagne de Santi Denia s'octroyait quant à elle la première place après s'être notamment imposée d'entrée face aux Néerlandais (qui comptaient quatre joueurs suspendus) grâce à deux frappes lointaines. Un penalty de Dejan Joveljić offrait à la Serbie le point du match nul face aux Ibères, mais l'aventure de la formation d'Ilija Stolica prenait fin suite à la défaite 2-0 en fin de match face aux Pays-Bas, deuxièmes derrière l'Espagne.

C'est le Groupe C qui se montrait le plus indécis dans cette compétition. Deux erreurs défensives condamnaient l'Angleterre à une défaite 2-1 face à la Suède en première journée – un résultat qui offrira plus tard la qualification aux Scandinaves à la différence de buts particulière. Le Danemark, bien aidé par un superbe Oskar Snorre dans les buts, tenait la France en échec avant de battre ses voisins suédois en toute fin de match sur un but du remplaçant Sebastian Buch.

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Comme l'Italie, la Serbie est tombée sur les Pays-Bas

Les Danois occupaient alors la première place du groupe avec un point d'avance sur l'Angleterre après que les hommes de Steve Cooper ont dominé une France réduite à dix suite à l'expulsion de son gardien Gaëtan Poussin juste après la pause (2-0). De très belles combinaisons offensives permettaient ensuite à l'Angleterre de battre le Danemark 3-1, les courses de l'arrière latéral Dujon Sterling et de l'ailier Reiss Nelson causant toutes sortes de problèmes à une équipe du Danemark retranchée en 4-4-2. Malgré ce revers, la formation de Jan Michaelsen aurait été qualifiée si la France avait égalisé après s'être retrouvée menée 1-0 par la Suède. Mais ce ne fut le cas. L'une des surprises de ce tournoi restera l'élimination des troupes de Bernard Diomède, tenantes du titre, sans inscrire le moindre but malgré un jeu offensif de qualité.

Le premier quart de finale était plus ou moins plié après 20 minutes, José Gomes ouvrant la marque sur penalty pour le Portugal face à l'Autriche avant de doubler la mise d'un coup de tête suite à un contre fulgurant. La formation d'Andreas Heraf était ensuite forcée de se découvrir, permettant à Gomes de s'offrir après la pause l'unique triplé de la phase finale. Le Portugal faisait mouche à deux nouvelles reprises alors que l'Autriche ne comptait aucun tir cadré à l'issue du match.

De son côté, la Belgique n'aura trouvé le cadre qu'une seule fois contre une équipe d'Allemagne montant en puissance. La formation de Thierry Siquet évoluait en 4-3-3 en phase offensive et parvenait à se replier rapidement en cas de perte de balle, mais un manque d'efficacité dans le camp adverse permettait finalement à l'Allemagne de prendre le dessus. Cette dernière a dû tout de même s'en remettre à un exploit individuel signé Renat Dadashov, l'attaquant né en Azerbaïdjan décochant une frappe dans la lucarne pour mettre fin aux espoirs belges.

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Fran García félicité après son but décisif contre l'Angleterre

Les deux quarts de finale du lendemain se terminaient sur le même score. Au cours d'une première mi-temps durant laquelle elle eut énormément de mal à imposer son jeu au milieu de terrain, l'Angleterre se retrouvait menée suite à une superbe course en solo du milieu espagnol Fran García. La formation de Santi Denia, concentrée du début à la fin, aura su parfaitement museler la doublette Sterling-Nelson sur le flanc anglais. Aidée par trois arrêts de son gardien Iñaki Peña, l'Espagne conservait finalement son avance pour atteindre le dernier carré.

Les Pays-Bas s'attendaient à un match difficile face à une Suède composée d'une solide ligne défensive, bien aidée par le travail sans faille de deux sentinelles. Pour cette raison, Kees van Wonderen encourageait ses troupes à attaquer sans relâche dans les couloirs, où ses deux ailiers opposés ont l'habitude de créer le danger. La Suède parvenait cependant à limiter le nombre de centres dangereux tout en se projetant très rapidement en contre. Mais les Pays-Bas ouvraient finalement le score sur coup de pied arrêté après 62 minutes de jeu sur un corner de la gauche repris de la tête pour Tahith Chong en embuscade devant le but suédois. Même après être passée à trois derrière pour les cinq dernières minutes, la Suède ne trouvera pas ce but égalisateur synonyme de prolongation.

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Les Pays-Bas battus pas la Suède en quarts

Avec son attaquant Dylan Vente suspendu, Van Wonderen était forcé de revoir son XI de départ face au Portugal, qui alignait son équipe type. Les Néerlandais débutaient la rencontre pied au plancher, se montrant dangereux sur les ailes et capables de déstabiliser le jeu offensif portugais. Ils allaient pourtant s'incliner sur un coup de pied arrêté, un exercice dans lequel les Lusitaniens ont excellé tout au long de la compétition. José Gomes transformait en effet de la tête un coup franc du gauche botté de l'aile droite par l'arrière gauche Rúben Vinagre pour l'ouverture du score. Les Pays-Bas, passant d'un 4-3-3 à un 4-4-2 avec un milieu en losange après la pause, s'inclinaient à nouveau suite à une longue diagonale dans le dos de la défense permettant à l'arrière droit Diogo Dalot d'aller crucifier le gardien. La messe était dite, Van Wonderen admettant lui-même avoir perdu face à la meilleure équipe.

Quelques heures plus tard, sur une pelouse arrosée naturellement par la pluie azérie, l'Allemagne faisait figure de favorite face à une Espagne épuisée suite à sa bataille face à l'Angleterre livrée un jour après le quart de finale des Allemands. Sans surprise, les troupes de Santi Denia avaient du mal à rentrer dans le match. Un manque de concentration sur coup franc permettait à Kai Havertz de filer dans le dos de la défense pour servir de la droite Dadashov, dont l'ouverture du score était fêtée par les spectateurs de son pays de naissance. L'Espagne était ensuite forcée de dégager tant bien que mal plusieurs centres allemands, avant de doucement reprendre ses esprits en fin de première mi-temps.

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L'Espagne est revenue pour éliminer l'Allemagne en demies

Au retour des vestiaires, Denia lançait l'offensif Iván Martín à la place de son arrière gauche Gorka Zabarte, un changement qui allait s'avérer payant. Mais pas avant que la tentative de Jordi Mboula, dont le centre avait offert à l'Espagne un penalty à la 56e minute, ne trouve le montant allemand des 11 mètres. Le tournant du match d'un point de vue psychologique ? Pas vraiment. Sentant la victoire se rapproche, Meikel Schönweitz remplaçait Arne Maier par Jano Baxmann et faisait reculer le dangereux Havertz. Mais l'Allemagne allait payer cher un manque de concentration lorsque Martín s'échappait sur l'aile gauche pour aller offrir le but de l'égalisation à Abel Ruiz.

Même si Mboula faisait très mal au flanc gauche de la défense allemande, la rencontre semblait se diriger tout droit vers une cruelle séance de tirs au but... Jusqu'à la 118e minute. Un nouveau déboulé signé Mboula forçait le portier allemand Jan-Christoph Bartels à un superbe arrêt réflexe à bout portant, mais Brahim Díaz réagissait le premier pour pousser le ballon dans un but vide. Il restait assez de temps pour assister à l'expulsion de Bartels, auteur d'un tacle désespéré en dehors de la surface de réparation, même si rien n'allait priver cette Espagne de finale 100 % ibérique.

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