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EURO 2020, premières tendances tactiques

Par les observateurs techniques de l'UEFA.

Aucune équipe n'a plus pressé et plus eu le ballon que l'Espagne, mais cela ne la pas aidé à battre la Suède lors de la première journée
Aucune équipe n'a plus pressé et plus eu le ballon que l'Espagne, mais cela ne la pas aidé à battre la Suède lors de la première journée UEFA via Getty Images

Trente-six matches joués et 94 buts marqués. C'est une moyenne de 2,61 par match, inférieure aux 2,93 enregistrés la saison dernière en UEFA Champions League, mais ce n'est pas une surprise pour les observateurs techniques de l'UEFA qui analysent l'UEFA EURO 2020.

Leurs réflexions sur les quinze premiers jours indiquent une prise de risque moindre que dans les compétitions européennes de clubs, avec une tendance à utiliser trois défenseurs centraux et des blocs bas, sans doute alimentée par le désir d'éviter une élimination précoce. Comme le note Packie Bonner, gardien de la République d'Irlande lors de la phase finale de 1988 et aujourd'hui observateur technique de l'UEFA : « Le football de tournoi est très différent de celui de la Champions League, il s'agit de passer la phase de groupes. Je pense que cela va changer à mesure que nous avancerons ». La troisième journée, avec ses 39 buts (contre 28 puis 27 pour les deux précédentes) lui donne déjà un peu raison.

Les stats de l'UEFA EURO 2020

Défenses à trois

Treize équipes ont jusqu'à présent utilisé trois défenseurs à certains moments : Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, Allemagne, Hongrie, Pays-Bas, Macédoine du Nord, Pologne, Russie, Écosse, Suisse et Pays de Galles. Cela a donné lieu à diverses observations. Cette défense à trois, Corinne Diacre l'a considérée comme un signe renforçant les tendances défensives, pour la sécurité qu'apporte le défenseur central supplémentaire.

Les équipes sont passées de cinq défenseurs, lorsqu'elles n'avaient pas la possession du ballon, à un 3-2-5 lorsqu'elles attaquaient, et Mixu Paatelainen a considéré que le trio en question fournissait une base pour une approche offensive. La Pologne, par exemple, a adopté un 3-1-6 lorsqu'elle cherchait à obtenir un résultat, tandis que l'un des trois défenseurs centraux de la Belgique, Jason Denayer, pouvait être vu en train de s'aventurer devant. En fait, quatre des cinq équipes qui ont le plus pressé dans la phase de groupes ont joué avec trois défenseurs centraux.

Cette configuration permet également un bon équilibre dans la zone centrale, avec deux milieux de terrain couvrant l'espace devant les défenseurs pour les transitions. Même les équipes qui n'alignaient pas, techniquement, trois défenseurs ont fait preuve de flexibilité. David Moyes explique que l'Angleterre « joue avec une défense à quatre mais construit avec une défense à trois », avec l'arrière-droit Kyle Walker qui se décale lorsque l'arrière-gauche Luke Shaw monte.

Les observateurs de l'UEFA ont constaté une plus grande réticence à prendre le risque de jouer avec le gardien, le Croate Dominik Livaković et l'Anglais Jordan Pickford en donnant des exemples. On peut donc se demander si, avec quatre billets pour les huitièmes de finale pour les équipes classées troisièmes, certaines équipes n'ont pas considéré qu'il était plus important de ne pas perdre de match à ce stade que de tout faire pour gagner. À noter tout de même : les 94 buts marqués représentent augmentation par rapport aux 69 de la phase de groupes de l'EURO 2016.

Quand presser ne paie plus

Aucune équipe n'a pressé aussi fréquemment que l'Espagne, qui a enregistré une action défensive pour 7,98 passes adverses. Viennent ensuite les Pays-Bas avec 10,75. L'Italie a été particulièrement efficace pour récupérer le ballon, comme en témoigne le fait qu'elle a marqué trois buts sur des récupérations de balle dans son tiers offensif, plus que les deux de l'Espagne, du Portugal et du Danemark.

Blocs bas

Les observateurs de l'UEFA ont eu l'impression qu'un nombre important d'équipes se sont contentées de se reposer sur un bloc bas, en gardant leur système et en laissant le ballon à l'autre équipe (une raison possible pour expliquer les 13 % de buts provenant de tirs de l'extérieur de la surface). Le Pays de Galles, par exemple, est sorti du Groupe A avec une moyenne de 40 % de possession de balle et le deuxième plus faible taux de pression (1 attaque toutes les 22,19 passes adverses).

Un autre exemple est venu de la Suède, les vainqueurs invaincus du Groupe E qui ont eu une moyenne de 36 % de possession de balle pendant toute la phase de groupes. En tenant l'Espagne en échec 0-0 à Séville, ce chiffre est tombé à 25 %. Il est intéressant de se demander dans quelle mesure la Suède a été aidée ce jour-là par le fait qu'elle a pu faire entrer cinq remplaçants contre une équipe espagnole qui, comme on le sait, aime épuiser ses adversaires en les faisant courir après le ballon.

Les possédés de la possession

Il reste à voir si ce tournoi suivra l'exemple de l'EURO 2016, où seuls 4 des 15 matches à élimination directe ont été remportés par l'équipe qui avait le plus de possession de balle. Ginés Meléndez, l'observateur de l'UEFA à Séville, s'est demandé si la possession du ballon était toujours un atout comme à l'époque de la domination espagnole, il y a dix ans. Si l'approche de l'Espagne est la même (jusqu'à présent, elle a une moyenne de 69 % de possession par match), celle de l'Italie a quelque peu changé puisque sa moyenne de 45 % sous Antonio Conte en 2016 est passée à 58 % dans cet EURO sous Roberto Mancini. Quant à la France, championne du monde en titre, elle conserve la même vision largement pragmatique en matière de possession qu'il y a cinq ans : 52 % à l'époque et autant aujourd'hui. En fin de compte, les observateurs estiment que la possession en soi est moins importante que ce qui en découle : centres, occasions, frappes et buts.

Stats

Buts par match : 2,62
Plus forte possession (moyenne) : 69 % – Espagne
Meilleur taux de passes réussies (moyenne) : 90 % – Allemagne
Plus grand nombre de buts dans le jeu : 6 – Italie
Plus grand nombre de buts sur balle arrêtée : 3 – Espagne