Liverpool, c'est fou !

AC Milan - Liverpool FC 3-3 (2-3 t.a.b.)
Menés 3-0 à la mi-temps, les Reds réussissent l'exploit en battant les Rossoneri aux tirs au but.

Carlo Ancelotti se souvient de son "rendez-vous avec le destin" contre Liverpool, et d'une bataille farouche face à la Juventus Turin.

Par Jérôme Matteucci au stade olympique Atatürk

Le Liverpool FC a remporté cette 50e édition de l’UEFA Champions League. Après un match serré et d’une intensité folle, l’un des plus beaux de cette édition de l’UEFA Champions League, les Anglais ont finalement remporté le trophée tant convoité aux tirs au but.

Un début tonitruant
Carlo Ancelotti et Rafael Benítez ne réservaient aucune surprise quant à la formation de départ. Le match s’est immédiatement mis sur de bons rails pour les Milanais. Dès la première minute, le capitaine Paolo Maldini a inscrit le premier but en reprenant de volée un coup franc tiré à mi-hauteur par Andrea Pirlo de la droite. Surpris par ce départ en trombe, les Reds essayaient de réagir très vite et Sami Hyypiä adressait une tête mais trop centrale et Nelson Dida bloquait (4e). Le Milan, bien disposé tactiquement, ne souffrait pas de la fatigue de fin de saison tant redoutée. Peu avant le quart d’heure, le Milan était proche de doubler la mise sur un corner tiré par Clarence Seedorf. Hernán Crespo déviait au premier poteau, mais Luis García suppléait Jerzy Dudek sur sa ligne.

Kakà impérial
Durant le premier quart d’heure, les joueurs du Liverpool n'ont pas pas réussi à prendre la mesure des Rossoneri au milieu de terrain. A la 23e, Benítez décidait déjà de faire un changement et remplaçait Harry Kewell, blessé par Vladimir Šmicer. Le jeu en rapidité de Milan à une touche de balle ne permettait pas aux Reds d’imposer leur jeu. A la 28e minute, Kakà prenait la balle au milieu de terrain pour lancer Andriy Shevchenko dans le trou, qui ne ratait pas sa cible. Malheureusement pour l'Ukrainien, le but était refusé pour hors-jeu millimétrique. Trop imprécis, les Anglais n’arrivaient pas à mettre en danger Dida. A la 39e, après que Luis García eût réclamé un penalty pour une main d'Alessandro Nesta, Kakà menait une contre-attaque fulgurante. Il lançait Shevchenko d’une petite passe lobée qui servait Crespo sur un plateau : 2-0. Et à la 42e, Kakà encore lui se débarrassait de Steven Gerrard et transmettait à Crespo en profondeur avec une grande précision qui trompait le pauvre Dudek battu pour la troisième fois. Le match semblait clos avec un AC Milan sûr de lui et serein.

Du paradis à l’enfer
A la reprise, les hommes de Rafael Benítez n’ayant plus rien à perdre, c’est Dietmar Hamann qui entrait à la place de Steve Finnan pour donner plus d’épaisseur au milieu de terrain. Et le pari était réussi. A la 50e, Xabi Alonso, des 30 mètres, tentait une frappe qui passait à côté du but. Les Milanais voulaient contrôler le match, mais c’était sans compter sur le "fighting spirit" anglais : une minute plus tard, Gerrard redonnait espoir aux Anglais d’une tête splendide. Et Atatürk reprenait vie car deux minutes plus tard, Šmicer fusillait Dida des 20 mètres, avant que Gerrard, encore lui, ne s’infiltre dans la défense lombarde et soit arrêté irrégulièrement par Gennaro Gattuso. Xabi Alonso se chargeait du penalty et le transformait en deux temps. Le Milan sombrait et tout était à refaire.

Le jeu s’équilibre
Déboussolés, les Rossoneri essayaient de se reprendre, alors que les fans des Reds se déchaînaient. A la 69e, sur une incursion de la droite, Shevchenko recevait la balle au second poteau et frappait. Mais Djimi Traoré sauvait sur sa ligne. A la 79e, Crespo avait la balle du 4-3 au bout des pieds mais tergiversait trop dans les 16 mètres adverses et servait Kakà trop tard, repris par un défenseur anglais. Cinq minutes plus tard, Djibril Cissé faisait son apparition sur la pelouse à la place de Baroš sous les applaudissements des 40 000 supporteurs anglais. Alors que Jon Dahl Tomasson et Serginho rentraient à la place de Crespo et Seedorf. A la 88e, c’est Kakà qui était à deux doigts de marquer de la tête sur corner. Les deux minutes supplémentaires ne donnaient rien et laissaient la place aux porlongations.

Les équipes se neutralisent
La fatigue commençant à se faire sentir, les prolongations ne donnaient rien, la seule occasion de but était italienne avec Tomasson qui manquait le ballon devant Dudek après un centre de Serginho. Plus rien ne devait se passer jusqu’à 3 minutes du terme, lorsque Shevchenko voyait d’abord sa tête, puis son tir à deux pas des buts repoussés par Dudek avec un peu de réussite et beaucoup de brio. On arrivait aux tirs au but tant redoutés. Après les tirs manqués de Serginho et Pirlo, c’est Riise qui ratait. Shevchenko ratait le dernier penalty et c’est le Liverpool FC et tout le stade qui pouvait jubiler.

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