Onana : "Un honneur d'être le premier"

Entretien exclusif avec André Onana. Le gardien de but de l'Ajax affirme son amour pour le club néerlandais et parle de modèles, les siens mais également celui qu'il représente pour le continent africain.

André Onana et l'Ajax ont atteint le dernier carré la saison dernière
André Onana et l'Ajax ont atteint le dernier carré la saison dernière ©AFP/Getty Images

Le gardien de but international camerounais André Onana, 23 ans, participe à sa seconde phase de groupes de l'UEFA Champions League. Demi-finaliste la saison dernière avec l'Ajax, il affirme porter "l'espoir" pour l'Afrique.

UEFA.com : Vous jouez pour l'AFC Ajax, est-ce une fierté de représenter ce club, surtout au vu de ce que vous avez réalisé la saison dernière en Champions League ?
André Onana :
Je me sens fier et c'est un honneur de pouvoir représenter cette ville et de porter le maillot de cet immense club. C'est le club qui m'a fait venir ici à 18 ans et qui a placé sa confiance en moi à 19 ans.

©AFP/Getty Images

Je suis vraiment reconnaissant et heureux, et j'espère pouvoir rendre cette confiance sur le terrain. C'est vrai que la saison dernière a été fantastique pour nous mais c'est terminé maintenant et nous devons essayer de rêver à nouveau.

Ce sera encore plus difficile mais nous allons tous tout donner, avec l'espoir de pouvoir rêver encore.

Il n'y a pas beaucoup de gardiens africains en UEFA Champions League, dans les compétitions européennes. Vous considérez-vous comme une sorte de pionnier ?
Eh bien, pour moi, il n'y en a vraiment pas beaucoup. C'est un honneur pour moi d'être le premier*. À ce poste, en tant que gardien africain, c'est encore plus difficile d'atteindre ce niveau.

Aujourd'hui, je suis considéré comme un modèle. Chaque fois que je joue, il y a des gardiens là-bas qui ont plus d'espoir de pouvoir faire un jour ce que je fais.

Je suis très heureux de pouvoir donner cet espoir à ces gens de mon continent. Bien sûr, ce n'est pas facile et je dois travailler très dur. J'espère que Dieu me donnera la force de pouvoir vivre le rêve de tout le monde.

Y a-t-il d'autres gardiens que vous admirez ? Essayez-vous d'apprendre des choses d'eux, de copier leur style ?
Je pense qu'il y a de grands gardiens (en UEFA Champions League) et j'essaie de marcher sur leurs traces, ce qui n'est pas une mince affaire car ils sont très bons et ont beaucoup d'expérience. Ce sont des modèles pour moi.

©Getty Images

Ils jouent pour de grands clubs et je pense que ce sont les meilleurs portiers, je parle de gardiens comme (Marc-André) ter Stegen, (Manuel) Neuer, Ederson, Alisson (Becker). Ce sont des gardiens exceptionnels. Il y a un paquet d'autres gardiens que je pourrais citer, mais si je devais commencer à lister les noms, je pense que nous serions encore là demain.

Quelles sont vos forces et faiblesses en tant que gardien ?
Je pense que mes faiblesses, j'ai mes faiblesses, sont celles de tout le monde. Tout le monde commet des erreurs et nous avons tous nos mauvais jours. Comme je l'ai dit, je me considère comme assez fort, comme un gardien complet. Mais mes forces ont davantage à voir avec ma personnalité et mon caractère.

Quoi qu'il arrive et que je fasse des erreurs ou pas, je continue mon chemin. Je sais que les erreurs font partie d'un processus d'apprentissage et que parfois il faut en commettre pour apprendre et pour progresser.

Je pense être également performant dans les airs et balle au pied. Je pense que cela me distingue d'un certain nombre d'autres gardiens de but qui sont bons partout. C'est de la part de ces gardiens que j'espère apprendre et que j'essaie en tout cas.

Évoquons à présent vos débuts au Cameroun. Vous êtes-vous intéressé au football ? Je crois que vos parents ne voulaient pas que vous jouiez.
Aujourd'hui, quand je repense à ces moments, cela me fait rire parce qu'à cette époque, les parents, c'est vrai, ne voulaient pas que je joue au football. Ils voulaient que je me concentre sur mes études. Mais je n'aimais pas étudier, je voulais faire d'autres choses et parmi ces choses, il y avait le football.

Ensuite, j'ai rejoint la Fondation Samuel Eto'o à Douala et à partir de là le FC Barcelone. C'est un rêve qui est devenu réalité. C'est difficile d'y arriver lorsqu'on vient de cette partie du monde. J'ai eu la chance de me retrouver là-bas comme chez moi (...). Ce furent six années merveilleuses.

*Un autre gardien africain, Bruce Grobbelaar, a déjà atteint la finale, avec Liverpool en 1984

Haut