Oberlin: "Mes amis étaient tous choqués"

Pour Dimitri Oberlin, le jeune attaquant suisse du FC Bâle, tout va vite, très vite, Benfica l'a découvert en même temps que l'Europe entière. Interview exclusive.

Dimitri Oberlin trompe le gardien de Benfica après une course de folie
Dimitri Oberlin trompe le gardien de Benfica après une course de folie ©AFP/Getty Images

Dimitri Oberlin, tout juste 20 ans, international espoir suisse d'origine camerounaise, a découvert la phase de groupes de l'UEFA Champions League cette saison avec le FC Bâle (il a été prêté par le Red Bull Salzbourg). Avec succès, déjà trois buts dont deux le 27 septembre, le jour de son anniversaire, contre Benfica (5-0). UEFA.com l'a rencontré. Et il est revenu sur son premier but contre Benfica, inscrit après un sprint incroyable de près de cent mètres.

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UEFA.com :  Dimitri, vous êtes né à Yaoundé, à quel âge êtes-vous arrivé en Suisse ?
Dimitri Oberlin : Je suis arrivé en Suisse à l'âge de huit ans avec mon petite frère, ma mère était déjà là avec sa famille, elle avait décidé qu'on devait venir pour avoir une meilleure vie qu'au Cameroun. J'ai eu la chance en Suisse de commencer vraiment le foot, au Cameroun, je jouais avec mon petit frère devant la maison pour m'amuser. En Suisse, j'ai pu découvrir le "vrai" football si on peut dire.

Revoir son doublé contre Benfica
Revoir son doublé contre Benfica

UEFA.com : Et au Cameroun, devant la maison, qu'avez-vous appris ?
Je pense que j'ai beaucoup appris mais sans le savoir. Devant la maison, tu essayes de refaire ce que tu as vu à la télé ou ce que les grands joueurs ont fait. Je ne peux pas dire vraiment ce que j'ai appris, beaucoup de choses sont venues naturellement. 

UEFA.com : Comme votre vitesse ? Vous avez toujours été plus rapide que les autres ?
Je ne pense pas que je me suis senti toujours plus rapide. C'est naturel, les jeux que je faisais au Cameroun quand j'étais petit, c'était des jeux de course, c'est de là que vient ma vitesse, c'est pas venu avec le travail, c'est venu en jouant.

Vous venez de parler des grands joueurs, quelles étaient vos idoles ?
J'ai beaucoup aimé Kaka, un joueur qui me plaisait par sa façon de jouer, mais aussi Ronaldinho ou Ronaldo. Luis Suarez, c'est venu après, en arrivant en Europe. J'ai découvert ce "vrai" football et j'ai cimmencé à plus regarder les joueurs offensifs et Luis Suarez m'a beaucoup plu.

Sa réaction après ce doublé
Sa réaction après ce doublé

Vous avez déjà dit qu'en Afrique, l'Europe, c'était un rêve pour beaucoup. 
Pour tous les Africains, l'Europe, c'est le rêve absolu. Beaucoup d'Africains viennent en Europe et réussissent. C'est l'image que les Africains ont en Afrique. Mais beaucoup viennent ici (en Europe) et c'est plus difficile pour eux, mais peu de personnes disent 'celui-là, il a pas réussi'. On prend les choses positives, donc la réussite, c'est pour ça que les Africains pensent que l'Europe, c'est le rêve.

Vous avez débuté en phase de groupes de Champions League, à Old Trafford, c'était comment ?
C'était très, très impressionnant. Je n'avais encore jamais été dans ce stade, cette ville. Je n'arrive même pas à le définir, c'est énorme. Entrer en jeu, même si on était en train de perdre, c'était beau de pouvoir courir sur cette pelouse. L'atmosphère est différente, c'était juste magnifique. 

Pensez-vous que vos bonnes performances cette saison sont liées à la bonne relation entre vous et l'entraîneur (le Suisse Raphaël Wicky) ?
Je pense que j'ai la chance d'avoir un entraîneur qui parle français, qui me connaît depuis que je suis en Suisse. Ici, j'ai une certaine liberté sur le terrain, je travaille d'abord pour l'équipe mais quand j'ai le ballon, l'équipe et l'entraîneur me laissent faire ce que j'ai dans la tête. Parfois, ça réussit, parfois, ça réussit pas. Pour moi, c'est ça le football.

Oberlin aussi buteur à Moscou lors de la 3e journée
Oberlin aussi buteur à Moscou lors de la 3e journée

Votre but contre Benfica, c'était la meilleure façon de fêter votre anniversaire, non ? 
Oui, je n'arrive toujours pas à réaliser ce que j'ai fait. C'est un match qui m'a beaucoup apporté, j'ai beaucoup appris. Un anniversaire comme ça, on n'en a pas deux fois ! 

La vidéo de ce but est devenue virale sur les réseaux sociaux. 
Je ne suis pas trop sur les réseaux sociaux, mais j'ai eu des messages de mes amis, c'était beau à voir. Mes amis étaient tous choqués, surpris, ils ne savaient pas que j'allais aussi vite, j'ai eu beaucoup de messages d'encouragement. Ça te motive encore plus.

Et quand le ballon est arrivé sur vous, que vous êtes-vous dit ?
Je ne sais pas exactement ce que j'ai pensé, je me suis dit' je suis devant le but, c'est une grosse chance de marquer. C'est la Champions League, c'est contre Benfica, si on met le 2-0, on est mieux placés dans le match."

C'était votre premier but en Champions League. 
C'était extraordinaire, c'est une compétition très difficile, il y a tous les grands joueurs. Pouvoir marquer dans cette compétition, c'est quelque chose que je n'arrive pas à définir mais ça me rend heureux.

Comment vous-êtes vous développé en tant que joueur en Champions League ?
C'est plus ou moins le travail, chaque jour à l'entraînement. Quand tu travailles dur, tu progresses. La Champions League, c'est très difficile, tu joues contre les meilleurs joueurs du monde, tu dois penser plus vite, faire les choses simples. C'est ce que j'ai essayé de faire jusqu'à maintenant.

Quelles sont vos plus grandes qualités en tant qu'attaquant ?
Ma qualité, comme vous l'avez dit, c'est la vitesse, mais aussi pouvoir faire ce qui me vient. Aujourd'hui, quand je prends le ballon, je ne sais pas encore ce que je vais faire avec. C'est quelque chose qui me vient, ça me surprend parfois mais les défenseurs aussi. 

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