Des chemins différents, le même rêve, comment Sabah et l’entraîneur Dambrauskas ont atteint la Ligue des champions
vendredi 2 octobre 2026
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Il y a tout juste neuf ans, le Sabah FK n’existait pas. Aujourd’hui, le club azerbaïdjanais est le plus jeune club à avoir jamais atteint la phase de ligue ou la phase de groupes de la Ligue des champions de l’UEFA.
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Le 25 août, le rêve de Ligue des champions de Sabah semblait terminé. Battus 2-1 par le Hapoel Beer-Sheva à l’aller de leur barrage, les champions d’Azerbaïdjan avaient été menés à deux reprises à Bakou et il leur fallait un but pour rester dans la confrontation alors que les secondes s’écoulaient dans le temps additionnel.
Il est venu d’où on l’attendait le moins.
Tellur Mutallimov n’avait joué que 345 minutes lors de la campagne victorieuse de Sabah en championnat et n’avait marqué aucun but. Mais à la 94e minute, il a inscrit le 3-2 et maintenu en vie les espoirs de Sabah en Ligue des champions. Deux autres buts en prolongation ont scellé une victoire 5-2 et envoyé les Hiboux en phase de ligue pour la première fois.
Ce résultat est venu couronner l’ascension remarquable d’un club fondé il y a seulement neuf ans, et d’un entraîneur principal, Valdas Dambrauskas, dont le parcours vers la Ligue des champions est tout aussi singulier.
Des débuts improbables
Ayant grandi en Lituanie, Dambrauskas n’a jamais eu la possibilité de pratiquer le football en club, mais la Coupe du monde de la FIFA 1990 en Italie, qu’il a regardée à la télévision, l’a convaincu qu’il voulait devenir entraîneur.
En 2002, à 25 ans, Dambrauskas a participé à un jeu télévisé lituanien et a remporté 4 000 litas, soit environ 1 160 €. Il s’en est servi pour s’installer en Angleterre, où il a étudié les sciences du sport et le coaching à la London Metropolitan University et commencé à travailler dans le football comme entraîneur bénévole dans le football des jeunes à l’échelon local.
« Je suis heureux chaque jour de réaliser mon rêve de travailler dans le football, d’avoir la chance de vivre dans différents pays et de diriger des clubs au riche passé et aux grandes traditions », dit-il.
Plus de vingt ans plus tard, après des passages en Lituanie, en Lettonie, en Croatie, en Bulgarie, en Grèce, à Chypre et en Hongrie, son parcours l’a ramené en Angleterre en tant qu’entraîneur de Ligue des champions.
Un jeune club en pleine ascension
Fondé en septembre 2017, Sabah a connu des débuts difficiles et plusieurs changements d’entraîneur tout en développant progressivement ses infrastructures et son équipe première.
En 2022/23, le club a terminé deuxième de la Premier League d’Azerbaïdjan, ce qui lui a permis de disputer pour la première fois les qualifications européennes, et il a remporté en 2025 le premier grand trophée de son histoire, la Coupe d’Azerbaïdjan.
Dambrauskas est arrivé cet été-là, même si sa relation avec le club remonte à bien plus tôt.
« J’étais en contact avec Sabah près de deux ans avant de venir travailler ici », explique-t-il. « Les bases du succès étaient là. Sabah est peut-être un jeune club, mais il a grandi très vite. C’est un club bâti sur des valeurs, la confiance et le respect. Tout le monde, du président du club au jardinier, tire dans la même direction. »
Dès sa première saison comme entraîneur principal, Dambrauskas a mené Sabah à son premier titre de champion et à une nouvelle Coupe d’Azerbaïdjan, réalisant un doublé national retentissant. Son approche offensive a aussi contribué à une remarquable série de 33 matches sans défaite.
« Le plus grand défi était de convaincre les joueurs qu’ils étaient capables de battre n’importe qui », dit-il.
Du rêve à la réalité en huit matches
Cette confiance a été mise à l’épreuve cet été, alors que Sabah, non tête de série, a traversé quatre tours de qualification, en battant d’abord les champions du pays de Galles de The New Saints 4-1 sur l’ensemble des deux matches, puis les tenants du titre finlandais du KuPS Kuopio 3-0.
Le premier revers est survenu avec une défaite 2-1 à l’aller face aux champions du Danemark d’Aarhus.
« Même la défaite à l’aller au Danemark nous a donné plus de confiance que certaines victoires », dit Dambrauskas. « Nous savions que nous pouvions renverser la situation. »
Ils l’ont fait de manière éclatante, en s’imposant 4-0 devant leur public à Bakou, avant l’intervention décisive de Mutallimov à la 94e minute lors des barrages.
« Pour les amateurs de football ordinaires, le succès de Sabah n’était pas attendu », dit Dambrauskas. « Même en Azerbaïdjan, les gens doutaient que nous puissions atteindre la phase de ligue de la Ligue des champions. À l’intérieur du club, le sentiment était différent. Nous savions que nous étions une bonne équipe, capable d’aller jusqu’au bout. »
Ce n’est pas fini
Sabah a désormais l’occasion de mesurer exactement le chemin parcouru, le nouveau format élargi de la phase de ligue lui offrant la chance de se frotter à une partie de l’élite européenne, dont Manchester United, le FC Barcelona, le Borussia Dortmund, Naples et Arsenal.
Pour Dambrauskas, il s’agit de l’aboutissement d’un objectif qu’il porte depuis le début de sa carrière d’entraîneur.
« Le voyage a été agréable, mais je veux qu’il dure », dit-il. « J’aimerais vraiment penser que cette saison est une étape et que bien plus m’attend, moi et le club, à l’avenir.
« Nous continuerons à travailler, à apprendre et à rêver. »