Champions League officielle Scores & Fantasy foot en direct
Obtenir
UEFA.com fonctionne mieux avec d'autres navigateurs
Pour profiter au mieux du site, nous recommandons d'utiliser Chrome, Firefox ou Microsoft Edge.

Analyse, Champions League, surnombres sur les ailes et ajustements tactiques

L’observateur technique de l’UEFA Ange Postecoglou analyse d’autres subtilités tactiques du huitième de finale retour de l’UEFA Champions League entre Manchester City et le Real Madrid.

Jeremy Doku face à la défense du Real Madrid lors du huitième de finale retour de l’UEFA Champions League de Manchester City
Jeremy Doku face à la défense du Real Madrid lors du huitième de finale retour de l’UEFA Champions League de Manchester City Getty Images

Dans son résumé de la rencontre de cette semaine entre Manchester City et le Real Madrid, l’observateur technique de l’UEFA Ange Postecoglou l’a décrite comme un match aux styles contrastés. Avec l’équipe à domicile de Pep Guardiola comptant trois buts de retard dans ce huitième de finale de l’UEFA Champions League, ce qui s’est produit fut un match retour marqué par « la domination de City et le Real attendant juste ce moment unique où ils pourraient percer ».

Man City 1-2 Real Madrid : Stats et feuille de match,

Au-delà de ce premier résumé de la victoire 2-1 du Real Madrid, d’autres détails ont attiré l’attention de Postecoglou et de l’unité d’analyse des matches de l’UEFA, notamment la façon dont le Real Madrid d’Álvaro Arbeloa était configuré pour perturber l’organisation défensive de City, et la réponse de Guardiola qui a permis à City, malgré un homme en moins après l’expulsion de Bernardo Silva, de dominer une grande partie de la seconde période.

Le début agressif de Manchester City

Le premier aspect à souligner est toutefois le début agressif et à haute intensité de City. Avant ces matches retour de la semaine, nous avions anticipé des démarrages rapides, et ce match n’a pas fait exception.

La clé de ce phénomène a été le déploiement par Guardiola d’un surnombre délibéré sur le côté droit, comme le montre le graphique ci-dessus qui souligne les positions moyennes de Matheus Nunes, Bernardo Silva, Rayan Cherki et Tijjani Reijnders lorsque City avait la possession lors du premier quart d’heure.

Ce surnombre est la caractéristique principale de la vidéo ci-dessous qui montre également leur menace venant de l’ailier Jeremy Doku. Il avait de l’espace pour attaquer sur la gauche en conséquence directe du surnombre de l’autre côté et, dans le deuxième clip, on le voit déborder son défenseur latéral et offrir une occasion de tir à Cherki. La menace de Doku est reflétée par le fait qu’il a tenté 14 dribbles, dont sept réussis, et effectué cinq passes clés.

City a également placé beaucoup de monde dans et autour de la surface bien que, dans leur poussée initiale, il convient de noter aussi le rôle du défenseur central Abdukodir Khusanov qui est resté plus bas avec pour mission de marquer Vinícius Júnior.

Analyse, Man City sur le côté droit

Impact des propres surnombres latéraux du Real Madrid

City n’était pas seul à chercher des surnombres sur les ailes et, après le match de mardi, Guardiola est revenu sur un défi que le Real Madrid avait présenté par son positionnement. Louant l’approche d’Arbeloa, Guardiola a déclaré : « Sa performance aujourd’hui a été très bonne, ouvrant le milieu de terrain vers l’extérieur avec trois ou quatre joueurs sur les ailes. »

Ce graphique illustre le propos de Guardiola, montrant comment 54 % des réceptions de balle combinées en première période par les milieux de terrain Arda Güler et Thiago Pitarch ont eu lieu dans les deux couloirs les plus larges du terrain.

Ceci est mis davantage en évidence par la vidéo ci-dessous dans laquelle nous voyons plusieurs exemples de milieux de terrain du Real Madrid s’écartant sur les ailes et donnant à leur équipe une « triple largeur » par moments, compte tenu de la présence habituelle du latéral et de l’ailier dans cette zone.

Analyse, les surnombres du Real Madrid sur les côtés

Cette « triple largeur » est évidente dans le clip 1, par exemple, où l’on voit Pitarch près de la ligne de touche, rejoignant le latéral et l’ailier. Cela a créé un défi pour une équipe de City qui pressait haut sur le terrain, s’appuyant sur une ligne défensive haute. Comme l’a expliqué Postecoglou : « Il y avait définitivement une tentative délibérée d’attirer les joueurs sur les côtés et de créer des brèches dans la ligne défensive et de rendre ces espaces au-delà de la ligne haute encore plus évidents. »

Malgré ce défi, dans le clip 1, City réussit à récupérer le ballon, bien que dans le clip 2 les espaces mentionnés par Postecoglou apparaissent tandis que le clip 3 montre le succès du Real Madrid à en profiter, la séquence menant au penalty accordé qui a apporté leur premier but et l’expulsion de Bernardo Silva. Guardiola a admis après coup que « nous n’arrivions pas bien sur les ailes avec quatre joueurs, avec leur vitesse et des joueurs faisant des appels dans l’espace. »

Manchester City passe à trois défenseurs centraux

Avec un changement à la mi-temps de l’éternel innovateur Guardiola, City a trouvé une solution qui lui a permis de mieux contrôler le problème ci-dessus et de dominer une grande partie de la seconde période, comme en témoigne le graphique montrant que 70 % de la période entre la 45e et la 60e minute s’est déroulée dans la moitié de terrain du Real Madrid. Durant ce temps, City a décoché huit tirs et le Real Madrid un seul.

Sur le détail de l’ajustement de Guardiola, il a modifié le système de City en faisant entrer deux défenseurs centraux, Marc Guéhi et Nathan Aké, qui ont remplacé Rúben Dias et Matheus Nunes. Avec ces deux remplaçants et Khusanov, City disposait désormais d’une défense à trois, Cherki et Rayan Aït-Nouri évoluant comme pistons. « À cinq, nous arrivions davantage dans le dernier tiers », a affirmé Guardiola et la vidéo ci-dessous donne un exemple de leur menace offensive au début de la seconde période.

Analyse, Man city défend à trois centraux

« Pep a effectué à la mi-temps des ajustements tactiques qui leur ont permis de rester tout à fait dans le match », a analysé Postecoglou. « Ils avaient une base plus stable en passant à la défense à trois et en ayant deux joueurs de couloir qui restaient excentrés. Le changement tactique et leur état d’esprit les ont maintenus très présents dans le match et ont minimisé l’effet de l’avantage numérique du Real. Ce n’est vraiment que lorsque Kylian Mbappé est entré et que le jeu s’est étiré que l’on a eu l’impression qu’ils étaient en infériorité numérique. »

Enfin, comme l’a souligné Postecoglou, le nouveau système de City lui a permis de continuer à jouer selon ses convictions fondamentales. « Cela leur a donné une structure pour dire : « À dix, nous pouvons maintenir notre domination dans la façon dont nous voulons jouer notre football ». »

Réflexion de l’entraîneur : comment une base solide aide lors des flux tactiques

Le changement de Guardiola ci-dessus offre un exemple probant des duels tactiques qui ont lieu entre entraîneurs d’élite, et de la façon dont les ajustements peuvent affecter un match. Être capable de s’adapter à l’évolution des circonstances sur le terrain est crucial pour les entraîneurs comme pour les joueurs.

Un point clé selon Postecoglou est que les joueurs, lorsqu’on leur demande de s’adapter, bénéficient d’un sentiment clair de leur identité en tant qu’équipe. Comme avec Guardiola et City, tout ajustement en cours de match peut aider à soutenir la philosophie dominante.

« Le plus grand défi pour tout jeune manager est de savoir quand on arrive au point où il y a une telle clarté sur la façon dont vous voulez que votre équipe joue qu’elle surpasse tous les défis immédiats auxquels vous pourriez être confronté », a déclaré Postecoglou.

« Dans un grand match comme celui-là, où l’on sait ce qui est en jeu et où l’on reçoit la pire main possible, il y a un groupe de joueurs qui est absolument au clair sur ce que l’entraîneur veut et je pense que cela permet ensuite aux joueurs de pouvoir faire face aux circonstances parce qu’ils savent : « C’est ce que nous sommes, c’est ainsi que nous jouons, c’est ce en quoi notre manager nous a fait croire ». »

Pour Postecoglou, par conséquent, avoir cette « base solide », comme City, signifie que les joueurs peuvent garder une vue d’ensemble. « Il s’agit de dire : « Nous allons devoir nous ajuster un peu », mais les principes de base de « nous voulons jouer, nous voulons presser, nous voulons être agressifs » demeurent. »

Après avoir établi sa réputation d’entraîneur en Australie, Ange Postecoglou, né en Grèce, a apporté son style de jeu offensif en Europe, remportant un doublé national puis un triplé national en deux saisons au Celtic, avant de mener Tottenham vers la gloire en UEFA Europa League en 2024/25.