Analyse, UEFA Champions League, les détails qui ont fait la différence pour l’Atleti
vendredi 27 février 2026
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Le triplé d’Alexander Sørloth a fait la une, mais les observateurs techniques de l’UEFA ont vu bien d’autres motifs de satisfaction dans le barrage retour de l’UEFA Champions League remporté par l’Atlético de Madrid face à Club Brugge.
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Cette semaine, les gros titres du Metropolitano étaient consacrés à l’attaquant de l’Atlético de Madrid, Alexander Sørloth, héros buteur lors de la victoire en barrage de l’UEFA Champions League contre Club Brugge.
En effet, le triplé du Norvégien lors de la victoire 4-1 de mardi au match retour a déjà été étudié à la loupe par l’unité d’analyse des matches de l’UEFA. Pourtant, il y avait bien d’autres points à considérer outre les buts de Sørloth et, dans l’analyse qui suit, nous explorerons l’approche courageuse de Club Brugge en première période, l’impact de Sørloth en tant que pivot de l’Atleti et, enfin, l’importance des corners sur les deux matches d’une confrontation qui s’est achevée sur un score total de 7-4 en faveur de l’équipe espagnole.
La pression individuelle des visiteurs
Club Brugge a peut-être quitté la compétition, mais l’équipe a joué son rôle dans une confrontation passionnante, d’abord lors du nul 3-3 du match aller, puis à Madrid où elle aurait mené 2-1 à la mi-temps sans un superbe arrêt de Jan Oblak à la 38e minute sur une tête à bout portant de Hugo Vetlesen.
L’aspect le plus frappant du jeu de Club Brugge a été son courage à presser en nombre et avec une intensité admirable haut sur le terrain.
À partir d’un système en 4-3-3, les visiteurs ont pratiqué un marquage individuel sur tout le terrain et ont satisfait leur entraîneur Ivan Leko par leur approche en première période. « C’était du football, avec de l’énergie, de l’intensité, et ici ce n’est pas facile, cette équipe a gagné 4-0 il y a deux semaines contre le FC Barcelona, et mes garçons ont été courageux », a-t-il déclaré.
« Leur entraîneur a mis en place un plan de jeu avec beaucoup de pression, en jouant dans notre camp », a noté son homologue Diego Simeone, dont les frustrations face aux difficultés de l’Atleti à construire le jeu au début se sont manifestées par sa réaction lorsque le défenseur gauche Matteo Ruggieri a perdu le ballon. S’en est suivie une petite intervention sous la forme d’une consigne demandant à Ruggieri de chercher plus de longueur, ce qui rappelle l’approche du FC Bayern München contre le PSV Eindhoven le mois dernier et nous amène au deuxième sujet : le jeu en pivot de Sørloth.
Le rôle de leader de Sørloth
Dans notre première analyse d’après-match de la rencontre de mardi, l’accent était mis sur les buts de Sørloth et son rôle de point d’appui. Pour approfondir ce dernier aspect, le Norvégien de 30 ans a été extrêmement efficace dans son jeu de protection de balle.
Dans une séquence, on le voit récupérer le ballon à la ligne médiane et percuter sur l’aile, l’Atleti jouant désormais plus long selon les consignes de Simeone. Dans une autre, on voit les Rojiblancos exploiter l’espace derrière le pressing de Club Brugge, après avoir utilisé Sørloth comme solution de sortie de balle.
L’observateur technique de l’UEFA Aitor Karanka a expliqué : « Club Brugge a eu des moments de défense individuelle face à l’Atlético et Sørloth, en décrochant sur les ailes, a créé de l’espace pour les autres à l’intérieur. Quand un joueur prend de l’importance dans un match comme Sørloth l’a fait, cela signifie aussi que l’autre équipe s’inquiète davantage pour lui, ce qui libère de l’espace pour ses coéquipiers. Quand il allait sur l’aile, il créait de l’espace pour Julián Alvarez. D’autres fois, il décrochait un peu pour recevoir, garder le ballon et permettre à l’Atleti de ressortir de derrière. »
L’impact des corners
Le troisième thème souligné par l’unité d’analyse de l’UEFA est celui des corners, qui ont été à l’origine de trois des buts du match retour. Avec deux buts à l’aller également venus de corners, voire un troisième si l’on inclut les circonstances du penalty pour le but de Julián Alvarez, il s’agit d’un point de discussion majeur, puisque cela représente plus de 50 % des 11 buts marqués sur l’ensemble de la confrontation.
D’un point de vue technique, la manière dont les buts sur coups de pied arrêtés ont été marqués mardi a souligné en particulier l’importance de ce qui se passe après la mise en jeu sur un corner.
Joel Ordoñez, de Club Brugge, a marqué au second poteau suite à une déviation au premier poteau de Brandon Mechele, l’anticipation et la détermination d’Ordoñez à reprendre le ballon ayant été récompensées lors du second contact.
Concernant le but de Raphael Onyedika au match aller, le point clé est la réaction au deuxième ballon. Les joueurs qui avaient initialement attaqué le premier poteau se réajustent pour être prêts à intervenir si le ballon leur revient après le premier contact. L’important est d’être à l’affût de l’opportunité.
Vient ensuite la routine de corner court qui a finalement amené le but de Johnny Cardoso mardi. Comme l’a noté Karanka, une certaine frustration était audible chez les supporters locaux lorsque l’Atleti a fait reculer le ballon au début de cette phase, pourtant un corner court a un effet perturbateur sur les défenseurs et leur organisation ; comment réagissent-ils maintenant à la deuxième phase ?
Implications pour le terrain d’entraînement
L’observateur technique de l’UEFA Rui Faria partage ses réflexions sur l’importance des scénarios de second contact, ballon ou phase sur les corners.
« On peut voir des exemples clairs de l’importance décisive de l’organisation des corners offensifs », a déclaré Faria. « C’est bien plus que de simplement placer des joueurs dans la surface et d’attendre une occasion sur un bon centre. »
« Un corner est un moment où le jeu s’arrête, ce qui permet de positionner les joueurs et de préparer une dynamique claire définie à l’entraînement », a-t-il ajouté.
« Des stratégies efficaces permettent aux équipes de surcharger des zones spécifiques et de préparer délibérément les deuxièmes phases. Il ne s’agit pas seulement de gagner le premier contact, il s’agit d’être prêt à s’adapter rapidement aux différentes possibilités qui découlent de la situation du corner. »
Citant l’exemple du but de Cardoso lors d’une deuxième phase, il a expliqué que la décision initiale de jouer court « perturbe l’organisation défensive de Club Brugge » et a précisé : « Il y a une incertitude visible chez les défenseurs, suivie d’un centre visant à exploiter le meilleur joueur de tête de l’équipe. Tout ce mouvement crée aussi de l’espace en dehors de la surface, que l’Atleti exploite très efficacement en positionnant des joueurs pour anticiper et attaquer un éventuel deuxième ballon dans cette zone. »
Les objectifs de Rui Faria lors de la préparation des corners
• Exploiter les faiblesses défensives
• Déstabiliser la structure adverse
• Créer de l’incertitude chez les défenseurs
• Isoler vos meilleurs joueurs de tête
• Attaquer les seconds ballons
Vainqueur de la Liga et de l’UEFA Champions League avec le Real Madrid entre deux passages à l’Athletic Club, le défenseur Aitor Karanka est devenu entraîneur des moins de 16 ans de l’Espagne après avoir raccroché les crampons, et a depuis occupé le banc de Middlesbrough, Nottingham Forest, Birmingham, Granada et Maccabi Tel-Aviv.
Rui Faria a travaillé comme adjoint de José Mourinho, remportant la Coupe UEFA et l’UEFA Champions League au FC Porto, plusieurs titres nationaux avec Chelsea et le Real Madrid, l’UEFA Champions League 2009/10 avec l’Inter, puis l’UEFA Europa League 2016/17 avec Manchester United.