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Exclu. José Fonte, capitaine de Lille : « Une identité de travailleurs »

Le défenseur central portugais José Fonte se prépare à mener Lille dans sa deuxième phase de groupes en trois saisons, mardi à contre Wolfsburg, pour la première journée. Interview exclusive.

Jose Fonte fête un but en Champions League
Jose Fonte fête un but en Champions League AFP via Getty Images

À 37 ans dont 4 passés à Lille, le champion d'Europe 2016 avec le Portugal José Fonte (46 sélections) fait part de sa fierté de retrouver la plus prestigieuse des compétitions de clubs en Europe avec le brassard de capitaine du LOSC.

Dans cette interview, l'ancien joueur de Premier League raconte son club et son parcours, sans oublier ses ambitions cette saison et ce que signifie pour lui de jouer en C1.

José Fonte est-il dans votre Fantasy Football ?

Quels sont les objectifs pour cette Champions League avec dans votre groupe Wolfsburg, Salzbourg et Séville ?
Tout d'abord, je pense que notre groupe est très équilibré, toutes les équipes sont de même niveau ; toute équipe présente à ce stade dans l'UEFA Champions League doit avoir beaucoup de qualité et avoir des joueurs de haut niveau. Beaucoup de gens diraient qu'en théorie, ce serait un groupe facile, mais à mon avis, il n'y a pas de groupes faciles dans l'UEFA Champions League.

Évidemment, nous voulons faire mieux que la dernière fois que nous avons participé (à la Ligue des Champions - c'est notre objectif principal, nous voulons gagner des matches.17.45Nous voulons donner de la joie à nos fans à la maison, nous voulons montrer au monde que nous n'avons pas gagné le championnat de France l'année dernière par hasard, et nous voulons faire encore mieux que la dernière fois que nous avons participé à la Ligue des Champions (élimination dès les groupes).

Sur un plan personnel, quel est le match de l'UEFA Champions League le plus inoubliable que vous ayez joué dans votre carrière ?
Je dirais le premier (Ajax-Lille en 2019) parce qu'il a mis si longtemps à arriver. Je dirais le premier. Je me suis beaucoup battu et j'ai travaillé très dur pour atteindre cet objectif et ce niveau, donc je dirais le premier.

Finale 1999 : Manchester United 2-1 Bayern
Finale 1999 : Manchester United 2-1 Bayern

En tant que fan de foot, quels ont été les moments les plus inoubliables pour vous ?
En Ligue des champions, je dirais que la volée du pied gauche de Zidane est l'un des moments dont je me souviens le plus, sans aucun doute... Tout comme la victoire de Manchester United contre le Bayern Munich à Barcelone, un match qui m'a toujours marqué – lorsque (Ole Gunnar) Solskjær a marqué le but de la victoire... Et aussi la victoire de Manchester United en 2008, lorsque Cristiano Ronaldo a remporté le trophée avec ce club. Ce sont les moments les plus marquants dont je me souviens.

Quels sont vos souvenirs les plus anciens de la Champions League ?
Je dirais que ce n'était pas si longtemps avant le match entre Manchester United et le Bayern Munich à Barcelone. Si je ne me trompe pas, c'était en 1997, 1998, 1999 ou 2000... quelque chose comme ça. Je devais avoir 16 ou 17 ans.

Le calendrier de Lille en Champions League

Pouvez-vous nous parler de l'identité de Lille, dont vous êtes l'un des leaders ?
Eh bien, je peux vous parler de notre identité au cours des quatre dernières années, c'est-à-dire depuis que je suis ici. Et depuis que je suis arrivé, ce que je ressens et ce que je vois, c'est une équipe qui travaille ensemble, qui est solide, unie, connectée avec les fans et les gens du nord de la France.

Il y a une identité de travailleurs, un sentiment qu'ensemble nous irons toujours plus loin que seuls, évidemment. Voilà ce que l'on essaie de faire partager et d'incarner et c'est le cas de plus en plus.

Lors de la dernière phase de groupes de Lille en 2019
Lors de la dernière phase de groupes de Lille en 2019Getty Images

En fait, nous pensons que c'est la seule façon de réussir et nous avons prouvé à plusieurs reprises que c'est le bon chemin et le bon état d'esprit. Donc nous allons essayer de continuer à nous appuyer sur cela, cette capacité de ne pas être égoïste, d'être altruiste, pour que sur le terrain, avec nos fans, nous soyons plus forts.

La communauté lusophone en France doit être ravie de voir que vous êtes le capitaine de cette équipe...
Il y a toujours eu beaucoup de joueurs lusophones, pas seulement des joueurs portugais mais des joueurs lusophones d'Afrique, il y a aussi beaucoup de Brésiliens. La langue portugaise est donc enracinée dans le club. Je pense que les gens apprécient notre comportement, nos qualités et ce que nous apportons au club. Nous sommes des travailleurs acharnés, nous n'abandonnons jamais, et nous avons de nombreuses qualités. Et c'est ce que nous avons apporté. Je pense que tous les joueurs portugais et aussi tous les joueurs lusophones qui ont joué pour ce club ont fait un travail incroyable. Et je pense que tout le monde à Lille peut être reconnaissant pour ce que nous avons apporté au club.

Parmi les joueurs ayant évolué en Champions League, lequel regardiez-vous avec admiration ?
À mon poste, en particulier, je cite toujours un ou deux joueurs que j'ai toujours admirés. L'un d'eux était Paolo Maldini, et l'autre (Alessandro) Nesta. D'autres que j'ai aimé voir jouer sont John Terry, (Nemanja) Vidić, (Rio) Ferdinand, (Jaap) Stam. Ce sont des joueurs que j'ai toujours aimés, mais surtout Maldini pour sa longévité, sa qualité, son professionnalisme, sa façon d'être - tout.

Avec le Portugal Fonte a gagné l'EURO et la Nations League
Avec le Portugal Fonte a gagné l'EURO et la Nations LeagueUEFA via Getty Images

Je l'ai toujours beaucoup aimé. En parlant d'autres joueurs et, évidemment, en tant que Portugais, j'ai grandi en voyant (Luís) Figo, Rui Costa, ces joueurs portugais, aux côtés de (Zinédine) Zidane, ce sont les joueurs que j'ai le plus admirés.

L'UEFA Champions League, vous y voilà à présent...
Je suis très fier, évidemment, de faire partie de ces joueurs qui ont eu une telle carrière, des joueurs qui ont participé plusieurs fois à l'UEFA Champions League. C'est le rêve de tout joueur de jouer contre les meilleurs et de gagner contre les meilleurs, donc c'est avec beaucoup de fierté et de bonheur que j'ai réalisé cela à 37 ans.

Parlez-nous de votre rôle de capitaine à Lille, où la moyenne d'âge est d'environ 25 ans. Vous considérez-vous comme un gran frère ?
C'est un peu ça depuis quatre ans, c'est une des raisons pour lesquelles j'ai signé avec le directeur sportif de l'époque, Luis Campos, et le président de l'époque (Gérard López).

L'idée était de venir à Lille pour avoir ce rôle un peu d'ancien, de leader pour leur montrer le chemin, pour conseiller quand c'est nécessaire, pour les laisser grandir et apprendre de leurs erreurs, ce qui est aussi important, mais surtout, pour faire tout ce qui est possible pour les laisser grandir naturellement et développer leur talent, mûrir et comprendre ce qui est vraiment important dans le football.

Tout le monde vous a pourtant pensé en pré-retraite en Chine à un moment donné...
Franchement, je ne me suis jamais vu terminer ma carrière, et je n'avais pas non plus l'idée de jouer pendant un an ou deux, puis de prendre ma retraite. J'ai toujours eu l'idée de jouer au football, et d'aider l'équipe pour laquelle je suis allé jouer, Dalian (Yifang), avec l'idée de montrer mon professionnalisme, de montrer le niveau auquel il faut jouer pour réussir.

Je n'y suis pas allé pour me la couler douce. J'y suis allé et j'ai travaillé peut-être encore plus dur. Cette aventure n'a finalement duré que trois mois et lorsque je suis retourné en Europe, j'avais la mentalité et la volonté de retourner en Premier League. Je voulais retourner en Premier League parce que j'ai toujours pensé que c'était le meilleur championnat du monde, c'était donc mon ambition.

 Jose Fonte avec Southampton en 2015
Jose Fonte avec Southampton en 2015Getty Images

Cependant, ce n'était pas possible et j'ai pesé toutes les offres que j'avais reçues, et j'ai pensé que Lille était définitivement l'équipe pour moi à ce stade de ma carrière. Je savais que Lille avait traversé une période difficile. Luis Campos m'a expliqué ce que Lille recherchait. Après avoir pesé le pour et le contre, j'ai pris une décision en fonction de ce que j'avais vu, et cela s'est avéré être la bonne décision.

Lille avait traversé une période difficile, et j'ai pensé que nous pouvions faire beaucoup mieux que ce que le club avait fait la saison précédente avec les joueurs qui pouvaient arriver. Comme ça, en étant conscient de cela, j'y suis allé, la première saison s'est bien passée, nous avons terminé deuxièmes. Ce n'était pas une surprise pour moi, peut-être pour beaucoup de gens, mais je savais que nous avions tout ce qu'il fallait pour réussir. Je suis très fier de ce qu'est Lille aujourd'hui, nous sommes champions de France, nous avons fait quatre belles saisons, et nous voulons continuer dans cette voie et asseoir notre statut et notre réputation en France, et dans les compétitions européennes aussi bien sûr.

Vous avez joué dans quatre pays et près de 700 matches, et maintenant vous êtes dans l'équipe qui connaît peut-être le plus de succès dans votre carrière, vous avez gagné la Ligue 1. Comment pensez-vous avoir évolué que vous avez joué au Portugal ?
Eh bien, comme je l'ai déjà dit, j'essaie toujours de m'adapter aux circonstances, aux équipes, aux lieux et à ce que les gens attendent de moi. Je dis cela parce que lorsque j'ai quitté le Portugal à 23 ou 24 ans, j'étais un joueur qui n'était pas préparé à jouer dans le championnat anglais, une compétition qui, il y a 14 ans, était vraiment physique, le football était direct, et j'avais joué au Portugal où le football est de style tiki-taka - tout sur la technique et la possession.

J'étais un joueur fin, je pesais 79 kilos, et quand je suis arrivé en Angleterre, j'ai affronté des attaquants qui mesuraient deux mètres et pesaient 100 kilos, et comme vous pouvez vous y attendre, j'ai dû m'adapter rapidement. J'ai dû m'adapter rapidement au football anglais, qui est beaucoup plus physique, et j'ai cessé de retarder autant le jeu. À l'époque, on pouvait s'en sortir avec des choses qu'on ne peut plus faire aujourd'hui, donc je me suis vite adapté à cela.

Après la victoire sur la Pologne à Marseille, à l'EURO 2016 en quarts de finale avec Cristiano Ronaldo
Après la victoire sur la Pologne à Marseille, à l'EURO 2016 en quarts de finale avec Cristiano RonaldoGetty Images

J'ai passé deux ou trois saisons à Crystal Palace en jouant à un certain niveau, puis je suis allé à Southampton où j'ai vraiment commencé à progresser comme je le devais, j'ai commencé à travailler sous la direction de plusieurs grands entraîneurs, qui m'ont aussi fait voir le jeu d'une manière différente et apprendre de nouvelles choses, et ces huit saisons que j'ai passées à Southampton m'ont vraiment fait progresser sur le terrain. Comme je l'ai déjà dit, je suis ensuite allé en troisième division anglaise à Southampton, ce qui est très similaire au Championship (deuxième division anglaise), nous avons ensuite été promus en deuxième division, mais nous avions une grande équipe, avec des joueurs de haut niveau comme (Morgan) Schneiderlin, (Adam) Lallana, (Alex Oxlade-)Chamberlain, entre autres, j'en ai peut-être oublié certains, mais nous avions une grande équipe qui jouait un grand football.

Ensuite, nous avons atteint la Premier League et j'ai dû m'adapter à nouveau aux exigences et à la concentration que vous devez avoir au plus haut niveau - vous n'avez pas le droit à l'erreur. Vous vous améliorez en termes d'habileté avec le ballon, de positionnement et nous avons continué à évoluer parce que dans le football, vous ne cessez jamais d'apprendre, et à 37 ans, je continue à m'améliorer et à essayer de polir certaines parties de mon jeu.

Quand j'ai rejoint Lille, ce fut une nouvelle expérience révélatrice avec l'entraîneur qui arrivait lui aussi, Christophe Galtier. J'ai aussi beaucoup appris de son staff, et je pense que mon jeu a changé, je suis devenu bien meilleur balle au pied et donc je vais continuer à m'adapter et à m'améliorer.