Simeone, 5 années de succès
mercredi 28 décembre 2016
Résumé de l'article
Le 23 décembre 2011, Diego Simeone posait ses valises à Vicente Calderón et prenait les commandes de l’Atlético de Madrid. Cinq ans plus tard, le cholismo a changé le club.
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Lorsqu’il arrive à l’Atlético de Madrid en décembre 2011, Diego Simeone compte à son palmarès d’entraîneur deux titres de champion en Argentine et une expérience plutôt mitigée en Italie. Pourtant, celui que l’on surnomme El Cholo va marquer l’histoire du club.
Dès sa première saison, il récupère un Atlético qualifié pour les seizièmes de finale de l’UEFA Europa League et conduit le club jusqu’au titre après neuf victoires en autant de matches, la dernière face à l’Athletic Bilbao d’un certain Marcelo Bielsa lors d’une finale dominée par les Colchoneros. C’est le début d’une belle histoire.
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Cinq années plus tard, Diego Simeone a offert cinq titres à l’Atlético, ajoutant à cette Europa League, un titre de champion d’Espagne, une Supercoupe d’Europe, une Coupe du Roi, une Supercoupe d’Espagne et porte le club à deux reprises en finale de l’UEFA Champions League. Il est ainsi le deuxième plus titré de l’histoire du club derrière Luis Aragonés qui, pour sa part, a décroché six titres. Sur le plan personnel, Simeone a été élu à trois reprises meilleur entraîneur du championnat d’Espagne (en 2013, 2014 et 2016) et est notamment entré dans l’histoire du club en février dernier en devenant le premier à s’imposer trois fois consécutivement en championnat à Santiago Bernabéu face au rival Real Madrid.
Les cinq titres de Simeone
1. La gloire en UEFA Europa League et la résurrection en Liga en 2012
Simeone a travaillé sur l'ambiance dans le vestiaire et brandissait un trophée européen cinq mois après sa nomination, menant l'Atlético à des succès sur la Lazio, Beşiktaş, Hanovre et Valence avant un triomphe 3-0 sur son homologue de Liga de l'Athletic Club, offrant au club du Vicente Calderón son second titre en UEFA Europa League en trois saisons. Dixième en Liga à l'arrivée de Simeone, l'Atlético terminait la saison à la cinquième place.
2. La victoire en Super Coupe de l'UEFA 2012
L'Atlético l'emportait 4-1 sur Chelsea, vainqueur de l'UEFA Champions League, à Monaco. Une démonstration de Radamel Falcao, auteur d'un triplé, et une superbe conclusion du défenseur Miranda scellaient le sort du match avant que Gary Cahill ne sauve l'honneur des Blues en fin de match.
3. La victoire en Copa del Rey 2013 change la suprématie madrilène
Alors que l'Atlético restait sur 14 années sans victoires dans le Derbi Madrileño, les Colchoneros retrouvaient le Real Madrid en finale de la Copa del Rey 2013. Cristiano Ronaldo ouvrait le score à la 14e minute mais Diego Costa égalisait pour envoyer les équipes en prolongation, lors de laquelle les arrêts héroïques de Thibaut Courtois et un but signé Miranda de la tête aidaient l'Atlético à décrocher sa dixième coupe nationale.
4. La Supercoupe d’Espagne pour confirmer la suprématie
Pour lancer sa saison 2014, l’Atlético retrouve son grand rival de Madrid, le Real en Supercoupe d’Espagne. Après avoir accroché le match nul à Santiago Bernabéu grâce à une égalisation tardive de Raúl García, un but inscrit d’entrée de match au retour par Mario Mandžukić permet aux Colchoneros de s’imposer et ainsi remporter le trophée pour la deuxième fois de son histoire, le précédent datant de 1985.
5. Un titre contre toute attente
Pour sa deuxième saison, Simeone réalisait ce que beaucoup pensaient impossible : devancer le Real et Barcelone pour le titre de champion d'Espagne. L'Atlético remportait 16 de ses 18 premiers matches et n'encaissait que quatre défaites dans tout l'exercice. Et personne n'a oublié la tête de Diego Godín qui donnait le nul 1-1 synonyme de titre au Camp Nou lors de la dernière journée. C'était le premier titre pour les Matelassiers, en 18 ans. Ce jour-là, le public catalan s'est levé pour applaudir l'équipe adverse. L'exploit était d'autant plus impressionnant que l'Atlético se battait alors sur trois fronts, ayant atteint les demi-finales en Coupe du Roi et en Champions League, dont il manquait le titre pour quelques secondes face au Real à Lisbonne.
En cinq années marquées par la domination du football espagnol sur l’Europe et ses ogres Barcelone et Real Madrid, Diego Simeone est ainsi parvenu à hisser l’Atlético de Madrid aux côtés des géants. Diego Simeone a ainsi dirigé 284 matches à l’Atlético pour un bilan de 178 victoires, 57 matches nuls et 49 défaites. Soit un pourcentage de victoires de 62.67%.
Le Wenger de l’Atlético ?
Pour ses cinq ans à la tête du club, le technicien argentin a donné un long entretien dans Marca (article en espagnol) dans lequel il analyse ses cinq années sur le plan personnel, "je pense être devenu un meilleur entraîneur grâce aux joueurs dont je dispose. J’ai eu la possibilité de mettre en place mes idées avec un groupe de joueurs qui s’est presque sacrifié pour cette cause. Ce sera difficile de répéter cela à l’avenir au cours de ma carrière", et évoque ses meilleurs et pires moments au club : "Mon meilleur souvenir reste la victoire en championnat. Quand les années seront passées, les livres raconteront que lors de cette décennie, avec un Barcelone qui gagnait quasiment tout et le Real Madrid, il était quasiment impossible d’exister. Et ce moment est arrivé, il fut historique pour le club. Mon pire souvenir est la deuxième finale d’UEFA Champions League."
Ce 23 décembre, Diego Simeone célèbre ainsi cinq années de succès à l’Atlético. Un anniversaire qui en fait le doyen des entraîneurs officiant en Liga espagnole. Une performance que l’Argentin souligne : "C’est difficile de rester plusieurs années dans un club. C’est la réalité partout dans le monde à l’exception d’Arsenal." Un parallèle avec Wenger que nombreux sont ceux qui osent le faire. De quoi donner des idées au Cholo et le voir rester plus longtemps à l’Atlético ? L’intéressé ne semble en tout cas rejeter l’idée : "depuis que nous avons dit que j’avais deux ans de contrat, on n’a cessé de dire que je rejoindrai l’Inter. Tout le monde me voit partir. Je le dis, je peux tout à fait prolonger. Il sera difficile pour moi de trouver une meilleure équipe que l’Atlético à l’avenir. Alors pourquoi ne pas y rester, pourquoi quitter un endroit que j’aime, où je suis bien ? J’ai probablement trouvé mon endroit au monde. Il est très difficile de dire que je voudrais rester dix ans, mais il est aussi difficile de dire que je vais m’en aller demain. Je dois penser au meilleur pour le club. Dire que je vais rester cinq ans ? Cinq ans c’est beaucoup et maintenant ce pourrait être dix. Je préfère me focaliser sur deux années, cela me pousse à être exigeant envers mois pour être encore prolongé." Une prolongation que les supporters Colchoneros signeraient à n'en point douter les yeux fermés.