Puel, nouvelle ère, même combat
lundi 14 septembre 2009
Résumé de l'article
Après un été riche en changements à Gerland, Claude Puel pense que l'Olympique Lyonnais possède les qualités pour retrouver le sommet en Ligue 1 et faire forte impression en Europe.
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Pour quelqu'un qui déteste perdre, il est vraiment difficile à avaler d'être l'entraîneur de l'Olympique Lyonnais qui a perdu son titre de champion de France, après sept ans de domination du football hexagonal. C'est peut-être pour cette raison que l'OL de Claude Puel démarre si fort dans la reconquête de sa couronne.
De nouveaux visages
Lyon est leader ex aequo, avec dix points en quatre journées, et espère bien exporter sa forme dans sa campagne européenne qui débute mercredi sur le terrain de l'ACF Fiorentina, dans le Groupe E de l'UEFA Champions League. Qualifié pour la dixième fois consécutive en phase de groupes, après une éclatante élimination du RSC Anderlecht en barrages (tot. 8-2), l'OL "nouveau look" de Claude Puel semble trouver son rythme. "Nous avons très bien recruté", confie l'entraîneur lyonnais à uefa.com. "Beaucoup de joueurs sont partis, quelques-uns sont arrivés, mais il s'agit des joueurs que nous voulions. Nous avons recruté des joueurs de qualité, mais ce n'est jamais facile, et on ne sait pas combien de temps il faut pour que ça fonctionne. Si l'équipe marche aussi bien, c'est surtout grâce à la qualité des joueurs qui nous ont rejoints."
"Superbe état d'esprit"
Il semble que les Gones aient investi judicieusement les 35 M€ reçus cet été pour le transfert de Karim Benzema au Real Madrid CF. Ils ont réalisé un recrutement au montant record, avec les arrivées de Lisandro, Aly Cissokho, Bafétimbi Gomis et Michel Bastos. Ce dernier arrive en provenance du LOSC Lille Métropole, l'équipe que dirigeait Puel l'an dernier quand il a rejoint le club champion en titre. "Ils ont rejoint l'équipe avec un superbe état d'esprit", décrit l'entraîneur. "Il faut voir l'image globale. Une équipe est composée de nombreux détails, c'est un équilibre fragile, comme un puzzle. Ce premier mois nous a réussi, nous verrons pour le reste."
De grandes ambitions
"Le reste" pourrait-il être une première participation aux demi-finales de l'UEFA Champions League ? L'OL en a été tout proche à plusieurs reprises, notamment en 2005, où il s'est incliné aux tirs au but contre le PSV Eindhoven, et en 2006, où un retour en fin de match de l'AC Milan l'a privé d'une place dans le dernier carré. "Nous ne nous projetons pas aussi loin", tempère Puel (48 ans). "Nous devons encore progresser. Nous avons une équipe intéressante, mais l'effectif n'est peut-être pas assez étoffé. Ça semble être un rêve impossible, et ce serait manquer d'humilité que de penser (aller aussi loin)."
"Une nouvelle ère"
Pourtant, la motivation de manque pas à Tola Vologe, le terrain d'entraînement lyonnais déserté par Benzema et Juninho Pernambucano, deux symboles des succès récents du club qui sont partis à l'étranger. "Quand on a été champion sept années de suite, c'est frustrant (de perdre)", analyse Puel. "C'était la fin d'une ère, la dernière saison pour certains joueurs. C'est pourquoi nous débutons cette nouvelle saison avec une nouvelle équipe, et de nouveaux joueurs qui n'ont pas été champions. Nous voulons réussir un bon parcours en Champions League, sans pour autant négliger le championnat, qui sera notre référence tout au long de la saison."
Mauvais perdant
Claude Puel a disputé environ 600 matches en milieu défensif de l'AS Monaco FC, mais il n'a jamais pu accepter la défaite. "Quand j'étais joueur et que j'ai démarré comme entraîneur, il m'arrivait de ne pas parler à ma femme pendant des jours, après une défaite", livrait-il il y a quelque temps dans la presse française, avant d'ajouter qu'il s'était un peu adouci "avec les années". Mais son illustre détermination n'a pas fléchie : il participe toujours aux exercices qu'il donne aux joueurs et terminé souvent devant eux dans les sports d'endurance.
Force mentale
Après avoir été limogé par Monaco au cours de la saison 2001/02 et avant de mener par deux fois Lille en UEFA Champions League, Puel s'est essayé au tennis. "Je n'étais pas un très bon joueur de tennis, mais je pouvais détruire mon adversaire mentalement, parce que je n'abandonnais jamais aucun point", confie-t-il. Arrivé à Lyon l'été dernier pour remplacer Alain Perrin, il espère communiquer cette mentalité de gagneur et bâtir les fondations d'un succès durable.
Un défi
"Il faut être fort, psychologiquement, et avoir une énorme capacité de travail", répond Puel quand on lui demande un conseil à destination des jeunes entraîneurs. "Mais par-dessus tout, il faut être confiant. Même quand les temps sont durs, vous devez suivre votre propre route et avoir foi en vos propres convictions." À l'approche du coup d'envoi de l'UEFA Champions League, c'est exactement ainsi que "L'Entraîneur général" (son titre officiel à Lille et Lyon) se prépare à relever le défi.