Garder le calme avant la tempête
jeudi 21 mai 2009
Résumé de l'article
Les joueurs essayent tout pour se détendre avant une finale de Coupe d'Europe, de manger des gâteaux à escalader des murs. Wet Wet Wet, Bon Jovi et les Rolling Stones ont joué un rôle dans les succès passés.
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Les joueurs essayent tout pour se détendre avant une finale d'UEFA Champions League, de manger des gâteaux à escalader des murs. L'encadrement du club tente de maintenir une routine, composée de repas légers, de petites séances d'entraînement et de siestes l'après-midi... mais n'est-ce pas une bataille perdue d'avance ? Jamie Carragher, sacré champion avec le Liverpool FC en 2005, pense que si. "Nous savions qu'il était très important d'aborder ce match comme n'importe quel autre. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire. En fait, c'est impossible. On vous appelle et on vous envoie des SMS pour vous souhaiter bonne chance, on entend les foules demander des billets, et le bruit ambiant est tout simplement insupportable", déclare-t-il de son expérience à Istanbul.
Le Celtic en promenade
Pas surprenant : ce n'est pas n'importe quel autre match, c'est une finale de Coupe des clubs champions européens. Les équipes rejoignent souvent la ville du match ultime plus tôt que pendant le reste de la saison, pour y séjourner un peu. En 1967, le Celtic FC a passé quelques journées dans une station balnéaire d'Estoril à se détendre autour de la piscine, par périodes de 30 minutes, car l'entraîneur Jock Stein avait déclaré que trop de soleil fatiguerait ses joueurs. La veille de la finale, ils sont allés dans un club de golf géré par un Écossais pour regarder jouer l'Angleterre, avant un voyage retour vers l'hôtel qui allait être animé.
Ils font le mur
"Le chemin était simple : il nous suffisait de prendre une petite route, de passer par la plage et on était de retour à l'hôtel", se rappelle Jim Craig, le défenseur du Celtic. "Mais quand on est rentrés, il faisait nuit, et Neilly Mochan a dit : 'Notre hôtel est là-bas, de l'autre côté du champ, allez, on prend un raccourci.' Et nous voilà partis, toute l'équipe, la veille d'une finale de Coupe d'Europe, à escalader un mur pour traverser un champ et franchir quelques palissades. C'était vraiment idiot de notre part."
La prédiction de Mick Jagger
Une autre histoire de golf : en 1976, le FC Bayern München préparait sa finale à Troon, sur la côte ouest de l'Écosse. Pas vraiment dérangés par les supporteurs, les Bavarois y rencontraient les Rolling Stones, qui occupaient le même hôtel. Ils les ont invité à une séance de practice, où Mick Jagger leur a dit qu'ils allaient gagner. Il avait raison, et le club remportait sa troisième Coupe d'Europe.
Bowling
À Istanbul en 2005, l'adjoint de l'époque de Rafael Benítez, Pako Ayesteran, a proposé à l'équipe le choix entre deux activités pour tromper la tension : faire du shopping ou aller jouer au bowling. Ils ont choisi les chaussures colorées. "Je pense que Pako était déçu", raconte Carragher. "Mais on voulait simplement s'amuser, rigoler un bon coup." Et si c'était ça, le secret du "Miracle d'Istanbul" ?
Interlude musicale
Basile Boli a lui aussi trouvé comment évacuer la pression, avant son sacre avec l'Olympique de Marseille. Avant la finale de 1993, il n'était pas complètement remis d'une blessure au genou, et il est hanté par l'hypothèse qu'il ne joue pas. C'est alors que Chris Waddle, son meilleur ami et ancien coéquipier à l'OM, arrive à l'hôtel. "Voir Chris venir, ça fait vraiment remontré le moral", explique le légendaire défenseur français. "Il avait le dernier album de Wet Wet Wet, et un album de Bon Jovi : il m'a recommandé certaines chansons. Ça m'a fait retrouver le sourire." Et en finale, il marquait le but décisif de la tête.
Fête furtive
Manger ce qu'il faut et à l'heure qu'il faut, ce n'est pas le problème des footballeurs, c'est celui du diététicien du club. Helenio Herrera, l'entraîneur du FC Internazionale Milano, était particulièrement à cheval sur les repas : il avait banni le pain des repas d'avant-match, où les joueurs devaient se contenter d'un risotto à l'huile d'olive, et parfois d'un peu de bœuf. En 1964, alors que Sandro Mazzola préparait sa première finale de Coupe d'Europe, il a mangé avec l'équipe, avant de rejoindre la chambre qu'il partageait avec Luis Suárez, pour y manger avec lui un "vrai dîner" composé de pain, de fromage, de chorizo et de vin français, que Suárez avait amenés en cachette.
Le pudding de la discorde
En règle générale, il vaut mieux éviter les gâteaux, mais ils n'ont pas trop mal réussi à l'AC Milan en 1989. Mauro Tassotti a reçu le feu vert de son entraîneur Arrigo Sacchi pour conclure sa collation d'avant-match par une part de cake aux fruits : "Le nutritionniste ne voulait pas qu'on mange du sucré, mais Sacchi s'en fichait."
Ceci est une version abrégée d'un article qui sera publié dans le programme de la finale de l'UEFA Champions League.