L'odyssée personnelle d'Ancelotti
jeudi 27 décembre 2007
Résumé de l'article
uefa.com revient sur l'UEFA Champions League 2006/07 avec l'entraîneur de l'AC Milan, Carlo Ancelotti, vainqueur à Athènes.
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Après le triomphe en UEFA Champions League à Athènes, l'entraîneur de l'AC Milan Carlo Ancelotti semblait avoir mené à bien son odyssée personnelle. Un voyage long et ardu, mais dont la destination tellement inattendue a comblé l'entraîneur âgé de 47 ans.
Des hauts et... des bas
La dernière fois que Milan a joué au stade OACA Spyro Louis, en novembre, la formation d'Ancelotti était à son plus bas. 16e en Serie A, le club n'avait remporté qu'un de ses quatre derniers matches de championnat. Un titre en UEFA Champions League semblait bien loin et le vrai défi était simplement de se qualifier à nouveau pour la compétition. “On a pris les mesures du terrain parce qu'on savait qu'on allait jouer la finale ici", a plaisanté Ancelotti en se rappelant cette défaite 1-0. "Evidemment, on ne pouvait pas être certains de ça, vu la période difficile qu'on traversait." Les blessures de Massimo Ambrosini et Alessandro Nesta avaient fait très mal aux Milanais, Andrea Pirlo et Gennaro Gattuso étaient en petite forme après leurs exploits Coupe du Monde de la FIFA pour le compte de l'Italie et Milan ressentait les effets néfastes d'une pré-saison difficile.
Retrait de points
Milan a dû changer ses plans en dernière minute après un retrait de points pour son implication dans le scandale des matches truqués. Le club a aussi dû entamer la saison très tôt, avec le troisième tour de qualification de la Champions League. Le FK Crvena Zvezda a bien été battu, mais les conséquences de ces efforts ont pesé sur l'ensemble de la saison. Lorsque Milan s'est incliné devant l'AEK en novembre, la tête d'Ancelotti était sous le couperet. "C'est ça, le football", a-t-il déclaré. "Les rumeurs de mon remplacement ne m'ont pas gêné parce que dans ce sport, quand les choses ne vont pas bien, on paie le prix. Je ne me suis jamais senti menacé. Notre victoire en Champions League est aussi inattendue que merveilleuse. Quand je repense à décembre, je me dis qu'on a dû surmonter tellement d'obstacles que ce succès-là est vraiment unique. On a maintenu l'harmonie malgré les problèmes."
"La plus belle victoire"
Ancelotti a été deux fois vainqueur de la Coupe des clubs champions européens en tant que joueur milanais et il a à nouveau triomphé aux commandes du club en 2003. Pourtant, rien n'est comparable à l'émotion éprouvée au stade de Olympique. Si la défaite face à Liverpool en séance de tirs au but après avoir mené 3-0 dans la finale à Istanbul a été le pire moment de sa carrière, c'est le plus beau de tous qu'il vient de vivre ici. Et la revanche n'y a occupé aucune place. "C'est la plus belle victoire qu'on a jamais eue", a-t-il ajouté. "On n'a jamais perdu de vue notre objectif. Très peu de gens et de fans s'attendaient à voir Milan remporter le plus important des trophées cette saison, peut-être même que personne ne s'y attendait. En dehors des coupes que j'ai gagnées, c'est une relation unique. Ce que j'ai accompli ici, je l'ai fait parce que j'ai l'impression d'être chez moi à Milan. J'ai porté ce maillot en tant que joueur et j'ai gagné des trophées prestigieux sous ses couleurs, ma relation et mes sentiments vis-à-vis de Milan sont très forts."
Un lien puissant
Cette relation est très étroite avec ses joueurs et Ancelotti se souvient de la pause hivernale à Malte comme du tournant de la saison. "On a très bien travaillé à Malte, l'équipe était dans de bonnes dispositions. On voulait oublier ce qui s'était passé en août, les mauvaises prestations et les points décomptés. Mais pour moi, cette victoire n'est pas une revanche sur le scandale. Le football italien a beaucoup souffert l'été dernier, surtout Milan, mais ici, c'est une victoire importante pour l'ensemble du football italien. On peut être plus serein et on a récupéré une partie de notre crédibilité."
"Motivation"
Les modifications tactiques d'Ancelotti en cours de saison ont joué un rôle prépondérant. Sa décision d'utiliser Kaka plus en pointe derrière un attaquant isolé, par exemple, a transformé la saison des Lombards. Mais c'est pour son talent de motivateur qu'Ancelotti est surtout apprécié de ses joueurs. Il en a usé, presque abusé, sur Filippo Inzaghi. Après s'être servi de ce buteur vétéran (33 ans) avec parcimonie depuis le début de l'année, il l'a rappelé au bon moment. "J'essaie de tirer le maximum de mes joueurs", a confié Ancelotti à uefa.com après les deux buts de la victoire d'Inzaghi face à Liverpool.
"Une énergie nouvelle"
"On a vécu des moments difficiles et repenser à cette période-là, ça aide à trouver une énergie nouvelle. J'ai vraiment hésité entre Inzaghi et (Alberto) Gilardino avant le match. Gilardino était en bonne condition et sa puissance aurait pu être utile, mais j'ai préféré opter pour l'expérience d'Inzaghi." Il ne faut jamais donner Milan vaincu, Il l'a prouvé contre le Manchester United FC en demi-finale, l'an dernier. Les Milanais ne sont jamais aussi dangereux qu'au pied du mur. Leurs rivaux du FC Internazionale Milano vont peut-être empocher le titre en Serie A, mais encore une fois, les Rossoneri auront eu le dernier mot.