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A la conquête des USA

Le départ pour cinq ans et un salaire mirobolant de David Beckham pour le Los Angeles Galaxy va-t-il faire entrer le football dans le panthéon du sport aux Etats-Unis ?

David Beckham n'a que rarement fait profil bas au cours de sa carrière mais ce qui est survenu cette semaine reste pour le moins extraordinaire. Alors que certains le faisaient quitter le Real Madrid CF cet été et éventuellement partir jouer aux Etats-Unis, peu s'attendaient à cette annonce soudaine jeudi selon laquelle l'ancien capitaine de l'équipe d'Angleterre s'engageait pour cinq ans avec le Los Angeles Galaxy qui compte déjà dans ses rangs l'attaquant vedette de l'équipe américaine Landon Donovan.

Une star et de l'ambition
Si ses futurs revenus annuels de 40 M€ se confirmaient, il deviendrait le sportif le mieux payé de la planète. Une somme totalement inédite dans un championnat dont les droits télé ne s'élèvent qu'à 15 M€ environ et où un bon salaire tourne aux alentours de 200 000€. Ce transfert est non seulement un révélateur de la popularité de Beckham mais également des ambitions des propriétaires de clubs de la Major League Soccer (MLS) qui veulent hisser le "soccer" au même rang que le football américain ou le baseball.

Faux départ
Quand le jeune Beckham a été retenu pour la première fois par le Manchester United FC au début des années 90, il ne se voyait probablement pas terminer sa carrière à Los Angeles. La MLS a vu le jour fin 1993, condition sine qua non pour que les Etats-Unis puissent accueillir la Coupe du Monde de la FIFA, mais la première saison effective a été repoussée jusqu'en 1996, l'accent étant alors mis sur la mise en avant de jeunes joueurs américains aux salaires modestes, loin de l'image de la NASL des années 70 et du début des années 80, où Pelé, Franz Beckenbauer et consorts s'étaient vus proposer des ponts d'or avant que l'expérience ne tourne au fiasco.

On change les règles
La MLS, à la différence de la NASL, a mis en place un système de "salary cap" (salaire maximum), et si des joueurs comme Roberto Donadoni et Youri Djorkaeff sont venus jouer dans ce championnat, ils étaient alors déjà largement trentenaires. Actuellement, le joueur au pedigree européen le plus respectable est un autre ancien Madrilène, Aitor Karanka, mais ce footballeur de 33 ans n'a pas tout à fait la renommée internationale de Beckham. Son arrivée a été rendu possible par une nouvelle règle, celle du 'designated player rule' (règle du joueur désigné), qui autorise les franchises de MLS à recruter un joueur chacune hors salary cap. Cette nouvelle donne a rapidement été surnommée la "loi Beckham", notamment en raison des liens mercantiles avec l'Anschutz Entertainment Group, lequel est propriétaire du LA Galaxy au sein de son empire hollywoodien. Alexi Lalas, le manager général du club et ancien international américain désormais privé de sa fameuse barbe, a fait la déclaration suivante au micro de la BBC avant la confirmation du transfert : "Recruter un joueur de la stature de Beckham nous permettrait de faire un grand pas dans la bonne direction, et ce non seulement pour le Galaxy mais également pour le football aux Etats-Unis plus largement."

Idole américaine
Le fait qu'ils soient prêts à payer autant est la preuve que Beckham a réussi à devenir plus qu'un footballeur, même dans le pays de "l'ultime frontière" du développement du sport, les Etats-Unis, où sa réputation auprès des fans de sport et pas seulement de football a été revigorée par le succès du film Bend It Like Beckham ("Joue la comme Beckham") et par la popularité de sa pop star d'épouse Victoria, de l'autre côté de l'Atlantique. Ivan Gazidis, le vice-président de la MLS, a ainsi déclaré : "Il est clairement le footballeur le plus connu aux Etats-Unis non pas pour ce qu'il réussit sur le terrain mais pour tout ce qu'il est et fait en dehors : il est agréable à regarder, il est marié à une star de la pop, il est à la pointe de la mode." Il se pourrait également que son aura internationale permette au Galaxy de voir ses rencontres de MLS recevoir des propositions alléchantes des télévisions étrangères. D'ailleurs, quand Beckham a rejoint le Real les droits télévisés britanniques et asiatiques pour la Primera División sont soudain devenus très lucratifs.

"Un nouveau défi"
Beckham lui-même sait qu'il est un pionnier, un vrai porte-étendard pour ce sport. "Le football est le sport le plus pratiqué aux Etats-Unis jusqu'à un certain âge. Je vais essayer de le faire aller plus haut", a-t-il indiqué. Sur SI.com, Grant Wrahl, un journaliste respecté du magazine "Sports Illustrated" a ainsi déclaré : "L'arrivée de Beckham donne à la MLS une crédibilité qu'elle n'a encore pas connu vis à vis du fan de sport américain qui exige de voir les plus grandes stars mondiales dans les disciplines qui comptent pour lui. Beckham est un bon coup pour LA, où les matches du Galaxy vont devenir le rendez-vous des célébrités à l'instar des rencontres des Lakers." Il a par ailleurs ajouté pour uefa.com : "A ma connaissance, rien ne sera plus important que le début de la prochaine saison."

D'autres vont-ils suivre ?
Tout ceci soulève inévitablement une interrogation concernant le football européen; si le départ de Beckham s'avère une réussite, d'autres stars vont-elles mettre les voiles dans son sillage, les autres équipes de MLS cherchant elles aussi à se renforcer pour faire face. Djorkaeff a laissé entendre l'an dernier que Ronaldo avait suivi de près l'actualité de l'ancien club du Français, les New York Red Bulls, mais Gazidis tient à mettre les choses au point : "Nous nous attendons à recevoir un certain nombre de coups de téléphone de joueurs intéressés mais nous allons être très vigilants quant à l'utilisation de notre argent et à la valeur stratégique de chacun de ces joueurs." La MLS ne deviendra pas une UEFA Champions League bis, mais si un footballeur comme Beckham, encore demandé par des grands clubs européens, est prêt à exercer ses talents en dehors de l'Europe, alors la MLS n'est plus à une révolution près.

Cet article apparaît dans la dernière édition du Magazine d'uefa.com, cliquez ici pour lire les autres reportages.

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