Gerland a tout donné
mercredi 29 mars 2006
Résumé de l'article
En dépit d'un nul sans but face à Milan, Lyon a fait la fête à ses joueurs, mercredi soir à Gerland.
Corps de l'article
Depuis quelques jours déjà, des pentes de la Croix-Rousse à la plaine de Gerland, la cité des Gones n’avait plus qu’une idée en tête : cette opposition inédite entre le grand Milan AC et le quadruple champion de France de l'Olympique Lyonnais.
Discussions de comptoir
Les heures s’égrenant, les discussions viraient progressivement du thème des "soulèvements populaires" des dernières semaines à celui de la rencontre face aux hommes de Carlo Ancelotti et à cette occasion unique de prouver à l'Europe tout entière que la renommée naissante mais déjà solide de l'Olympique Lyonnais ne devait absolument rien au hasard.
Un grand d’Europe pour l’histoire
Depuis la victoire face au PSV Eindhoven il y a trois semaines, tout Lyon s’est senti pousser des ailes et les supporteurs rouge et bleu entendaient bien accompagner leurs favoris dans leur ascension. Lors de ses deux précédentes participations aux quarts de finale de l'UEFA Champions League, l'Olympique Lyonnais avait perdu contre des formations dites à sa portée, le FC Porto (tot 4-2) et le PSV Eindhoven (tot. 2-2).
Imperturbable ténor du football européen
Cette année, en revanche, c'est le grand Milan qui allait fouler la pelouse de Gerland, armé d'un formidable palmarès et d'une réputation d'imperturbable ténor du football européen. Echaudés par les revers passés à ce stade de la compétition, les coéquipiers de Grégory Coupet abordaient donc la rencontre avec ambition et détermination, matinées d’une vigilance palpable.
Chants contre chants
Une excitation sensible s’emparait des abords du stade deux heures avant le coup d’envoi. Comme à l’occasion de la venue du Real, les supporteurs lyonnais prenaient bien soin d’arriver en avance à Gerland pour profiter des émotions de la soirée. Dès l’entrée des joueurs pour l’échauffement, les chœurs lyonnais étaient mobilisés et n'entendaient pas se laisser surpasser par les chants des tifosi.
L’OL sans chef d’orchestre
Privé de Juninho Pernambucano, le milieu de terrain lyonnais était complété par Benoît Pedretti qui, d’un point de vue individuel, s’acquittait fort honorablement de sa tâche. Pourtant l’absence du stratège brésilien se faisait cruellement sentir durant les premières vingt minutes. Durant cette période, le public ne relâchait jamais la pression et en véritable douzième homme, portait l’OL vers la fin de l’orage.
Ovations pour Coupet
Sans les interventions bien à propos du gardien lyonnais, nul doute, toutefois, que des sifflets auraient accueilli la mi-temps. Mais grâce aux exploits de l’international français, les travées de Gerland ne perdaient pas espoir et savouraient même les quelques mouvement construits de leur favoris.
"Chi non salta lionese è"
Rassurés par la performance des leurs, les supporteurs milanais entonnaient bien "Chi non salta lionese è". Une sympathique réponse au déjà culte "Qui ne saute pas n'est pas lyonnais". Mais les quatre tribunes lyonnaise ne tardaient pas à reprendre à étouffer l'"ennemi" avec leur tube.
Carew muselé, Clerc dépassé
L’attaque lyonnaise présentait un visage un brin particulier dans le sens où John Carew cédait par moments son poste d’avant-centre tantôt à Florent Malouda, tantôt à Sylvain Wiltord. Souvent encerclé par deux, voire trois défenseurs italiens, le géant norvégien consentait fréquemment à reculer et à se mettre à disposition de la récupération et de la construction au milieu de terrain.
Manque de sérénité
Sur le flanc droit, François Clerc paraissait, de son côté, souvent dépassé par la vitesse et la technique des Clarence Seedorf , Serginho et Andryi Shevchenko. S’il ne déméritait pas dans les phases offensives, cette baisse de régime en défense privait sans conteste les Lyonnais d’une sérénité salvatrice.
Les kops à gorges déployées
Tandis que Pedretti sortait sous les vivats d’une foule pleinement satisfaite de sa prestation, les deux kops redoublaient d’efforts pour tirer les Lyonnais vers la délivrance, dans une deuxième période où Coupet n’aura été que très rarement sollicité. Au milieu de phases approximatives, Wiltord et Malouda se montraient à la hauteur de l’enjeu et tentaient avec force percussions et exploits techniques de créer la faille dans l’arrière-garde milanaise.
Rassurés, presque déçus
Mais la fameuse défense repliée des milanais devait finalement avoir raison des derniers assauts des hommes de Gérard Houiller et ces derniers quittaient la pelouse sous les applaudissements d’un Gerland sans doute rassuré de n’avoir pas encaissé de but mais déçu de n’avoir pas pu prendre un avantage décisif avant le retour à San Siro.
La route est encore longue
Dans les rues bordant le stade, de longues pancartes annonçaient que la route pour la finale au Stade de France commençait dès ce soir. Les supporters ont eu beau user de la voix pour éclairer les pas de leurs favoris, aucune des deux équipes n’a encore réellement trouvé le chemin qui la mènera jusqu’au dernier carré.