"Une attente énorme"

Patrick Müller, de retour à Lyon, renoue avec la Champions League, mardi soir à Eindhoven.

Patrick Müller, de retour à l’Olympique Lyonnais depuis janvier, renoue avec l'UEFA Champions League en France, face au PSV Eindhoven. L'ancien de FC Basel 1893 attend aussi la Coupe du Monde de la FIFA, où il retrouvera la France.

Rappelé le 26 janvier
Il ne pensait pas retrouver Florent Malouda, Sidney Govou et Sylvain Wiltord avant le 13 juin, lors d’un nouveau duel France - Suisse, à Stuttgart. Mais les blessures qui ont décimé l’arrière-garde des Gones, dont Eric Abidal, Jérémy Berthod et Claudio Cacapa, ont provoqué le retour à Lyon de Patrick Müller, le 26 janvier, pour deux ans et demi et 3 M€.

Triple champion de France
Le défenseur international suisse (29 ans, 63 sélections) retrouve un club avec lequel il a été sacré trois fois champion de France durant les quatre saisons où il y a évolué. En plus d’une Coupe de la Ligue en 2001. Arrivé à l’été 2000 à Lyon, après quatre saisons au Servette FC et deux au Grasshopper-Club, Müller a conforté, sous les ordres de Jacques Santini puis Paul Le Guen, son statut de joueur phare du football helvètique.

L’échec Majorque
Parti de Lyon à l’été 2004, il se laissait charmer par les sirènes de la Liga. Mais son aventure au RCD Mallorca tournait au fiasco. Müller ne s’éternisait pas aux Baléares. Il retournait en Suisse il y a un an, dans le club le plus puissant du pays, le FC Bâle. Jusqu’à ce qu’il reçoive un coup de fil de Jean-Michel Aulas. 

uefa.com : Avez-vous été étonné d’être contacté par l’OL ou bien vous y attendiez-vous après les premières rumeurs qui ont circulé sur votre retour ?

Patrick Müller : J’avais gardé des contacts avec certains joueurs donc je n’avais pas perdu le fil avec le club. Mais jamais je n’aurais pensé qu’il me contacterait au "mercato" pour y revenir. Ce fut vraiment une énorme surprise. Je me souviens, j’étais en stage avec Bâle et j’ai reçu un message sur mon répondeur me demandant de rappeler le siège. Je ne m’attendais pas à leur proposition. Je suis conscient qu’ils ont pensé à moi en raison du nombre de blessés en défense. Toutes ces blessures ont favorisé mon retour ici, je le sais. Je suis arrivé avec un rôle de joker et au retour des blessés, il faudra gagner sa place. Mais je suis là avant tout pour le collectif. Pour aider. 

uefa.com : Votre passé à l’OL a-t-il largement facilité votre intégration ?

Patrick Müller : Il y a eu quelques changements en un an mais je connaissais encore la majorité des joueurs. Cela a facilité l’intégration, c’est sûr. Mais je dirais que même si je n’avais pas déjà joué à l’OL elle n’aurait pas été pour autant plus difficile car il y a en place un groupe solidaire. Il y règne une très bonne ambiance. La concurrence est saine. Chacun comprend les règles du jeu, c’est une condition sine qua non pour atteindre les objectifs fixés. Ici, le collectif prime et tout le monde tire sur la même corde.

uefa.com : Devoir débuter dès votre arrivée comme titulaire, pour des gros matches de Championnat, ça a dû constituer une belle pression, non ?

Patrick Müller : J’arrive dans un club qui ne perd pas donc si ça va moins bien je serai automatiquement pointé du doigt. Mais j’avais aussi une grosse pression à Bâle car j’étais un des cadres de l’équipe et le club a des objectifs élevés à tenir également. L’OL, c’est aujourd’hui un des meilleurs clubs du monde, donc même si je prends le risque d’être tenu comme responsable si ça se passe moins bien, c’est un énorme plaisir de jouer ici. En plus, j’apprends beaucoup en jouant à côté de Cris. Il a la vraie mentalité du défenseur, celle que n’ai pas encore totalement.

uefa.com : Est-ce plus facile ou difficile de débarquer en cours de saison dans une équipe qui domine son championnat ?

Patrick Müller : C’est plus difficile car, comme je l’ai dit, au moindre faux pas on ne cherchera pas bien loin pour trouver le fautif. Mais le fait d’évoluer dans un groupe aussi solide constitue un avantage. 

uefa.com : Avez-vous le sentiment que l’OL dans lequel vous revenez a glané encore un grade sur les scènes européenne et nationale ?

Patrick Müller : On ressent une pression supplémentaire mais elle est positive. L’attente autour de l’OL est énorme mais elle est passionnante. Tout le monde rêve de jouer dans un club qui a des objectifs aussi élevés. Le parcours de l’OL cette saison en Champions League pour l’instant en dit long sur le cap que le club a franchi. La manière avec laquelle il a battu le Real Madrid (CF) a marqué les esprits. Mais en football, même le plus bel édifice reste fragile. Rien n’est acquis et le club entend prendre sa revanche sur le PSV pour conforter sa progression.

uefa.com : Quel est le point fort de cet OL ?

Patrick Müller : Le mental. Il y a une vraie culture de la gagne et l’expérience accumulée les années passées se révèle profitable. Elle a porté ses fruits. On l’a encore vu face à Lens.

uefa.com : Vous découvrez Gérard Houllier six mois après le reste de vos coéquipiers. Avez-vous déjà eu le temps de cerner le personnage ?

Patrick Müller : Pas vraiment, je viens d’arriver. Au premier abord, il apporte de la joie de vivre dans le groupe. Il rigole avec les joueurs quand cela est possible. Mais quand il faut travailler, il est intransigeant sur la concentration et la rigueur. C’est un entraîneur très attaché à l’ambiance. Pour lui, c’est très important.

uefa.com : Lyon est moins souverain depuis un mois en Championnat. Eindhoven était-il déjà dans toutes les têtes alors que l’avance en Ligue 1 reste confortable ?

Patrick Müller : Nous sommes tous conscients de l’importance de chaque match de Championnat. On se doit de marquer des points tous les week-ends. On a eu une série de matches difficiles, que ce soit contre Auxerre, Bordeaux et Lens, où il a fallu être très performant. Le Championnat est encore long, il faut maintenir le rythme de la gagne. On vient de prendre trois points en trois matches, il faut absolument se concentrer sur Nantes.

uefa.com : La Coupe du Monde, vous devez sûrement déjà y penser. Ce retour à l’OL ne doit pas déplaire à votre sélectionneur (Köbi Kuhn), vous allez lui ramener de bons tuyaux sur l’équipe de France…

Patrick Müller : La Coupe du Monde est présente dans un coin de la tête, bien évidemment. Mais il peut y avoir plein de rebondissements, notamment des blessures, avant l’annonce de la sélection. Donc y penser aussi tôt n’est pas une bonne chose. En revenant à Lyon, je savais que je m’exposais à un temps de jeu moindre et donc à une moins bonne préparation pour la Coupe du monde. Mais je dirais en effet que m’entraîner tous les jours avec autant de joueurs de l’équipe de France, c’est une bonne chose, clairement. Difficile de faire mieux pour anticiper le match face aux Bleus en juin.