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Les femmes dans le football : cinq étoiles de l’UEFA EURO 2020

Nous avons rencontré cinq femmes qui contribuent, chacune à sa manière, au tournoi de cet été.

Plus tôt dans l’année, l’UEFA a lancé une nouvelle campagne visant à faire connaître l’influence significative des femmes dans la communauté du football européen.

Chaque mois, l’UEFA met en lumière cinq femmes dont le travail contribue à façonner le présent et l’avenir du football, à tous les niveaux du jeu. Que ce soit sur le terrain, devant les caméras ou au plus haut niveau, chacune des pionnières que nous vous présentons a une histoire inspirante à raconter, offrant un parfait exemple pour inciter davantage de femmes et de filles à laisser leur empreinte dans le football.

Pour ce quatrième volet, axé sur l’EURO 2020, nous nous sommes entretenus avec :

• Eniola Aluko, ancienne internationale anglaise et analyste experte TV

• Sharon Burkhalter-Lau, directrice des activités opérationnelles à l’UEFA

• Lene Kryger, directrice générale d’UEFA EURO 2020 Copenhague

• Diana Pirciu, gestion des bénévoles pour UEFA EURO 2020 Bucarest

• Célia Šašić, championne de l’EURO féminin avec l’équipe d’Allemagne et ambassadrice de l’UEFA EURO 2024

Eniola Aluko : « Lorsque nous faisons ce que nous aimons, nous montrons le meilleur de nous-même ! »

Eniola Aluko est analyste experte TV et  directrice sportive du club Angel City FC.
Eniola Aluko est analyste experte TV et directrice sportive du club Angel City FC.Getty Images pour Angel City FC

Eniola Aluko a joué plus de 100 matches dans l’équipe d’Angleterre tout en poursuivant une carrière dans le droit du sport et du divertissement. Après avoir joué dans différents clubs aux États-Unis et en Italie, mais aussi en Angleterre, elle est à présent directrice sportive du nouveau club Angel City FC de Los Angeles. Cet été pourtant, elle se concentre sur l’EURO 2020 et assume la fonction d’analyste pour la télévision britannique.

Est-ce que votre travail comme analyste TV vous plaît et pourquoi est-ce important que des femmes exercent cette fonction ?

« J’aime beaucoup analyser les matches, comprendre quels sont les joueurs impliqués et connaître toutes les équipes. Il ne s’agit pas seulement de s’installer et de regarder le match. Il faut se préparer, parler à l’équipe de production, et il ne s’agit pas de parler uniquement de football. Nous discutons de certains aspects sociaux en lien avec le match tels que la diversité, l’inclusion et le racisme afin d’enseigner quelque chose. Je prends cela très au sérieux. Les gens parlent beaucoup de la diversité qui existe parmi les commentateurs, mais je pense qu’il faut maintenant normaliser les compétences de manière à ce que personne ne relève que vous êtes une femme ou se demande quelle est votre origine. J’ai la chance de contribuer à ouvrir les portes pour d’autres femmes et j’espère les inspirer à prendre le relais. »

Que ressent-on en jouant un EURO ?

« C’est sensationnel ! L’atmosphère est festive, c’est évidemment un tournoi majeur à construire tout au long de l’année et de la saison, et vous ne pensez qu’à intégrer l’équipe nationale. Bien sûr, la pression est énorme parce que tout le pays vous regarde, mais les meilleurs joueurs s’en nourrissent. »

Jouer vous manque-t-il ? Que conseillez-vous à d’autres femmes qui réfléchissent à la suite de leur carrière ?

« Au moment de prendre ma retraite, j’étais très heureuse de passer à un autre chapitre de ma vie. Une directrice sportive a plusieurs rôles et est au centre de son club – désormais, j’ai un projet magnifique dans un club appartenant à une majorité de femmes et nous pouvons réellement avoir une influence positive. Je conseille aux autres femmes d’être courageuses dans leurs projets – lorsque nous faisons ce que nous aimons, nous montrons le meilleur de nous-même. Nous nous sous-estimons souvent en tant que femmes, mais nous avons des super pouvoirs. Nous avons tellement de facettes différentes et de talents, et une telle capacité à faire ce que nous voulons, qu’il faut être prêtes à résister, à avancer et à ne pas avoir peur de faire bouger les choses. »

Sharon Burkhalter-Lau : « L’adversité vous force à abattre les barrières, à réexaminer vos convictions et à trouver des solutions. »

Sharon Burkhalter-Lau a presque 30 ans d’expérience dans le management des événements.
Sharon Burkhalter-Lau a presque 30 ans d’expérience dans le management des événements.UEFA via Getty Images

En tant que directrice des activités opérationnelles à l’UEFA, Sharon Burkhalter-Lau est responsable de la planification et de l’organisation des plus grands événements du football européen, notamment les finales de compétitions interclubs européennes et l’EURO 2020. Bénéficiant de presque 30 ans d’expérience dans le management des événements, elle est à la tête d’une équipe de plus de 650 personnes motivées à assurer le déroulement du tournoi de cet été.

En quoi l’organisation de l’EURO 2020 a-t-elle été différente de celle des autres tournois ?

« Préparer cet EURO dans plusieurs pays hôtes a pris vraiment beaucoup de temps, même sans compter l’impact de la pandémie.

» L’année écoulée nous a fait passer par toutes sortes d’émotions. Les incertitudes que nous avons connues sont incompatibles avec les activités opérationnelles. Diriger les opérations consiste à assurer un certain résultat, à faire tout ce qu’on peut pour garantir la tenue d’un événement en se basant sur les expériences passées et sur les connaissances acquises. Pour l’EURO 2020, nous n’avions pas de telles bases.

» Il est très difficile de diriger une très grande équipe répartie sur différents sites, l’année a donc été extrêmement chargée. Mais lorsque vous faites face à l’adversité, cela vous force à abattre les barrières, à briser les routines et les habitudes ; vous réexaminez alors vos convictions et, finalement, vous trouvez des solutions pour atteindre vos objectifs. »

Que ressentez-vous après avoir assemblé toutes les pièces du puzzle, alors que le tournoi a lieu après tellement d’incertitudes ?

« C’est vraiment indescriptible. Durant les préparatifs, on se concentre sur ce qui doit être fait, en particulier concernant la présence des spectateurs dans les stades ; mais le moment le plus gratifiant, c’est lorsque vous voyez les joueurs entrer sur le terrain avant le match et que le stade résonne de toutes parts. Cette atmosphère est tout simplement fantastique et rien ne saurait remplacer cette expérience.

» Il est également satisfaisant d’avoir su surmonter l’adversité ; nous avons appris beaucoup pour la suite – nous pouvons être plus souples, plus efficaces et, grâce cette expérience, nous ferons encore mieux pour l’EURO 2024 en Allemagne. »

Quels changements avez-vous constatés dans le monde du football et dans le rôle des femmes au cours de votre carrière ?

« Le secteur du sport est devenu beaucoup plus lucratif et les spécialistes qui y travaillent sont bien plus nombreux. Les gens ont de grandes attentes pour les événements en direct : il ne s’agit pas seulement des 90 minutes de jeu, mais de tout ce qu’il y autour. Le professionnalisme a donc augmenté.

» Je pense qu’il y a toujours eu des femmes travaillant dans le monde du football, souvent dans l’administration et moins dans les fonctions dirigeantes, mais cela est en train de changer. À l’heure actuelle, il y a peu de femmes qui occupent des postes de direction, mais ces postes nécessitent de l’expérience ; et si on compare avec les années 1990, beaucoup plus de femmes occupent maintenant des postes à responsabilité. Plus il y a de femmes dans le management, plus il y en aura finalement au sein de la direction. »

Lene Kryger : « Ne planifiez pas trop à l’avance et saisissez les opportunités qui se présentent ! »

Lene Kryger a supervisé l’organisation de l’EURO 2020 à Copenhague.
Lene Kryger a supervisé l’organisation de l’EURO 2020 à Copenhague.

Lene Kryger est directrice générale de l’UEFA EURO 2020 Copenhague depuis janvier 2017, occupée à superviser la planification et la tenue des quatre matches du tournoi dans la ville hôte. Elle a plus de dix ans d’expérience dans le management d’événements sportifs, et on lui doit notamment l’organisation de la Coupe du monde de rugby à sept et les Championnats du monde de semi-marathon.

Le chemin parcouru jusqu’à l’EURO 2020 a été long. Quelle a été votre motivation pour assurer le succès du tournoi tout au long des quatre dernières années ?

« Réussir est une motivation en soi. Comprendre que nous visons un objectif plus vaste que le football seul est porteur dans ce genre de projets ; en effet, nous promouvons aussi la ville, le Danemark et les valeurs danoises. Il ne s’agit pas seulement d’une réussite personnelle : d’autres en profitent et nous savons que notre travail a un impact positif. Nous parlons beaucoup d’héritage, c’est-à-dire d’opportunités pour nos communautés – cela signifie rassembler les gens pour regarder les matches, mais aussi organiser la promotion de projets mettant en lumière les offres de la ville. »

Quels sont les défis et les projets que vous envisagez après l’EURO 2020 ?

« Les projets sont nombreux dans le cadre de la DBU, puisque nous prévoyons d’agrandir nos installations et de construire un centre d’entraînement d’élite, mais nous espérons également accueillir un tournoi féminin majeur. Organiser l’EURO féminin ou la Coupe du monde féminine de la FIFA serait l’occasion rêvée pour promouvoir davantage le football féminin au Danemark. Accueillir un tel événement serait fantastique et cela nous permettrait d’établir plusieurs objectifs visant à améliorer la participation en cours de route. Un événement en terre danoise, impliquant plusieurs villes et plusieurs stades, serait une occasion fantastique pour les spectateurs et les bénévoles de tout le pays. »

En tant que modèle pour les autres femmes, que conseillez-vous à celles qui aimeraient suivre une voie similaire à la vôtre ?

« Honnêtement, je n’ai jamais pensé devenir un modèle, ou en tout cas je n’en avais pas conscience avant, mais j’espère pouvoir inspirer d’autres femmes. Les femmes qui souhaitent travailler dans le monde du football ne devraient pas être intimidées. Le chemin est encore long, mais les changements sont déjà visibles. Mon conseil serait de ne pas planifier trop à l’avance et de saisir les opportunités qui se présentent. »

Diana Pirciu : « Je n’ai pas parcouru tout ce chemin pour m’arrêter là ! »

Diana Pirciu s’occupe de 800 bénévoles à Bucarest.
Diana Pirciu s’occupe de 800 bénévoles à Bucarest.

La Roumaine Diana Pirciu est une ancienne joueuse de tennis internationale qui a étudié la communication et le marketing sportif aux États-Unis avant de rejoindre la Fédération roumaine de football en tant que manager de la responsabilité sociale de l’entreprise et spécialiste de la formation. Pour l’EURO 2020, elle s’occupe des bénévoles dans la ville hôte de Bucarest et supervise ainsi une équipe de 800 personnes pour assurer que les quatre matches prévus se déroulent comme prévu.

Comment votre passé de sportive vous a-t-il aidé dans votre fonction actuelle ?

« En tant que joueuse de tennis, je jouais seule, mais aussi régulièrement en équipe. Je suis passé de quelqu’un qui gagnait pour moi-même à une joueuse d’équipe, où ma victoire devenait accessoire si mes coéquipières perdaient leur match, parce que ça faisait mal à l’équipe. C’est comme un jeu de domino. Si l’un tombe, les autres aussi ; nous devons rester debout pour renforcer l’équipe. Chaque personne qui travaille pour l’EURO 2020 est seulement une pièce du puzzle. Je pense aussi que, en tant qu’athlète, on apprend à être courageux, à accepter la défaite, on acquière discipline et respect, ce qui est important dans tous les aspects de la vie. »

Qu’avez-vous appris en dirigeant une équipe comptant des centaines de personnes ?

« Nous ne sommes pas beaucoup en Roumanie à avoir déjà dirigé une équipe aussi nombreuse, en particulier dans le domaine sportif, et je veux faire au mieux. C’est beaucoup de travail, mais je me dis que je n’ai pas parcouru tout ce chemin pour m’arrêter là. J’ai prouvé que je méritais ma place, j’ai travaillé dur pour y arriver et je me donne tous les jours à 110 % pour m’assurer que tout se passe bien. Je n’y pense jamais, mais j’ai tellement appris, que ce soit dans la logistique, les ressources humaines ou les méthodes de motivation. Porter le logo de l’EURO 2020 est une source de fierté, mais aussi une responsabilité et il est important que tout le monde le comprenne. Il est donc essentiel que l’équipe soit motivée et ait du plaisir à accomplir ses tâches. »

Que garderez-vous de cette expérience une fois le tournoi terminé ?

« J’étais tellement impatiente que le tournoi débute et je suis si heureuse maintenant qu’il est en cours. J’utilise une technique de visualisation apprise en tennis, j’imagine que tous ceux qui ont œuvré pour l’événement se rassemblent à la fin et partagent un sentiment de reconnaissance extraordinaire. Ensuite, nous pourrons regarder en arrière, réfléchir à toutes les leçons apprises et nous préparer pour le prochain défi ! »

Célia Šašić : « C’est une chance d’utiliser la force du football pour créer quelque chose de plus grand ! »

L’ancienne internationale allemande Célia Šašić est ambassadrice de l’UEFA EURO 2024.
L’ancienne internationale allemande Célia Šašić est ambassadrice de l’UEFA EURO 2024.

L’ancienne internationale allemande Célia Šašić est double championne de l’EURO féminin, vainqueur de l’UEFA Women’s Champions League et a remporté le prix de Meilleure joueuse d’Europe de l’UEFA. Elle est à présent ambassadrice de l’UEFA EURO 2024, mais suivra de près les événements des deux prochains étés.

En quoi consiste votre rôle d’ambassadrice pour l’EURO 2024, et que cela signifie-t-il pour le tournoi de cet été ?

« Nous avons de la chance, ici en Allemagne, d’accueillir l’EURO 2020 maintenant, avec quatre matches à Munich, et en 2024, d’accueillir tout le tournoi ; nous pouvons nous servir de cette expérience et apprendre pour la suite. En tant qu’ambassadrice, j’ai déjà la possibilité de parler de ce que nous voulons accomplir en 2024 – il est capital que ces événements aient un impact positif sur la société au-delà des stades. C’est une réelle opportunité d’utiliser le football pour créer quelque chose de plus grand. Je sais aussi ce que c’est d’être championne d’Europe ! »

Cet été représente une excellente occasion d’inspirer les filles pour le football en vue de l’EURO féminin 2022 l’année prochaine...

« L’EURO est un événement que tout le monde regarde, dont tout le monde veut faire partie. Lorsque j’ai commencé à jouer, je regardais le football masculin, je prenais les joueurs comme exemples et je voulais accomplir la même chose qu’eux, qu’ils soient hommes ou femmes. L’essentiel est que les filles qui veulent jouer au football puissent le faire, quel que soit le modèle qui les inspire. Nous avons besoin de plus d’académies et de meilleures infrastructures pour que les filles puissent jouer dans toutes les communautés. Le football féminin a changé rapidement et pour le mieux, mais il reste du chemin à parcourir et nous devons donner aux jeunes joueuses la possibilité de progresser dans un environnement professionnel, tout comme les garçons talentueux. C’est donc génial que l’EURO féminin sera au centre de l'attention l’année prochaine ; c’est l’occasion de prendre de l’élan cet été pour l’année prochaine. »

Pour terminer, que ressent-on quand on est championne d’Europe ?

« C’est génial ! Quand on voit d’autres joueurs, hommes ou femmes, soulever des trophées, on a juste envie de faire pareil. Lorsque cela arrive enfin, c’est fantastique ! Chaque titre est particulier et chaque trophée soulevé est la récompense du travail fourni. Peu de gens ont cette chance, mais je suppose que ce sentiment est le même qu’on soit professionnel ou amateur ; c’est quelque chose d’unique. »