Lyon en veut cinq

En route pour le Championnat (I) : L'OL vise à partir de ce week-end un 5e titre consécutif. Un record basé sur la continuité, malgré le départ de Le Guen.

Par Christian Châtelet

L'Olympique Lyonnais part encore favori du 68e Championnat de France de première division dont il rafla les quatre dernières levées. Mais personne n'a encore remporté cinq titres.

Mieux que les Verts
Si les Gones parvenaient à réaliser cet exploit, le 13 mai, ils laisseraient sur place l'Olympique de Marseille et l'AS Saint-Etienne. Les deux clubs les plus titrés de France n'ont jamais réussi à faire mieux que quatre à la suite. C'était de 1967 à 1970 pour les Verts et de 1989 à 1992 pour l'OM de Bernard Tapie. Trop heureux de damer le pion au vainqueur de la Coupe des champions et surtout au voisin du Forez, les supporteurs, les joueurs et les dirigeants viseront d'abord, cette année, ce graal à cinq étages.

Les entraîneurs passent…
Pour continuer dans la voie de l'excellence, Lyon mise sur son acquis : cinq trophées en cinq ans, huit participations aux Coupes européennes ces huit dernières années dont deux quarts de finale de l'UEFA Champions League en 2004 et 2005 : Lyon est toujours placé ou gagnant. Cela est valable, semble-t-il, quel que soit l'entraîneur. L'OL a gagné son premier titre avec Jacques Santini puis en récoltait trois avec Paul Le Guen. Ce détail a son importance. Le technicien breton s'est retiré, le 15 mai dernier, laissant place à Gérard Houllier.

Simple malentendu
L'accueil qui sera fait à celui qui mena le Paris Saint-Germain FC au titre en 1986 avant de quitter le Championnat en 1988 sera l'une des clés de la saison entre Rhône et Saône. "Tout sauf Houllier", avait clamé Sylvain Wiltord début mai. "Cela m'a fait rire quand j'ai vu ça", répondit Houllier. Depuis, les deux hommes ont conversé, tout s'est aplani. Simple malentendu. L'homme qui refit gagner le Liverpool FC s'est donc glissé en douceur dans le baquet de la "Formule 1" construite par le président Jean-Michel Aulas qui lui déconseillait "de changer la voiture".

Essien partira-t-il ?
"Il faut gommer nos quatre titres et repartir de zéro", conseille l'ancien sélectionneur des Bleus. "Je ne suis pas inquiet car l'appétit des joueurs est intact." Celui du président aussi. Aulas n'a laissé partir personne en un mois de marché des transferts, si ce n'est Bryan Bergougnoux (Toulouse FC). De plus, il ne veut pas céder le meilleur joueur de la Ligue 1 Michael Essien, à moins de 45 M€ au Chelsea FC. Il l'a pourtant acquis pour quatre fois moins il y a deux ans.

Carew pour marquer
En revanche, Lyon a embauché. A force d'entendre qu'il lui manquait un chasseur de buts du style Sonny Anderson, Aulas a recruté John Carew au Besiktas JK. Pour pallier le départ éventuel d'Essien, il a fait main basse sur Benoît Pedretti, venu sans indemnité de Marseille et sur Sylvain Monsoreau (FC Sochaux-Montbéliard), l'un des meilleurs jeunes défenseurs du Championnat.

L'Europe, la différence
Pour autant, même s'il coiffait une cinquième couronne, Lyon ne serait pas au-dessus de Marseille ni de Saint-Etienne (10 fois titrés). Il lui manquerait la grande épopée européenne. Celle qui fait basculer le cœur d'une nation. Les quarts de finale contre le FC Porto et le PSV Eindhoven ne valent pas le titre et la finale de l'OM en 1993 et 1991, ni 1976 et les poteaux carrés de Glasgow qui résonnent encore dans toute la France.

"Une référence, une folie"
"Peut-être manque-t-il juste au club, une référence, une folie, un truc qui, émotionnellement, vous emmène hors du monde", résume Houllier. "Le club le mérite. Le jour où Lyon disputera la finale de la Champions League, son statut changera." Tout commence samedi sur le terrain du Mans UC 72 dimanche à 18 heures.

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