Szymon Marciniak compte les jours avant sa mission à Tallinn

L'arbitre désigné pour diriger la Super Coupe de l’UEFA mercredi, Szymon Marciniak, avoue qu’il n’aimait pas beaucoup les arbitres du temps où il était joueur. L’arbitre polonais affirme cependant que c'est un carton rouge qui lui a ouvert la voie de sa carrière actuelle.

L'arbitre de la Super Coupe de l'UEFA, Szymon Marciniak.
L'arbitre de la Super Coupe de l'UEFA, Szymon Marciniak. ©Getty Images

Milieu de terrain ambitieux et combatif du Wisla Plock, un club polonais de premier plan, Szymon Marciniak n’avait pas le plus grand respect pour les arbitres, il l’avoue volontiers. Mais un carton rouge reçu un jour a changé sa vie, l'incitant à faire partie de l’élite européenne et mondiale de l'arbitrage.

« Je ne faisais pas partie des joueurs les plus faciles à gérer », avoue l’arbitre polonais de 37 ans, qui se prépare à sa future mission d’envergure, le match de la Super Coupe de l’UEFA de mercredi entre le Real Madrid et le Club Atlético de Madrid, à Tallinn. « J’étais ambitieux, je voulais gagner, et je rendais la vie parfois très difficile aux arbitres : je me plaignais continuellement.

» Et puis il y a eu ce match où l'arbitre m'a expulsé du terrain. Je n’étais pas du tout d’accord avec cette décision, bien sûr, et je le lui ai fait savoir. Après le match, je lui ai dit qu’il était l’un des pires arbitres que j’aie jamais vus. Il m’a répondu : "Si vous pensez que c’est si facile, pourquoi vous ne le faites pas ?" Alors, c'est ce que j'ai fait. »

Szymon Marciniak s’est inscrit à un cours sur l’arbitrage, et le reste est aujourd'hui inscrit dans l'histoire. Il a sympathisé avec l’arbitre qui l’avait expulsé, et ils sont aujourd’hui collègues et amis. « Nous plaisantons souvent sur mon comportement en tant que joueur. Quand je suis devenu arbitre international, il m'a accompagné en tant que quatrième officiel à un match de qualification des M21. Je lui ai toujours dit qu’il avait bien fait de m’expulser, ce jour-là. C'est une belle histoire ! »

Szymon Marciniak suit une présentation lors du Cours d'été annuel pour arbitres organisé ce mois-ci.
Szymon Marciniak suit une présentation lors du Cours d'été annuel pour arbitres organisé ce mois-ci.©UEFA

Depuis lors, Szymon Marciniak a arbitré des matches de la Coupe du monde de la FIFA 2018 et de l’UEFA EURO 2016, ainsi que d’innombrables rencontres majeures des compétitions européennes. La saison dernière, il a exercé la fonction de quatrième officiel lors de la finale de l’UEFA Europa League à Lyon, qui s’est soldée par la victoire du Club Atlético de Madrid sur l’Olympique de Marseille. Il avait également été quatrième officiel pour la Super Coupe de l’UEFA 2016 à Trondheim, lors de laquelle le Real Madrid CF avait battu le Séville FC. En 2015, il a dirigé la finale du Championnat d’Europe des moins de 21 ans de l’UEFA, qui opposait la Suède au Portugal. 

Szymon Marciniak estime que son expérience de joueur l’aide à gérer les individualités sur le terrain. « La gestion humaine est l’un des aspects les plus importants de l'arbitrage, explique-t-il. Il est important que vous puissiez établir une relation avec les joueurs. Si vous avez joué vous-mêmes, vous comprenez leur réaction dans certaines situations. »

Szymon Marciniak est reconnaissant envers l’UEFA pour la formation qu’il a reçue au Centre d'excellence pour arbitres de l'UEFA (CORE) dans le cadre du programme 2011, année où il est devenu arbitre international. « J'ai rencontré des personnes formidables, qui m’ont beaucoup appris », raconte-t-il en revenant sur une période importante pour sa future carrière. « J’ai beaucoup appris, et j'ai ensuite pu mettre ces connaissances en pratique. »

Cinq compatriotes polonais l’assisteront pour la Super Coupe à Tallinn : les arbitres assistants Pawel Sokolnicki et Tomasz Listkiewicz, les arbitres assistants supplémentaires Pawel Raczkowski et Tomasz Musiał, et l’arbitre assistant de réserve Radoslaw Siejka. Le Roumain Ovidiu Alin Hategan exercera la fonction de quatrième officiel. Szymon Marciniak assure que les rituels d’avant-match seront les mêmes que pour toute autre rencontre.

« Nous écouterons un peu de musique dans le vestiaire, car ça m’aide à rester calme, et nous nous préparerons mentalement et nous concentrerons sur nos objectifs. Nous étudierons également les tactiques des équipes, les joueurs et leurs caractéristiques : il est important d’en savoir le plus possible sur les équipes avant d’entrer sur le terrain. »

Szymon Marciniak est déterminé à garder les pieds sur terre et à savourer chaque moment de sa carrière. « J’essaie avant tout de rester moi-même, souligne-t-il. Avoir la chance de diriger des matches comme la Super Coupe est une récompense pour tout le travail accompli et pour les sacrifices consentis pour arriver à ce niveau. J’en suis très fier ! »

Et concernant l’avenir ? « Je prends les choses l’une après l’autre, explique-t-il. On ne peut pas prévoir tellement à l’avance. J’ai le bon âge pour exercer mon métier, et j'ai acquis une expérience suffisante, qui, je l’espère, me servira dans les années à venir. Comme on me l’a dit une fois : quand on atteint le plus haut niveau, le plus difficile est d’y rester. Je compte à présent les jours avant la Super Coupe, et après, je commencerai à penser au match suivant... »

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