Le football apporte du réconfort à Elvira

La tristesse a fait irruption dans la vie d'Elvira Askerzade lorsqu'elle avait onze ans, suite au décès de sa maman. La jeune fille azérie, aujourd'hui âgée de 18 ans, a trouvé du réconfort dans le football, devenant une gardienne prometteuse et la capitaine de l'équipe nationale des moins de 19 ans.

Ayant perdu sa maman alors qu’elle était enfant, Elvira Askerzade, aujourd’hui âgée de 18 ans, est devenue la capitaine de l’équipe nationale des moins de 19 ans, ce qui a contribué à abattre les barrières et à lutter contre les stéréotypes sur les filles jouant au football.

Chaque mois, dans le cadre de sa campagne #EqualGame, l’UEFA dresse le portrait d’une personne provenant de l’une de ses 55 associations membres. Cette personne illustre comment le football favorise l’inclusion, l’accessibilité et la diversité ; son histoire montre que le handicap, la religion, l’orientation sexuelle, l’origine ethnique et le milieu social ne constituent un frein ni à la pratique du football, ni à l’intérêt pour ce sport.

Sous le regard attentionné de sa grand-mère Zibeyda, Elvira a trouvé la voie à suivre grâce au football.
Sous le regard attentionné de sa grand-mère Zibeyda, Elvira a trouvé la voie à suivre grâce au football.©UEFA

Elvira Askerzade a dû faire face à l’adversité en étant enfant. Sa maman est décédée lorsqu’elle avait onze ans, une expérience qui aurait pu abattre un caractère moins fort. Pourtant, la jeune fille azérie, aujourd’hui âgée de 18 ans, a admirablement bien réagi et a trouvé la voie à suivre grâce au football. 

Elle est en effet tombée amoureuse de ce sport, qui, en plus de la réconforter dans des périodes difficiles, lui a souri en lui offrant un véritable talent de gardienne – d’où son poste actuel dans l’équipe nationale des moins de 19 ans et son brassard de capitaine –, une place à long terme dans l’académie de football d’Azerbaïdjan et la possibilité de rêver d’une carrière senior couronnée de succès.  

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Elvira a grandi dans la ville de Lankaran, sur la côte de la mer Caspienne, près de la frontière sud qui borde l’Iran. L’enfant qu’elle était alors a pratiquement découvert le football sur le pas de sa porte.  

« Quand j’étais petite, j’habitais près d’un stade. Je voyais des filles comme moi y jouer au football. Mon frère regardait toujours le football et pendant mon enfance je lui demandais souvent : "Pourquoi est-ce que tu regardes cela ?" Par la suite, et bien que je ne sois pas sûre d’aimer ça, je me suis mise à regarder moi aussi pour comprendre de quoi il s’agissait. Petit à petit, je m’y suis intéressée et je me suis dit : "Peut-être que je devrais essayer ? J’en suis également capable". »

La mère d’Elvira a préparé le terrain pour l’entrée de sa fille dans le monde du football pendant son enfance. « Ma mère m’a inscrite à un cours de football quand j’avais huit ans, indique-t-elle. Je n’allais pas aux entraînements durant les périodes scolaires, mais je jouais pendant les vacances et elle m’encourageait à m’impliquer dans quelque chose. »

La grand-mère d'Elvira, Zibeyda, a repris le rôle de parent lorsque la maman d'Elvira est décédée.
La grand-mère d'Elvira, Zibeyda, a repris le rôle de parent lorsque la maman d'Elvira est décédée.©UEFA

Malheureusement sa mère est décédée, un choc terrible à supporter à un si jeune âge. « J’étais déprimée après sa mort, se rappelle Elvira. À tel point que je n’avais plus envie de rien. » C’est sa grand-mère Zibevda qui a repris le rôle de parent à Lankaran.  

Le football a ouvert ses bras à Elvira et l’a poussée en avant. « Mes entraîneurs m’ont appelée et m’ont dit : "Tu peux le faire", "Viens jouer"...alors j’y suis allée et j’ai joué. J’avais du plaisir à pratiquer le football. Je me sentais comblée. »

Parallèlement au soin et à l’attention apportés par sa grand-mère, Elvira a puisé un grand réconfort dans le football durant ses jeunes années. « Mon enfance a été difficile, dit-elle, car je n’ai pas grandi comme les enfants ordinaires. »

Elvira admet volontiers que sa famille a émis des réserves face à sa volonté de jouer au football. « Ma grand-mère ne voulait pas non plus que je m’investisse [dans ce sport]. Elle voulait que j’étudie comme n’importe qui d’autre. Mais j’ai choisi mon rêve. Je savais que je pourrais y arriver. »

Être gardienne n’était clairement pas le poste qu’Elvira visait à ses débuts. « Je préférais jouer [devant], explique-t-elle. Mon entraîneur m’a mise dans les buts en raison de ma grande taille. J’ai toutefois réalisé que ça me convenait. »

Un moment de tranquillité à l'académie de l'AFFA.
Un moment de tranquillité à l'académie de l'AFFA.©UEFA
A moment of calm at the AFFA academy
A moment of calm at the AFFA academy©UEFA

« Lorsque je suis arrivée à l’académie, ça m’a fait très bizarre », confesse-t-elle en repensant aux accès de nostalgie qui l’assaillaient régulièrement. « C’était la première fois que je me retrouvais aussi loin de chez moi. Au départ, j’étais vraiment nerveuse, mais au fil du temps, je m’y suis habituée. » Depuis, ses compétences footballistiques et personnelles n’ont cessé de progresser. Elle est devenue à la fois une bonne gardienne, qui défend son pays dans les catégories d’âge inférieures, et une jeune femme indépendante et sûre d’elle.

Pour Elvira, la vie à l’académie s’est révélée bénéfique à plusieurs titres. « Ici, j’ai été formée comme une footballeuse professionnelle, indique-t-elle. J’ai dû me soumettre à un régime consistant fondamentalement à dormir, manger et m’entraîner. » Au niveau du club, Elvira fait partie du club de Yüksək Liqa (championnat principal) FC Tahsil, à Bakou. « J’ai grandi comme une athlète professionnelle. J’ai gravi les échelons et je joue dans une catégorie d’âge supérieure à la mienne.

» Je me suis fait de nouveaux amis ici. Même si ma famille est loin, je sais que j’ai une autre famille ici. Lorsque j’ai des questions ou des problèmes, je peux en parler avec les gens et leur demander de l’aide. » Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, est une ville vivante et trépidante qui a un charme particulier. « Je me suis vite adaptée à la vie ici, affirme Elvira. J’aime Bakou, parce que c’est elle qui m’a façonnée. »

Chaque visite à sa grand-mère est un moment de joie. « Nous nous entendons très bien », déclare-t-elle. Quand je suis ici à l’académie, je passe des appels vidéo à ma grand-maman et je discute avec elle. C’est la personne que je chéris le plus au monde. » Tous les doutes émis par la grand-mère d’Elvira à l’encontre du football se sont évaporés depuis longtemps. « Quand elle a vu à quel point j’aimais ce sport, elle s’est réjouie de me voir jouer. Elle m’a soutenue. Je pense qu’aujourd’hui ma famille est fière de moi, car elle ne croyait pas que j’y arriverais. »

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L’amour du football brille de tous ses feux tandis qu’Elvira avance sur le chemin qu’elle a choisi. « J’aime le football, il représente tout pour moi », dit-elle. Elle réfléchit longuement à la signification de ce jeu qu’elle adore. « Le football symbolise l’amitié, parce qu’il n’y a pas de frontières ni de différences basées sur la religion, la race ou le sexe. Quel que soit son âge ou sa race, que ce soit un garçon ou une fille, tout le monde peut jouer au football. »  

Elvira explique qu’en Azerbaïdjan, il fut un temps où la plupart des gens considéraient que les filles ne devraient pas jouer au football. « Aujourd’hui les choses ont changé, constate-t-elle. La situation évolue tout le temps et notre pays se rend compte que les filles peuvent aussi pratiquer le football. » 

Elvira est devenue une gardienne de talent.
Elvira est devenue une gardienne de talent.©UEFA

Le poste de gardienne est un travail pointu et parfois solitaire. « Je pense qu’être gardienne est très dur, admet Elvira. C’est une énorme responsabilité. Tes coéquipières doivent te faire confiance. Si n’importe quelle autre joueuse commet une erreur, une coéquipière pourra la corriger. Mais si une gardienne fait une erreur, l’équipe encaisse généralement un but. » En tant que capitaine, Elvira considère que son rôle consiste à observer et à gérer chaque joueuse, car elle voit l’ensemble du match se dérouler sous ses yeux. 

Zibeyda comprend la passion d'Elvira pour le football.
Zibeyda comprend la passion d'Elvira pour le football.©UEFA

Son rêve le plus cher est de disputer l’[UEFA] Women’s Champions League. « C’est mon objectif, le but vers lequel je tends. Si j’atteins ce but, j’essaierai de rester à ce niveau, non pas en me reposant sur mes lauriers, mais en progressant encore davantage. Si je remporte la [Women’s] Champions League, j’irai montrer ma médaille à ma grand-mère ! » 

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Elvira a mûri prématurément suite à la perte de sa mère bien-aimée, dont l’esprit continue de la guider. « La perte de ma maman m’a recentrée sur la vie, confie-t-elle. Parce qu’elle voulait que je réussisse. Pour accomplir son rêve, je fais de mon mieux pour que chaque jour soit fructueux. Je pense que ma maman est fière de moi.  

» Je reste convaincue que les gens devraient faire en sorte de réaliser leurs rêves. Je travaille dur moi aussi pour atteindre mon but. Certes, il y a des personnes qui disent des choses comme : "Tu n’y arriveras pas", "C’est pour les garçons", "Les femmes en sont incapables". Mais heureusement j’ai prouvé que c’était possible. Quand on veut quelque chose, on peut y arriver.

Elvira est une capitaine respectée.
Elvira est une capitaine respectée.©UEFA

» Je pense que l’amour du football ne dépend pas du genre. Je trouverais dommage que d’autres filles perdent espoir et abandonnent à cause de l’avis de quelqu’un d’autre... 

» Si on croit en soi, on peut aller loin. Si on veut quelque chose, alors rien n’est impossible... »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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