La réussite du continent européen mise en avant à la Conférence sur le football de la FIFA

La formidable prestation de l’Europe lors de la Coupe du monde de la FIFA en Russie – ce continent a en effet fourni les quatre demi-finalistes, parmi lesquels le vainqueur, la France – a été l’un des principaux sujets de discussion lors d’une conférence consacrée à ce tournoi.

L'équipe de France, gagnante impressionnante du titre mondial
L'équipe de France, gagnante impressionnante du titre mondial ©Getty Images

La tendance à un football plus offensif et le succès des équipes européennes figuraient en bonne place à l’ordre du jour de la Conférence sur le football de la FIFA, qui a rassemblé, à Londres, des entraîneurs de toute la planète et qui était consacrée à la dernière édition de la Coupe du monde.

L’édition russe est la quatrième Coupe du monde consécutive à avoir été remportée par un pays européen. Après l’Italie en 2006, l’Espagne en 2010 et l’Allemagne en 2014, c’est la France qui a triomphé, à Moscou. En outre, dix des seize huitième-de-finalistes et six des quart-de-finalistes étaient des équipes européennes. Aux côtés de la France, dans le dernier carré, on trouvait la Belgique, la Croatie et l’Angleterre.

Didier Deschamps, l'entraîneur de l'équipe de France, remporte la Coupe du monde.
Didier Deschamps, l'entraîneur de l'équipe de France, remporte la Coupe du monde.©Getty Images

Les entraîneurs et les experts techniques de toutes les associations membres de la FIFA avaient été invités à participer à la conférence de dimanche dernier, qui a permis de se pencher sur les tendances tactiques observées en Russie cet été, notamment la tendance consistant à « atteindre le but adverse le plus vite possible », selon les mots de Carlos Alberto Parreira, l’ancien entraîneur de l’équipe du Brésil victorieuse lors de la Coupe du monde 1994 et l’un des membres du Groupe d'étude technique de la FIFA.

Les statistiques présentées par Carlos Alberto Parreira et par Marco van Basten, directeur du développement technique de la FIFA, ont fait état d’un recul du nombre matches sans but (une rencontre, contre sept en Afrique du Sud, en 2010) et une augmentation du nombre de penalties (29 penalties sifflés, dont 22 transformés, contre 15 sifflés et 9 transformés en 2010). Les coups de pied arrêtés semblent avoir été plus travaillés à l’entraînement, un but ayant été inscrit tous les 29 corners, contre un but tous les 61 corners en 2010. Cette édition a aussi été plus « propre », aucun carton rouge n’ayant été distribué pour comportement violent.

Le Français Paul Pogba juste avant de marquer lors de la finale de la Coupe du monde contre la Croatie
Le Français Paul Pogba juste avant de marquer lors de la finale de la Coupe du monde contre la Croatie©Getty Images

La présentation du matin a inclus une analyse des quatre demi-finalistes, parmi lesquels le vainqueur, la France, qui a bénéficié d’un sélectionneur – Didier Deschamps – ayant tout connu dans sa carrière et adopté une stratégie de simplicité, selon l’ancien attaquant néerlandais Marco van Basten. Carlos Alberto Parreira a relevé la force qui a mû l’équipe, en commençant par Hugo Lloris, « l’un des meilleurs gardiens de but », et en finissant par Paul Pogba et Antoine Griezmann.

Didier Deschamps est monté sur le podium pour partager ses réflexions et a notamment évoqué les contributions positives des latéraux Benjamin Pavard et Lucas Hernández, ainsi que de N’Golo Kanté, Olivier Giroud et Pogba. « Notre défense était très bien organisée et nous avons récupéré beaucoup de ballons. Nous devions aller de l'avant très rapidement, et nous avions des joueurs qui en étaient capables », a expliqué Didier Deschamps.

L’Angleterre, demi-finaliste, a, quant à elle, été félicitée pour sa gestion des balles arrêtées. Marco van Basten a évoqué un avenir radieux, en mentionnant le succès des sélections anglaises des M17 et des M20 sur la scène mondiale. « [Les Anglais] ont un sélectionneur qui veut les faire jouer de l’arrière, et je pense que cela a été une réussite, a-t-il ajouté, mais ils peuvent encore progresser. Ils sont tous très jeunes, et ils ont un avenir prometteur. »

Roberto Martínez a entraîné une excellente équipe de Belgique.
Roberto Martínez a entraîné une excellente équipe de Belgique.©Getty Images

L’autre demi-finaliste perdant, la Belgique, a été décrite par Carlos Alberto Parreira comme « l’équipe la plus spectaculaire du tournoi ». Elle a été saluée pour la flexibilité tactique dont a fait preuve Roberto Martínez en passant à un 4-3-3 avec Romelu Lukaku sur la droite de la ligne d’attaque lors du quart de finale contre le Brésil. « Chaque rencontre a été un véritable spectacle », a commenté Marco van Basten.

Le croate Luka Modrić, meneur de jeu clé du tournoi
Le croate Luka Modrić, meneur de jeu clé du tournoi©AFP

Quant à la vice-championne du monde, la Croatie, elle a été félicitée par Carlos Alberto Parreira pour avoir su conserver l’identité que l’on trouvait chez les joueurs d’ex-Yougoslavie, surnommés « les Brésiliens de l’Europe ». Pour Marco van Basten, cette identité a été incarnée par Luka Modrić, meneur de jeu remarquable au cours du tournoi. « Quand vous avez un joueur comme lui dans votre équipe, vous avez l’impression qu’il vous comprend, qu’il fait tout ce que vous voulez. Il distribue le ballon au bon moment et à la bonne vitesse. Luka Modrić sait lire le jeu. »

Zlatko Dalić a guidé la Croatie jusqu'à la finale.
Zlatko Dalić a guidé la Croatie jusqu'à la finale.©UEFA

L’entraîneur de l’équipe de Croatie, Zlatko Dalić, a suggéré que c’était grâce à leur approche consistant à donner la priorité au collectif que les quatre demi-finalistes ont brillé. « Les quatre équipes avaient l’air de former une équipe compacte, qui joue en groupe », a-t-il expliqué. Roberto Martínez, quant à lui, a estimé que « l’UEFA Champions League et l’esprit de compétition qui lui est associé » était un facteur.

Gareth Southgate a mené l'Angleterre en demi-finale, en Russie.
Gareth Southgate a mené l'Angleterre en demi-finale, en Russie.©AFP/Getty Images

Gareth Southgate, le sélectionneur de l’Angleterre, a fait observer que les investissements dans le développement du football junior avaient amplement porté leurs fruits en Europe, « de même que le niveau des compétitions nationales et européennes pour ce qui est de la qualité des matches et de la pression des rencontres. Les joueurs des équipes demi-finalistes avaient l’habitude de disputer de grands matches à élimination directe et des rencontres internationales. »

Frank Ludolph, chef de l'unité Formation technique de l'UEFA, a avancé une autre raison importante du succès du Vieux Continent : « La réussite des équipes européennes s’explique par la qualité du sélectionneur et, bien entendu, par la qualité de la formation qu’il a reçue. »  

 

 

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