UEFA Women’s Champions League : heureuses d’être de retour

Nous revenons sur l’expérience positive constituée par la reprise des matches de la principale compétition interclubs de football féminin, en Espagne.

Getty Images

Après n’avoir longtemps été qu’un rêve, l’idée que de grands matches de l’UEFA Women’s Champions League puissent un jour se dérouler dans des stades magnifiques comme l’Anoeta du Real Sociedad ou le San Mamès de l’Athletic Club s’est concrétisée lors du minitournoi exceptionnel de cette saison.

L’annonce confirmant que cet événement phare du football féminin se disputerait à Bilbao et à Saint-Sébastien est tombée le jour même de la planification des compétitions interclubs masculines à Lisbonne et en Allemagne, respectivement. Les joueuses s’en sont d’autant plus réjouies que, pour la plupart d’entre elles, l’UWCL représentait la première chance réelle de reprendre le jeu depuis l’arrêt du football. Sur les huit équipes en compétition, seul le duo allemand composé du Wolfsburg et du Bayern était parvenu à terminer sa saison nationale comme prévu.

Comme l’a déclaré le président de l’UEFA, Aleksander Čeferin, « L’UEFA Women’s Champions League apportera un message d’espoir. »

Le stade Anoeta, du Real Sociedad, accueillera la finale de l'UEFA Women's Champions League, ce dimanche.
Le stade Anoeta, du Real Sociedad, accueillera la finale de l'UEFA Women's Champions League, ce dimanche.

Une solution offerte par l’Espagne

Passer du report à la replanification n’a pas été facile. Par chance, l’UEFA a bénéficié de l’étroite collaboration de la Fédération espagnole de football (RFEF), une habituée des grands événements, dans sa quête de deux stades près l’un de l’autre et dotés des installations nécessaires pour accueillir des matches dans ces circonstances exceptionnelles. Malgré le caractère extraordinaire du tournoi, l’UEFA, rompue à l’organisation de compétitions de toutes sortes, a pu raccourcir le délai entre le choix des sites et la planification des rencontres.

Au cœur de ce processus se trouvaient bien sûr les clubs eux-mêmes. Le travail effectué par l’UEFA en étroite relation avec chacune des équipes et avec l’Association des clubs européens (ECA) a permis de garantir que le tournoi convienne aux finalistes ; il a notamment consisté à mettre en place la logistique nécessaire pour que les équipes puissent se préparer et participer au tournoi dans leur « bulle », tout en gérant le fait que la saison se termine en août alors que les contrats de certaines joueuses clés expiraient en juin et que des transferts avaient déjà été conclus. La coopération a été le mot d’ordre de cette phase visant à assurer la poursuite de la prestigieuse compétition du football interclubs féminin.

Lorsque les sites ont été communiqués, la joueuse de l’Atlético de Madrid Amanda Sampedro a salué la nouvelle. « J'ai toujours dit que, dans le nord de l’Espagne, le football fait vibrer la vie et les cœurs d'une merveilleuse façon, a-t-elle déclaré. Je trouve que les deux villes et les deux stades sont idéaux non seulement pour accueillir la phase finale de la Women's Champions League, mais aussi pour contribuer à la croissance et à la progression du football féminin en Espagne. »

Temps forts : Lyon décroche sa place en finale.
Temps forts : Lyon décroche sa place en finale.

Sous les feux des médias

Outre les clubs, les organisateurs des matches et le personnel des stades, les journalistes ont compté parmi les rares privilégiés qui étaient sur place lors des matches. Ce fut indéniablement une expérience unique, même si, sans la cacophonie habituelle, la couverture des rencontres était plus cérébrale. Avec les exclamations des joueuses et des entraîneurs, et peut-être aussi grâce à la vue panoramique depuis la position des médias dans la tribune supérieure du stade Anoeta, il est plus facile de s’extraire de l’action proprement dite et de vraiment sentir l’évolution tactique et stratégique du match.

Les distances à respecter entre les joueuses et les médias n’empêchent pas ces derniers de vouloir poser des questions et solliciter des avis.

Les micros accrochés à de longues perches font par conséquent presque partie du paysage lors des interviews flash d’après-match menées pour la télévision.

Par chance, il est nettement plus aisé d’interroger quelqu’un à deux mètres de distance, avec un masque, en l’absence de brouhaha ambiant.

Le suspense des matches à élimination directe

Une autre différence clé de ce minitournoi réside dans la formule des éliminations directes. Au lieu des treize matches disputés pendant cinq journées réparties sur deux mois dans toute l’Europe, tout s’est joué en l’espace de dix soirées dans une seule région. L’intensité dramatique suscitée par la violence des chocs et des retournements de situation a été à la hauteur des enjeux.

Temps forts : En battant Barcelone, Wolfsburg s’est qualifié pour la finale de dimanche.
Temps forts : En battant Barcelone, Wolfsburg s’est qualifié pour la finale de dimanche.

Avant la rencontre de son équipe contre Glasgow City, l’entraîneur du Wolfsburg, Stephan Lerch, avait confirmé : « Avec cette formule, le tournoi est palpitant. Il faut être prêt dès la première minute, il n’y a pas de seconde chance. Pour les outsiders, pour autant qu’il y en ait encore à ce stade, un petit coup de pouce du destin peut suffire pour créer la surprise. Nous en sommes conscients et faisons tout pour l’éviter. C’est une expérience nouvelle pour nous. »

L’équipe emmenée par Lerch s’est assuré une place en demi-finale grâce à une impressionnante victoire 9-1. Dans les autres quarts de finale, Barcelone a battu l’Atlético Madrid 1-0 et Lyon l’a emporté sur le Bayern Munich 2-1.

La première demi-finale a par conséquent opposé Wolfsburg à Barcelone, et ce dernier s’est incliné 0-1 à la suite d’un but de l’attaquante suédoise Fridolina Rolfö. Lyon ayant vaincu Paris sur le même score dans l’autre demi-finale, la finale réunira pour la huitième fois une équipe française et une équipe allemande.

En réalité, quelle que soit l’équipe couronnée, les joueuses seront simplement soulagées d’avoir pu achever la compétition après avoir travaillé si dur pour figurer parmi les huit dernières. « Nous sommes vraiment heureuses d’avoir pu disputer ces matches », a déclaré Signe Bruun à l’issue des quarts de finale. Sur le plan personnel, son retour après une longue absence pour cause de blessure est arrivé à point nommé. « Cette formule est vraiment une bonne solution. Il n’y a pas de spectateurs, il n’y a pas de bruit ; tout est calme. C’est différent, mais terminer le tournoi comme ça est vraiment une bonne solution. »

Pour voir la présentation de la finale de l’UEFA Women’s Champions League de dimanche, cliquez ici.