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Michel Platini : "Beaucoup de défis à relever"

Le Président de l'UEFA Michel Platini aborde les sujets clés de 2013/14, du FPF à la lutte contre les discriminations.

Le Président de l'UEFA Michel Platini
Le Président de l'UEFA Michel Platini ©UEFA.com

Le Président de l'UEFA Michel Platini aborde tous les sujets clés de la saison écoulée, du FPF à la lutte contre les discriminations.

UEFA.com : Le rideau vient de tomber sur une nouvelle saison. Lorsque vous regardez les dix derniers mois, quels ont été les temps forts ?

Michel Platini : Un football fantastique a été pratiqué cette saison et je pense que les fans du monde entier étaient très heureux de ce qu'ils ont vu. Par exemple, il suffit de regarder ce qui s'est passé lors des finales de nos compétitions de clubs ; il y a eu beaucoup de spectacle lors de l'attribution des titres en UEFA Champions League, UEFA Europa League et UEFA Women's Champions League ! En dehors du terrain, nous avons eu beaucoup de défis à relever afin d'améliorer et développer notre beau sport, et je suis satisfait de ce que nous avons pu réaliser.

UEFA.com : L'un de ces défis était la mise en œuvre du règlement du fair-play financier. Que pensez-vous des décisions prises par l'Instance de contrôle financier des clubs (ICFC) ?

Michel Platini : Comme vous le savez, le processus a toujours été indépendant, ce qui veut dire que je n'ai jamais interféré et ne suis jamais intervenu. J'ai suivi le travail de l'ICFC, et je suis satisfait du résultat. Au total, sur les 237 clubs évalués, seuls neuf ne répondaient pas au règlement du fair-play financier. Concernant ce petit groupe de clubs, ils ont tous accepté les mesures qui ont été prises et ont signé des accords de règlement. Le fait qu'aucun n'ait interjeté appel de ces décisions est un signe fort qu'elles étaient justes. Notre objectif n'a jamais été d'expulser les clubs de nos compétitions, mais de les aider à améliorer leur capacité à jouer au plus haut niveau de façon financièrement durable.

UEFA.com : Que répondez-vous aux critiques sur le fair-play financier ? Certaines personnes ont dit que c'était un mal pour le football…

Michel Platini : J'ai suggéré l'introduction du fair-play financier après que de nombreux propriétaires de clubs européens m'ont demandé de faire quelque chose pour contrôler les montants incroyables qu'ils étaient obligés d'investir afin d'être compétitifs. La situation devenait clairement hors de contrôle, et c'est la raison pour laquelle nous avons mis en place l'Instance de contrôle financier des clubs et le règlement du fair-play financier afin d'aider à contrôler et améliorer le paysage financier du football européen. Ceci a été réalisé avec le soutien de tout le monde, des clubs à l'UEFA en passant évidemment par la Commission européenne.

Je dois ajouter que depuis la mise en œuvre du fair-play financier, il y a eu une grande diminution des retards de paiement des clubs européens, de 57 M€ en juin 2011 à 1,8 M€ en septembre 2013. Concernant les pertes totales des clubs de l'élite, elles ont également été réduites d'1,7 milliard d'euros en 2011 à 1,1 milliard d'euros en 2012. Nous sommes sur la bonne voie.

UEFA.com : Vous avez dit que l'introduction du fair-play financier était un moment historique. Il y en a eu d'autres cette année, par exemple l'annonce d'une nouvelle compétition, l'UEFA Nations League. Que pensez-vous des changements se produisant dans le football d'équipes nationales en Europe ?

Michel Platini : Nous avons récemment entrepris de centraliser les droits pour nos compétitions entre équipes nationales. Tout débute en septembre avec la nouvelle semaine du football, qui verra des doubles confrontations des éliminatoires européennes se disputer sur six jours. Cela signifie que plus de fans verront plus d'équipes en action. Concernant la Nations League, il s'agit d'un moyen d'accroître la compétition entre nos associations membres, tout en diminuant le nombre de dates réservées aux matches amicaux. Le format de la Nations League, qui présente un système de promotion et relégation, offrira à plus d'équipes une opportunité d'avoir un objectif à atteindre. Je crois en elle, et je pense que ce sera un succès.

UEFA.com : Beaucoup de changements ont été apportés au format du Championnat d'Europe de l'UEFA. Nous aurons 24 équipes à l'UEFA EURO 2016 pour la première fois, et 13 villes de 13 nations différentes accueilleront l'UEFA EURO 2020. Pourquoi ces décisions ont-elles été prises ?

Michel Platini : Notre objectif est de développer le football en Europe, et en élargissant le Championnat d'Europe, nous permettront à plus de nations de se développer. Si vous jetez un œil au classement FIFA, il est courant de voir au moins 20 nations européennes dans les 30 premières au monde, donc nous aurons un très bon tournoi en 2016. Quant à l'EURO 2020, ce sera magnifique de voir le championnat se dérouler dans autant de pays différents avec des cultures différentes. Ce sera véritablement un EURO pour l'Europe, et j'attends avec impatience le choix des villes hôtes en septembre.

UEFA.com : Lors du Congrès de l'UEFA à Astana, vous avez parlé d'autres projets qui vous tenaient à cœur. Il est clair que la propriété par des tiers vous passionne. Que pouvez-vous faire à ce sujet ?

Michel Platini : Aujourd'hui, de nombreux joueurs appartiennent à des sociétés basées dans des paradis fiscaux et sont contrôlés par un agent ou un fonds d'investissement inconnu. Certains joueurs n'ont tout simplement plus le contrôle de leur carrière sportive, et sont transférés chaque année pour générer des revenus pour des individus anonymes. Je suis totalement contre ce modèle, et je pense qu'il peut menacer l'intégrité de nos compétitions. La FIFA explique qu'elle étudie ce problème, mais si elle ne décide rien, nous le ferons. Nous ne pouvons pas accepter que des joueurs appartiennent à des institutions financières. L'UEFA interdira la propriété par des tiers dans ses compétitions conformément à un mandat clair de son Comité exécutif.

UEFA.com : Une nouvelle saison vient de se dérouler avec des joueurs victimes de racisme sur le terrain de jeu. Pensez-vous en faire assez pour combattre la discrimination dans le football ?

Michel Platini : Je ne peux ignorer les tristes et troublants incidents discriminatoires qui se sont produits dans certains stades de football en Europe ces dernières semaines. J'ai été vraiment choqué et blessé de voir des joueurs victimes d'insultes à caractère raciste de la part des supporters ; ces incidents ne peuvent être tolérés et n'ont pas leur place dans le football ou dans la société. Le football n'a pas de couleur. Le football est un monde où le teint de la peau est invisible sous un maillot. Le football est un endroit où les appartenances politiques, religieuses et sexuelles des joueurs sont respectées. Les Statuts de l'UEFA ont récemment été modifiés afin de garantir que toutes nos associations membres adoptent des mesures efficaces pour éradiquer toutes formes de discrimination, et nous demandons à ce que de telles directives soient mises en œuvre, et que les personnes coupables d'actes de discrimination soient punies.

UEFA.com : L'UEFA a récemment signé un protocole d'accord avec Europol afin d'accroître la coopération dans la lutte contre le trucage de match. En quoi ce phénomène vous inquiète-t-il ?

Michel Platini : Il est hors de question que le trucage de matches existe, et nous devons être vigilants pour faire en sorte qu'il n'affecte pas nos compétitions. C'est la raison pour laquelle nos 54 associations membres ont adopté une résolution en 11 points lors de notre Congrès en mars appelée 'Le football européen uni pour l'intégrité du jeu', visant à s'attaquer au trucage de match et à la corruption. Bien sûr, nous savons que les autorités footballistiques n'ont pas les moyens de traiter ce problème seules, donc je suis extrêmement heureux d'avoir le soutien d'Europol.

Nous devons éduquer les joueurs et les entraîneurs par rapport aux approches possibles auxquelles ils pourraient faire face provenant d'organisations spécialisées dans les paris illégaux et, surtout, nous devons adopter une politique de tolérance zéro et bannir tous ceux qui sont impliqués dans le trucage de match. Nous devons protéger notre sport et nous assurer qu'il conserve son intégrité. Le football doit être transparent, et conserver la magie d'être totalement imprévisible.

UEFA.com : La technologie sur la ligne de but sera utilisée à la Coupe du Monde de la FIFA. L'envisagez-vous comme une possibilité pour les compétitions de l'UEFA et peut-être pour l'UEFA EURO 2016 ?

Michel Platini : Jusqu'ici, nous avons décidé de pas utiliser la technologie sur la ligne de but dans nos compétitions de clubs, car elle coûterait des millions d'euros, et nous préférons utiliser cet argent pour des projets de football de base. Pour l'UEFA EURO 2016, il y a des chances que nous utilisions la technologie, mais toujours en complément de nos arbitres assistants supplémentaires. Ce sujet sera discuté par notre Commission des arbitres, puis le Comité exécutif de l'UEFA prendra la décision finale. Nous sommes très heureux du déploiement des arbitres assistants supplémentaires, et pensons qu'il s'agit du meilleur moyen pour minimiser les erreurs commises dans les zones clés du terrain.