Henry en "mode apprentissage"

À bientôt 40 ans, le meilleur buteur de l'équipe de France Thierry Henry a entamé une nouvelle carrière au poste de deuxième adjoint de la sélection belge.

Thierry Henry au service de Roberto Martinez au sein de l'équipe de Belgique
Thierry Henry au service de Roberto Martinez au sein de l'équipe de Belgique ©Getty Images

Celui qui l'on appelle encore Titi est revenu en Europe après une fin de carrière de joueur aux États-Unis (New York Red Bulls) en 2014. Il était sur le banc de la Belgique, samedi, lors du match nul face à la Grèce. Dans une interview pour Canal Plus (visible en France seulement), il évoque son nouveau rôle et donne un point de vue passionnant sur divers sujets.

Benzema rejoint Henry

Thierry Henry et Robert Pirès sous le maillot d'Arsenal
Thierry Henry et Robert Pirès sous le maillot d'Arsenal©Getty Images

D'abord, celui qui possède sa statue à Arsenal après être devenu meilleur buteur de l'Histoire du club (226 buts en 370 matches) fait preuve d'une grande humilité concernant sa carrière de coach. Depuis le début de la saison, il occupe le poste de deuxième adjoint (T3 selon l'organigramme mis en place par la Fédération belge) sous les ordres de Roberto Martinez, le successeur de Marc Wilmots à la tête des Diables Rouges.

"Savoir rester à sa place"

"J'essaie juste d'emmagasiner des infos pour pouvoir être éventuellement un entraîneur", dit celui qui est aussi consultant pour la TV anglaise, à l'ancien joueur Olivier Dacourt, qui fut son coéquipier en équipe de France. "Mais ce n'est pas un objectif. J'aimerais être entraîneur, je ferai tout pour l'être, mais je ne me dis pas dans deux ans, dans un an, je serai entraîneur. Je ne sais pas. Je suis mode apprentissage."

Le staff technique de la Belgique : Roberto Martinez, Graeme Jones et Thierry Henry
Le staff technique de la Belgique : Roberto Martinez, Graeme Jones et Thierry Henry©Getty Images

"Il faut savoir rester à sa place. J'arrive avec un entraîneur et son assistant qui sont ensemble depuis 10 ans. On arrive sur la pointe des pieds. On essaie d'apprendre, de regarder, d'observer, de connaître sa position, ce que je peux faire, ce que je ne peux pas faire."

"Tu apprends, tu as une carrière, mais qu'as-tu fait en tant qu'assistant, en tant que quelqu'un qui aspire à devenir coach ? Rien. Donc j'attends, je regarde, j'écoute, de temps en temps, tu te mets un peu devant parce qu'on te le permet aussi pour expliquer certaines choses. Au moment où l'offre est arrivée, je n'avais pas le choix. Quand tu aspires à devenir entraîneur, il faut que ton téléphone sonne. Mon téléphone a sonné (...). L'offre était difficile à refuser."

Henry a aussi évoqué sa personnalité intime et il est revenu sur l'anecdote de sa victoire en équipes de jeunes dans le match entre Viry-Châtillon et Sucy-en-Brie pour expliquer ses célébrations peu empreinte de joie. "On avait gagné 6-0 et j'avais marqué les six buts", se souvient-il. "Mais sur tout le trajet du retour mon père, dans la voiture, m'a sorti toutes mes erreurs dans le match. J'ai 12 ou 13 ans, cela m'a conditionné. Parfois je mettais des buts et j'avais raté un but avant. Je me disais 'mais comment j'ai raté celui d'avant'."

 

Henry, ses buts européens
Henry, ses buts européens

Sur sa relation avec la France, Henry a révoqué toute idée de fuite vers les États-Unis. "Dès 2009, j'ai voulu partir et arrêter l'équipe de France", rappelle-t-il. "Le coach Raymond Domenech m'a demandé de continuer. Avec mon amour pour l'équipe de France, je l'ai fait. Mais Zizou (Zinédine Zidane) m'appelait déjà l'Américain. Chaque fois, je fatiguais les mecs en équipe de France avec ça. Mais je suis là."

"Messi, Ronaldo, ils ne
pensent pas comme nous"

À contre-courant de la vague qui a suivi l'éliminaton contre Barcelone, Henry a aussi rappelé que Paris "et Zlatan, mais pas seulement, ont redoré le blason du championnat". Un championnat où Henry suit de près Monaco, son ancien club et Kylian Mbappé. Le mois dernier, il avait déjà dit son intérêt pour le nouvel appelé en équipe de France. Première impression confirmée : "Qu'est-ce qu'il est bon ! J'aime beaucoup. Je l'ai rencontré, il a l'air d'avoir la tête sur les épaules. J'aime le regarder jouer parce qu'il pense ! Il y a un truc qui me chagrine (...). On parle jamais du cerveau d'un joueur et ça m'énerve. Quand je le regarde jouer, il pense. C'est pour moi le plus important (...). Le petit est malin."

Enfin, Henry évoque les plus grands joueurs en estimant que les "Messi, Ronaldo ne pensent pas comme nous. Zizou n'était pas comme nous. Ces mecs-là – on ne connaît rien du cerveau – est-ce qu'il n'ont pas pris un pourcentage ou deux en plus qui nous échappent ?"

VOIR MAINTENANT...

Cinq superbes buts d'Arsenal
Cinq superbes buts d'Arsenal

Henry roi d'Europe
Henry roi d'Europe
Les plus beaux buts de l'EURO 2000
Les plus beaux buts de l'EURO 2000


Haut