Technicien victorieux

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Sélectionneur vainqueur : Gilles Eyquem
Gilles Eyquem fête la victoire de la France sur la Suisse en demi-finale ©Sportsfile

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Le palmarès et l'expérience ne manquaient pas sur les bancs des finalistes du Championnat d'Europe féminin des moins de 19 ans de l'UEFA 2016. Côté droit, Pedro López, vainqueur du Championnat d'Europe féminin des moins de 17 ans de l'UEFA en 2015 et adjoint du sélectionneur senior entre 2011 et 2015. Nommé chez les moins de 19 ans en 2015, il lui avait été demandé de rapporter le trophée que l'Espagne n'avait pas gagné à ce niveau depuis 2004 et de mettre fin à une série de deux défaites successives, ces deux dernières années, en finale.

Je m'étais fixé sur un 4-3-3 avec deux milieues offensives derrière une attaquante, mais lorsque nous avons vu que ça ne marchait pas très bien pendant ce tournoi, nous nous en sommes remis à notre 4-4-2.
Le sélectionneur de la France Gilles Eyquem parle de sa stratégie

Côté gauche, Gilles Eyquem, l'homme qui mena les Bleues à la gloire en 2013 au Pays de Galles, remportant son premier tournoi en tant que sélectionneur à la barre d'un groupe dont il hérite en août 2012. Son triomphe n'intervenait que pour son 16e match.

L'ancien défenseur de Bordeaux, Guingamp, Cannes, Niort, Angers et Cherbourg, passé sur le banc de l'entraîneur lors de la saison 1991/92 a passé huit ans à Agen avant de rejoindre le staff technique de la Fédération française de football (FFF). Depuis, son expertise n'a fait que grandir. Pour son 53e match sur le banc, il remportait un deuxième titre et une 44e victoire, à Senec.

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La joie de la France sous la pluie de Senec

L'actuel entraîneur de la France, Philippe Bergeroo, aura été le premier à le féliciter pour ses deux titres chez les moins de 19 ans, certainement persuadé que les fruits de ce travail pourront être cueillis lors de la Coupe du Monde féminine de la FIFA 2019 qui se déroulera en France. "J'ai travaillé avec Philippe Bergeroo pendant 10 ans et il a été pour moi une source d'inspiration", a déclaré Eyquem. "Il y a une continuité entre nous. J'essaie de préparer les joueuses pour l'équipe A. Le but principal est de préparer les joueuses pour ce niveau."

Et la préparation a été l'un des leitmotive du succès de la France en Slovaquie. Le groupe français était pourtant amputé de plusieurs grands noms en raison de deux finales de coupes nationales. "Il me manque la moitié de mon groupe", affirmait Eyquem, qui n'a pu récupérer ses joueuses qu'au mois de mai. "Nous n'avons pas vécu une grande préparation depuis le tour Élite", ajoutait le technicien de 57 ans, qui a toutefois bien rattrapé le temps perdu une fois qu'il s'est retrouvé sur le sol slovaque. L'observatrice technique Patricia González n'a pas manqué d'observer que l'équipe de France est montée en puissance tout au long de la compétition.

Le coach ne disait pas autre chose de ses joueuses : "Elles ont continué à progresser pendant le tournoi et leur victoire a été méritée, même si l'Espagne a également été très forte". La France a réalisé sa meilleure prestation pendant la finale. "J'ai cru en elles", assure Eyquem. "Elles ont mérité. Le football que nous avons pratiqué était plaisant à avoir et surtout direct, ce qui a mis en évidence le potentiel offensif de notre équipe."

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Eyquem a inversé la tendance après une défaite en ouverture

Pourtant, la France s'est inclinée un but à zéro contre la Norvège pour son premier match, à Zlaté Moravce. Un coup dur pour Eyquem, sur le moment. Il ne cachait pas sa surprise et ce revers lui aura sans doute montré l'exigence d'un parcours européen réussi. "Je m'étais fixé sur un 4-3-3 avec deux milieues offensives derrière une attaquante, mais lorsque nous avons vu que ça ne marchait pas très bien pendant ce tournoi, nous nous en sommes remis à notre 4-4-2. Avec ce système, nous avons pu montrer notre potentiel athlétique et être performants."

Pour la demi-finale, il a à nouveau fait machine arrière lors de la victoire sur la Suisse, avant de changer encore dans la seconde période, mettant au repos certaines de ses joueuses clés pour créer un choc dans la deuxième période. Étant donné les contributions de Perle Morroni et Clara Mateo dans cette rencontre, il possédait dans sa manche deux atouts pour faire en sorte que sa stratégie fonctionne à merveille.

Pour terminer, la meilleure buteuse du tournoi, Marie-Antoinette Katoto, démontra qu'elle peut elle aussi entrer en cours de match pour faire la différence, comme l'avait prouvé son coup du chapeau contre la Slovaquie. "C'est une joueuse qui a énormément de talent", confie Eyquem. "Elle l'a une nouvelle fois prouvé ici. Elle est encore très jeune, mais elle a déjà beaucoup de qualités. Nous allons la voir très prochainement dans l'équipe A, et au plus haut niveau."

On pourrait dire de même, à n'en pas douter de tout le groupe d'Eyquem. "Je pense que le potentiel est là", dit-il, "il n'est pas nécessaire de précipiter les choses, c'est ce que je dis souvent à mes joueuses, il ne faut pas brûler les étapes et être dans la meilleure forme possible lorsqu'une opportunité se présente. Je pense que nous avons maintenant besoin de laisser ces talents s'exprimer, de les laisser travailler dans leur club respectif, et je leur promets un avenir radieux." Une promesse qu'Eyquem a faite en personne à Bergeroo, entre experts du football féminin.

http://fr.uefa.com/womensunder19/season=2016/technical-report/winning-coach/index.html#selectionneur+vainqueur+gilles+eyquem